LIVRE QUATRIÈME
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np (f hasard , Fennemi estant sorti et le tous costës fort farieusemefit. Je ce seigneur si profondément endormi les siens aussi, que Je fus conlrainct foncer la porte pourTesTeiller, comme mes. Plein d'estonnemçnt , de honte !gret de s*estre ainsi oublié , ii luy en mme à Alexandre, qui s'endormit lors lloit donner la dernière bataille qui de tout Tempire de Perse : s'il eust DS, c^estoit fiait de saisie. Soudain qa'rl ré sur la place , les troupes qui me- B comte de Chalant prisonnier et le firent largfue à la première trouppe iduisotent les sieurs leronime et Carie ^e , et à celle de quatre cens hommes on de Cbepy. S*estans ainsi advancés, ppe des prisonniers s*advança avec inq chevaux et cinquante arquebusier^ adés par ledict sieur président de Biaprès suivoienl le mareschal, les siears t de fiirague , de Biron , lieutenant des armes du mareschal , et le reste de h ie avec six cens François et deux cens , et sur la qtieue le baron des Adrets ^isceospiquiers et arquebusiers, trente X icgers et dix {];entils-hommes de ceux ^hal , pour soustenir les sorties que je dedans pcurroient faire sur nous, I ils firent ainsi que nous approchions orte; mais aous n*y perdismesun seul \, eux tirans de loinç et en crainte du
as sortis hors de la ville , on marcha en e fort serrés avec quelques arquebuelong des hayes et h cavalerie sur les . clncun lu pique à demi traisnante. £h mlonnance divisée en trois petites troup- I marcha jusques à la campafj[ne de Litouteraze et descouverte, de trois lieues Hlue , sur laquelle on commença à voir ig quelques trouppes de cavalerîe.
irareschal , qui sçavoît que Trin , Casai , «in\ Masm et Yvrée , peu esloîgnés de Mnpagne , avoient de la cavalerie , esu'ils ne feroient que nous agacer tout ; de ceste campagne , pour nous arresamuser pendant qu ils esttmotent que îouppes fussent à nostre queue, comme irité elfes eussent esté si elles ne se fus*
sent amusées, comme il' sera'^^ct cy après* Pour se garentir de ce hasard assez fascheux, il assembla ses gens de pied en un seul ba* taiilon carré , au nombre d'envirop douze k treize cens , la pluspart desquels avoiént quelque petit trousseau de bagaige ou butm : 3f commença lors à leur dire : « Mes compagnons, je recognois vos courages si resoras au combat, que vous mesprisez les algarades de vos ennemis, qui se veu|^nt]|mettre en de? von* d*amoin(]^n' une demie victoire que vous avez emportée sur eux avec tant de peinesf et de labeurs , la gloire d<e laquelle il nojns faut conserver, non par une hsche |ou ers^tifve retraitte, ains par un généreux combal; où l'entreray des premiers avec vpus. Quelque contenance qu'ils facent , Hs ne vous ose^ roient enfoncer, vous voyans la pique au pohag^ pour chastier leur arrogance s'ils viennent 3^ nous ; mais je crains qiie le buthi , dont aucuns de vous sont chargés , ne Soit pour çmpescher Tagilité de vos membres et de \os courages ; si vous me les voulez remettre , j^ les feray aussi soigneusement garder que le mien propre, sur ces charettes que voua^ voyez là. »
À ceste parole chacun cria combat , e^ nV eut celuy qui ne porta son butin sur les charrettes du mareschal , qui s'estoit lors mis |i pied à la teste du bataillon^ une pique aii poing , pour d'autant plus les animer à corn* battre ; mais eux , qui Tavoient en singulière révérence et amour , le pressèrent par cris e^ supplications de monter à cheval , ce quMtfit ; donnant assez à cogooistre que s'il estoît asseuré et résolu aux combats, qu'il Fiestoit eucores davanta)a[e aux retraictes , lesquelles îi ceux qui n'ont le jugement bien affermi D*ap-> portent jamais guîeres que confusion et effiroy ; il y faut des âmes si résolues qu'elles sachent tout à coup prendre parti convenable , car par la suspension et irrésolution , la vertu et la valeur s'afoiblissent, ei de là l'espeuvante enfile la ruine.
Toutes choses ainsi diligemment ordonnées, le mareschal commanda à Kros de choisir soixante des mf4Heurs chevaux, en faire deux trouppes et les faire advancer un peu devant son bataillon , avec commandement qu'aussitost qu'il verroit dans ceste campagne brans-
HËHOmES DE BOTYIN DU YILLARS.
1er ancni» des ennemis, qu'il allast an trot vers eux en contenance de vouloir combattre, sans neantmoins s'engager, comme que ce fust, au combat. En ceste ordonnance la campagne fut traversée sans que les ennemis qui se presentoient çà et là osassent jamais s'advancer, combien que par plusieurs fois ils en fisr sent semblant; mais la belle resolution qu'ils Toyoient aux nostres les estonna si fort, qu'ils n'eurent jamais l'asseurance de donner dedans. Le mareschal , pour plus les estonner , avoit fait prendre à environ trois cens valets qui estoient au bagaige , de grandes perches qui représenloient de loing des lances ; et veritablement, si les ennemis fussent venus ^ toutes nos trouppes estoient tellement animées par la présence de leur gênerai , que possible n'eussent ils eu du meilleur , encores qu'ils fussent en beaucoup plus grand nombre que nous, et mesmement dans leurs terres, et tous environnés de leurs places. Ainsi nous arrivasmes à la Doyre Balte fort impétueuse , plaine de rocher et qui descend de la Vald*Aouste et Yvrée , et de là dans ceste plaine pour tomber au Pau au dessous de Grescentin. Dès qu'il fut arrivé là, me voyant monté comme j'estois , à Tadvantage , il me tire à part et me dict : « Vous sçavez Tordre que j'ay laissé à M. de Bonnivet de se rendre à Chivas , et se tenir en bataille pour venir à nostre secours ; je veux que tout à ceste heure vous passiez l'eau , et que tout d*une baleine vous couriez à Chivas , toujours au galop, luy dire qu'il marche diligemment à mon secours, faisant advancer la cavalerie au trot, pendant que la fanterie suivra ; et ne craignez de perdre vostre cheval , car je vous en donneray un meilleur »; comme il fit depuis. J'avois lors la teste si près du bonnet , que je prins ce commandement à fort grande faveur, sans mesurer Thasard que je courois , dont Dieu me préserva.
Tant y a que je traversay , m'estant recommandé à Dieu , fort heureusement ceste rivière , et ex^utay si fidellement ceste charge, qu'à une heure après midy j'arrivay vers ledict sieur de Bonnivet , à qui ayant déclaré la volonté du mareschal , la cavalerie s'avança soudain au trot , et la fenterie après ; de là à demy heure mon cheval) fit son testament [ ) .Six jours après nostre retour à Xburn,le
sansnotaire,mais je ne perdis rienau change. Pendant que ces seigneurs marchment , le mareschal, à ce que j'apprins depuis de loy, fit mettre toute la cavalerie et tons les dievaux de bagaige au dessus le conrani de 1' pour rompre sa violence; il fadsoît prendre une picque , qu'il faisoit embrasKr par vingt soldats tons attachés et bien séné des mains à elle ; et ainsi fortifiés ils paasrent tous à sauveté , fors quatre ou ciim , cl entre autres le maistre d'hostel du marescUi nommé Sainct Martin , gentil-homme nonnaii, qui se noyèrent ; mais à la vérité ce fntt n partie par leur faute , attendu que , meprÎMi la façon de passer des autres , ils voularei passer à la leur , et se précipitèrent par ci moyen à la mort. Il y eut un pauvre soiil qui tomba en l'eau, ayant un pacquet sur m épaules , qui eut tant de force , qu'il le so» tint sur l'eau jusqu'à tant qu'on luy enst jenS une lance , à laquelle il s'attacha et fut mvé , où un autre se fust perda. Quand UNttfii passé , le mareschal , qui estoit luy vi^^ deuxiesme , demeuré sur le bord J de TeHi passa le dernier , sans que les ennemis, qi estoient en grand nombre cachés dedans In broussailles des rives de l'eau , s'osassent jamais monstrer , fors dix ou douze arqnebt* siers , qui le saluèrent ainsi qu'il estoit de^ dans l'eau. Or maintenant il fout parler dac0 que fit l'ennemi. Dès Tapresdinée qu'il M II nouvelle de la prinsé de Verceil , il depaàoi domp Francisque d'Est , gênerai de la cm lerie , avec douze cens chevaux et trois cm arquebusiers à cheval , avec commandemn d'aller diligemment passer le Pau à Casai, e là prendre quatre ou cinq cens bonames à pied et trois cens à Trin , et promptemed marcher pour nous surprendre ou engager» combat , sçachant que l'artillerie nous défaillant en lieu si esloigné , que la (partie au dedans , ou la retraicte au dehors , seroit fort desadvantageuse ; mais Texecution en fdt si lentement conduicte , que nostre diligence h surmonta , en tant que ces trouppes , aym voulu repaistre tout à leur aise à Casai, nen donnèrent le loisir de faire ceste heureuse et honorable retraite , laquelle autrement n'eoisions sceu faire qu'avec une évidente ruyae.