LIVRE QUATRIÈME
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l'armée turquesque, commandée par Dragut bey , avoit par seize jours battu Sainct«Boniface en Corse , avoit tiré de six à sept mil coups de canon, donné trois assaux, desquels ils avoient esté repoussés avec perte de mil cinq cens des meilleurs soldats , et que lorsque les choses estoient comme désespérées. Dieu avoit voulu que le capitaine Termes , Corse , print un (gentil-homme que les Genevois avoient dépesché pour entrer et asseurer les assiégés d'un prochain secours ; que luy par parolles, par menaces et par promesses avoit si bien charmé ce gentilhomme , qu'il promit , le laissant entrer dans la place , de faire rapport tout contraire à ce qui luy estoit commandé; ce qu'il exécuta ,sî dextrement depuis , que les assiégés se rendirent et recourent la garnison françoise sans donner le loisir à Dragut d'y mettre les siens ^ comme il avoit envie de faire , et mesmes de retenir la place pour son maistre, et dont il eut tel [despit , qu'il traicta fort rudement ceux qui estoient sortis; de manière que M. de Termes , qui commandoit en l'armée du roy, fut contrainct d'entrer en composition avec luy et pour l'artillerie et pourries munitions qu'il pretendoit siennes.
Il estoit venu nouvelles | que Calve , que le coronnel Yelleron tenoit assiégé, estoit reduict à telle extrémité de vivres , que mesmes on y dracmoit Tean, à deux pintes d'eaa par chacun jour et pour chacun soldat ; mais l'issue du siège fit recognoistre qu'on avoit embrassé beaucoup plus que l'on ne pouvoit estraindre.
Du trentiesme octobre , vindrent nouvelles que le vingtiesme aoust le Grand Seigneur estoit party de Constantinople pour aller ea Alep , et le 29 passé en la Natolie sur une quadrireme , ne menant avec luy que son fils, dict le Bossu, ayant laissé Sinam , frère de Rostan, bassa au gouvernement de la Grèce ; qu'il avoit auparavant son parlement coupé toute espérance de paix à î'ambassa-* deiu* que le sophy avoit envoyé vers luy; que l'empereur s'estoit trouvé si court de finances, qu'il avoit esté contrainct d'emprunter de la vieille royne de Polongne cent cinquante mil escus qu'elle avoit baillés en garde à la seigneurie de Venise ^ que Portillo j
MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS
Espa{;nol , a charge de les faire conduire en Flandres , e\cepté cinquante mil qui doivent estre envoyés à Milan pour les af&ires de la guerre.
Le roareschal durant tout le cours de ces affaires se trouva tant et tant reprins et assez mdi{jnement gourmande sur le faict de Tes* pargne au maniement de la guerre , qu^il luy eschappa de dire qu'il sembloit aujourd'huy que le courage et la valeur fussent du tout amorties, puis que la gloire des armes et Tasseurance des conquestes estoyent mesurées à Taulne de Tcspargne ; et lors mesme que tout cela voloit plus haut que jamais. Sur quoy le connestable , restant de la main , luy manda qu'il n'entendoit point son jargon et qu'il ne devoit non plus ifjnorcr que luy que la nécessité est une maladie assez commune à la noblesse parmy la trop longue durée des guerres , et que par ainsi ce n'estoil pas in~ convenient qu*ils ne demeurassent autant incommodés que les propices finances du roy ; qu'il n'y avoit meilleur médecine h ces maladies que de donner loisir au prince , à eux et aux peuples y de respirer un peu , mais non quitter la partie , et à quoy faire luy-mesme , qui n avoit faute de prudence, se devoit aider, mais sur tout la coiTection des capitaines, vers lesquels il estoit si indulgent , que tous les larrecins qu'ils faisoycnt dévoient estre attribués à luy seul , duquel Sa Majesté ne pouvoit pour ce reg;ii*d demeurer contente.
Ces rudes piqueures blessèrent si avant la pureté de Tame du mareschal , que pour s'en descliargor il manda à Sa Majesté que si ses services estoient espluchés hors de passion , qu'ils se trouveroient pleins de tel honneur et de telle fidélité , qu'ils estoient plustost dignes de louange que de roprehension , qui n'a convenu que trop souvent à son préjudice ; que Sa Majesté, qui estoit le maistre, ayant puissance souveraine de faire et défaire ainsi qu il luy plaisoit , no devoit plus différer de se servir de ceux qui avoient plus de heur, mais non pas plus de courage pour la mieux servir à son gré.
Le roy, respondant h ces plaintes, luy manda que tant s'en falloit qu'il eust aucun soupçon de sa fidrliré et valeur, que par le contraire il le tcnoit pour Tun des plus utiles
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et des plus nécessaires membres de'sonest^t, comme elle luy feroit cognoistre si to^ qp'j) seroit sorty d'affaires ; que la nere^ité , 4t soy inexorable , estoit celle qui faispit eq|feir Sa Majesté en la rigueur de Tespargne et à^ casseries dont il 1 avoit cy devant adverty, comme celuy duquel en cest endroit il vcaÀflt avoir et le consed et Taide : surqnoy je m me veux amiiser, n estans de mon gibier.
Revenant maintenant aux affaires du Piejr mont , comme vous avez veu , il faut eqtepjn que domp Ferrand ayant failly Sainct-i)aiiiii% et ne voulant toutes-fois faire joug aux çditrarietés de la fortune, qui accompagnoil m valeureux naturel du François, il tirasea 9mée en campagne , et se vint parquer éuf Valfenieres, dépendante du marquisat A Salluces, qui faict comme un centre eafi; Ast , Villeneufve, Sainct Damian, QuierSj G» magnolles et Carignan. Ayant trouvé TassieUb de Valfenieres assez belle , il print resolutiqt de la fortifier pour luy servir d^un nugadi de guerre , à la ruyne de toutes ces places et de la pleine de Piedmont.
Sur la fin de may 1553 , Tevesque deLiodicée fut depesché par le pape pour aller dq sa part servir de nonce en Espagne. EnpaMlK il fut par le commandement du roy arreslé pi sonnier, comme aussi fut au mesme ipstaptb cardinal Sainct-Georges allant vers Temperairi sur Topinion qu'eurent aucuns que Vm cl l'autre ailoit faire quelques dangereuses pnetiques; mais ayant esté recognu que tout oeh tendoit à moyenner quelque paix entre cei princes , ils furent courtoisement renvovà.
Pendant qu'il travailloît àceste fortificalioi, le mareschal , qui attendoitson poinct , drèM une entreprinse surVerceil, cité ancienne dh Milannois , donnée jadis en mariage à undlK de Savoye par celui de Milan , otk il y a cilldelle et chasteau. Il y avoit en ceste ville n pauvre compagnon nomme Merle , cousin d^tti soldat qu' avoit Salveson , surnommé PooHfc- Sture. Cestuy Merle se promenant assez sotvent le long des murailles de Verccil , du cmti du portail de la Sesia , petite rivière qui pasis assez près des murailles , il recogneutque hi. corps de garde estoient esloignés de ce pot' tail , et que par ainsi il pouvoit estre souche nement rompu avec le pied de chèvre , etpv
introdaire les François au dedans. Enayant nmaniqué avec ce sien purent, et faict > les choses au doigt et à l'œil , il le char- I d'«n fnire la pratique avec le marcschal, r condition qu'ils auroieDl chacun dix mil IS. Pont-de-Sture, soldat assez advisé, com- Ûqua le tout à son capitaine , lequel vint Uin trouver le maresclial , menant ce Ponl- £turc avec luy, pour de vive voix repreter l'esiai des aiïaires au marcscbal. Luy, iloûypins d'une fois ce discours, ypresta BBÏlle ; mais toiitesfois , pour mieux s'en asïT, il leur dicl qu'il vouloit envoyer un de igentilshommesavec Pont-denture, pour repoïsire eDc<»'es plus au vray l'ostat de la I , et mesmes promettre au Merle ce qu'il lit demandé. Cela ainsi arresté , Salveson I reionrna, meuant aveu luy le gentîlime du mareschal , nommé Bonat , gascon , k1 en babit desf^uisé entra avec Pont-de- IQ dansVerceil, et asseurale Merle de ce I desiroii. Apres avoir trouvé les choses M Aiisables qu'il avoit proposé , il donna I «scusan Merle, lequel luy donna aussi msnce particulière de pouvoir retirer en uison une douitaine de soldats , avec lesk il entreprend roit luy mesme de forcer , nos forces se rendans près la rou- • an jour qui seroit accordé ; mais qu'il il-qoe ces dou/e soldats fus<îent des plus lés.etayans la langue italienne ou landemcment. Par le retour, r le rapport dudict {[cntil-homme , le mabal commenta à minuter de plus près qu'il Ik encores ^ict ceste enlreprinse ; quoy Ki 9reG0[piRUt, quand bien il prendroit Ile de Verceil . qu'il fiilloit de l'artillerie >iorcer ta citadelle et le chasteau aussi, H Bt la ville en estoil des{pmie , que ce ' Mloit chose impossible de l'amener des 1 qne le roy avoit de ce cosIé-U , la moinrdMC|a«lles en estoit esloignée de plus de ^^% joarnies , au moins pour l'artillerie , et I par pays ennemy, et ({ue dnmp Ferrand t si fort qu'il esioit lors en campagne, k BOStre barbe il Foitifioit V'alfenieres , ce l chose qu'il peust , ny ne deust entrepe. Par ainsi il commanda à Salveson de r soudain vers le Merle , cousin de e, pour voir et recognoistrc au \Tay
tïVHE QUATRIÈME. ' '
quelle artiUei'ie et munitions il y avoit danq la ville , et luy en faire le rapport. Pont-de? Sture , au retour de ce voyage , vint trouver Iç | mareschal , auquel il rapporta qu'il avoit e^ veu et touché , dans les cloisires de l'église catedrale Sainct-Eusebe , liuict pièces d'artil^ Icneavecleursequippages. Sur ceste croyanc^ le mareschal print resululion d'exécuter l'en-f , trepinse.'el renvoya Pont-de-Sture versSalve-? son , luy commandant de faire choix d'ung douzaine des meilleurs soldats de sa u-oupe, pour faire entrer peu à peu dans VerceU avoç 1 Ponl-de-Sture ; ce qu'il fit depuis , les uns bSr 1 billes en prestres , ei les autres en paysauS) chargés de paille et de charbon.
Pour donner commencement îi l'exécution, i le mareschal ordonna à Ludovic de Birague d'envoyer Carie, son frère, avec trois c bons hommes, toute la nuict par eau à Verrue, poursejoindreausieurdeSalveson elaux autres irouppesque il y trouveroil , etlà faire ce qui lui seroit ordonné. Le mareschal de son cosié partit de Carmaguolles . menant avee luy douze cens soldats choisis et commandés par i les l)arons de Cbepy et des Adrets , trois ceu» Allemans , avec autant de Suisses du régiment de Fiolic , commandés par sou neveu le cap^- (aine Guillaume. Sera noté en passant que letl bagaiges du mareschal s'estans avancés pour tirer de Carmagnolles h Quiers , ils furent ren» , contrf^ par les ennemis , au nombre de quatre-vingts chevaux , à mil pas de la trouppe. Biron , qui menoit les coureurs , en eut l'a-^ larme le premier, latpielle il apporta an ma* reschal. Il fît soudain aire , et luy commanda de prendre, avec ce qu'il avoit des-jà . cent chevaux de sa compagnie , et qu'il donnast par le coslé de Ville Stelon , et que M. de Chavigny, arec cinquante autres, donneroit par celuy de Saniena, et qu'ils attraperoient , les ennemis , qui furent courus de si près que tout fui recouvert , avec la prinse d'une ving-' taine de cellades qui porloient les marquée de la colère des (iascons. Cela faict, toute It trouppe se remit au chemin de Quiers, oà estans arrivés , il leur commanda de repaîstre et se reposer deux heures pour parlir lotit soudain ; ce qu'ayans faict . il commanda aux^ dicts de Chcpy et des Adreis de marcher h plus dilig«maienl que ils [
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HÉMOIRES DE BOTYIN DU TILLARS.
tronppesV pour 86 rendre sur la minuit à Verrue , et là faire avec les anbres diligence pour ae rendre à poinct nommé au pied de la nmraille de YerceO. !
, Dieu , qui diqniee de noa reaotations et de nos desseins , nonselon nosTolontës, ainsae- Ion ce qui luy plaist, enToya, soudain que ces troupes furent parties, une petite pluie qui destrempa si fort les terres du Montfarrat» que les soldats aYoient tant à fiiire à marcher et à se soutenir, que plusieurs d*entr'eux y perdirent les souliers et les messies aimes , la nuict ne permettant qu^ils se peussent enUresecourir comme ils eussent faict de jour. Et neantmoins, la vertu et le courage surmontant toutes diflScultés , ils arrivèrent tous débiffiés, non à minuict, comme ils dévoient, mais sur les deux heures après , oùarrivans, au lieu de reposer, il faloit entrer en barque et marcher. Ils s'allèrent tous desembarquer à trois mils de Verceil, parmy des chemins et des terres que ceste pluye avoit destrenq>ës , autaot ou plus fascbeuses que celles du Montférrat , de manière qu'ils ne pouvoient advancer le pas. Les capitaines toutesfois, tant par prières et remenstrances que par menaces , les faisoient advancer au mieux qu'ils pouvoient. Mais , quelque effort que chacun fist de son costé , les chefs mesmes ne sceurent arriver au pied de la muraille plustost que sur le commencement de Taube du jour, au lieu d'arriver sur les deux heures après minuict, et accompagnes seulement d'environ trois cens soldats , avec deux escbelles et un pied de chèvre , le reste des troupes marchans comme elles pouvoient; et toutesfois elles arrivoient peu à peu.
Or, parce que l'heure convenue avec le Merle estoit passée , il fut quettion de diligemment délibérer ce qui estoit de faire, sans s'auendre à luy ; en peu de paroles il futdict que de se sauver on ne pouvoit, de se laisser prendre en brebis il ne le falloit pas faire, mais résolument donner dedans avec les deux escbelles , pendant que les autres entendroient à rompre la porte , et qu'en hasardant le paquet , ou Dieu , comme ils esperoient , leur donneroit victoire , ou au moins ils mourroient glorieusement les armes au poing ; et toutesfois qu'il faUoit espérer que, surFalarme que
nous donnerions, le Merle et ses coMpagnem, qui s'estment retirés, viendraient aoudbin m secours. Ainsi résolu , aussi toat exécuté. Le baron des Adrets, Ghepy et Gharry, Ueotonant de Salveson , donnèrent Feacallade pris d'une sentinelle qu'ils forcèrent ; Salveioi « Biragne ouvrirent de force te portail aveeli (ned de chèvre. L'alarme est soudain gradi par la ville , à laquelle accourut te Merle etM douze compagnons; mais le malheur voriM qoe, pensant venir embrasser Pont-de-Stm, son cousin, cestuy-mesme te tua , note reoagnoissant pas parmy la fureur des armes , qâ esbteuit souvent le jugement, et meamesjh nuict. Les autres, recognoissans SalveMi^ donnèrent dans la viUe avec enviroo qaii cens des nostres seulement, arrivés poil peu, le reste encore derrière et qui mardak toujours. Ils défirent quelques quatre vi^l soldats qui se présentèrent au combat. • i Le sieurjde Chatelard , qui lestoit logé m la mais<m où le feu duc Gharies souknt loiv» avec le comte de Chalant, sortit au ooidMti où il fut tué et cmq ou six autres avec tafi demeurant ledict comte de Chalant prianaiv du mareschal. Tout le reste et te maislredi camp Sainct Michel , sans bien reoognoim ce qu'il devoit faire , se retira dans la délie avec sa trouppe. Les nostres , a' saisis de la ville > firent un gros dans h phts, et départirent le reste par les murailki la mort du Merle et le retardement des tra|^ pes porta cest inconvénient qu'on ne peMi tout soudain envoyer , comme on avoit amrtt qu'il faloit faire , deux cents soldats po« m couler le long du corridor de la muraiUa qai va à la citadelle , afin d'empescber que pei^ sonne ne s'y retirast et personne n'en sortiil aussi. Or le mareschal tout aussi-tost qai eut acheminé les trouppes qui partoient de Quiers par la voye de Ghivas , se mit en chemin avec deux cens bons chevaux, cbacaa d'eux portant un boulet à l'arçon de la sdis, craignant n'en trouver dans la ville, goom il advint aussi , et print le chemin de Verceil, comme il avoit esté résolu, me«Bl avec luy Ludovic et le président Bîrague. i , Or, foict à noter que le mareschal, qaîM se promettoit jamais victoire sinon autant qai plaisoit à Dieu lui en concéder . oïdWi
r (JUR partir,' à Bonnivct de conimnnr aux («aratsons de Villeneufve d'AsC , de îers , de Thurin , de Chivas el de Verrue , i là où il advieadroit que l'ennemi , qui lifioit Valfenieres , comme vous avez veu , mt nouvelles de la prtnse de Verceil , vou- B venir h la traverse , il luy envoyas! douze [iquinze cens chevaux sur les bras , avec Kun un arquebusier en crouppe , et que i chacune desdictes {«arnisons lirast en terie louteTartillerie de leur ville àtin que loy fust un signal asseuré pour sçavuir ce tcment , et là dessus prendre party con- ; luy commanda aussi de tenir cinq 1 chevaux prests et quatre mille hommes >pîed, et s'aller rendre àChivas, se tenant iDtisjotu^ en armes, soit pour les venir seir si mal bastoit pour nous, ou pour luy r à advancer la fortune plus avant, si la Le nous demeuroit. Les choses ainsi dispo- W , nous marchons vers Verceil assez heulemenl. Arrivans à vin{>t pas de la ville , I trouvasmes ledicl Carie de fiirague, Sul- Ml et autres sei{;neursqui nous attendoient. Khal entra sans bruict dans la ville , hwin le long des rues la pluspart des sol- Il couchés ou endormis , fatigués et las du nii , et sans aucun secours de vivres ; se mot lors vers moy me dict : " Prenez , je ■prie t une douzaine d'arquebusiers de ma de , et allez par les maisons , et enlevez ment tout le pain que vous trouve- ( et le faicles porter par tous les corps de I pour rallraisclù]' les soldats, et leur lUckVeDUe. >' Je le feis ainsi, et secourus |nin et de vin aussi tost ces pauvres solt, tpû n'avnient mangé il y avoit près de pqaatre heures , estant eslangouris de mi- B :|iar ce moyen chacun reprînt et cœur
id première chose que le mareschal dece fut s'ils avoient dressé l'arlillcrie battre ta citadelle; luy ayant esté res- 'àia vérité Ib enavuienl trouvé queldix pièces , mais desmontées et sans aut moyen de ce faire , n'y ayant que deux et deux rouages non ferrés, deslors il gecturu que les affaires ne prendroieni pas enrense issue qu'il avait es]>erée. De là il recoeaoistre la citadelle et le cbasteau ,
LIVKE QUATRIEME.
qu'il trouva en tel estât , que de les avoir si artillerie il cstoit impossible , comme à luy dd ' faire conduire de si loing, l'ennemi estant Is plus fort à la campagne; et ncanlmoins , faisaotde nécessité vertu, il lit monter un canoa et une coulevrine siu' les deux aftusis non fer- | rés et mener devant la ciudelle , contre la> quelle ayant tiré la première voilée tout alla j en pièces ; il les voulut faire soustenir le nés i coniremont avec des chevalets, maisàlapre* I miere voilée tout se rompit encores. Quoy voyant , et ne pouvant avoir autant de loisir I qu'il en faloit pour les fen-er, il appela an conseil tous les seigneurs pour délibérer de ce qui estoit à faire : les uns estoient d'advtB qu'il fisi venir toutes les forces du Piedmont avec une douzaine de pièces pour forcer cesie citadelle , et que dans la mesmo ville ils contbatiroieai l'ennemi avec advantage s'il ventHt au secours ; les autres , qu'il faloit faire tout soudain une douzaine de mantelets pour aller sapper la courtine elle bastion de la ciudelle, qui n' estoient gueres terre-planés ; les autres estoient d'advis qu'il donnast à la citadelle uo assaut avec eschelles dès que la nuict seroit venue, et que peut estre l'emporteroienl iU par ce moyen , et , ne le pouvant faire , qu'on se retireroii.
Ayant le mareschal patiemment escouté les opinions des uns et des autres, il respondit k la première qu'il ne la trouvoit aucunement faisable, ny raisonnable, l'ennemi estant le plus fort à la campagne , d'appeller les forces du Piedmont, eu uintque ce seroit tout en ua coup courir deux hasards ,' l'un d'abandonno' tout ce qui estoit certain el asseuré à la discrétion de l'ennemi , et l'autre sur une fort légère espérance liasarder eux , luy et ce peu de.forces qu'ils avoient; quant à la proposition des mantelets , que ce n' estoit pas un jea qui fust lost préparé ny demeslé, ne qui donnast aussi la moindre espérance du monda de favorable fortune sur un si court temps qu'esloit celuy qui les pressoit; à celle do donner un assaut nocturne , trop de choses défendoient de l'entreprendre.
La première, que les vaillans y courroient hasardeusement , et les polirons au pas de la tortue ; qu'il n'y avoit pas apparence que cim cens liMitmes quil y avoit dans la citadelle si
HÉHOmBS DB BOTfIN BU VILLAIIS.