LIVRE CINQUIÈME
mi cy -devant veu que quand le mu- Jressa Tentreprinse de Yerceil, le np Ferrand estoit maistre de la camst qu'il s*e$toit, comme tel, mis à Yalfenieres^ assise à quatre lieues deux de Villeneuf ve , à quatre de i sept de CarmagnoUes ACarignan , le Montcallier et à dix di Thurin, ir ainsi toutes ces places royales auaucoup à souflirir si Ofôta place de •es demeuroit longuement debout, arquoy , les choses bien consultées \ les plus apparens seigneurs et cale Tannée , le mareschal print reso* Taller assiéger, ayant sceu qu*il n'y ivoir vivres dedans pour plus d'un six sepmaines. En ces entrefoictes or révoqua le sieur domp Ferrand , lit en sa place par provision domp , qui luy tervoit précédemment iadeur à Gennes.
resolution qui avoit esté prinse d'atralfenieres, le mareschal assembla composée de dix à douze mil homoates nations, et de mil chevaux, et ger à Sainct Paul et Sobry, deux brusiés, à la portée du canon de la le. H meit aussi à Isolabelle , proche eue de Valfenieres, la plus grand h cavalerie avec deux cens arquebular faire les gardes et défendre leurs es. Le lendemain que Tartillerie fut placée , et que chacun commença à -ir de tranchées et barricades , le mait jettera la campagne le sieur d'Ygié lieotenant de Maugiron, avec deux «Taux et trois cens arquebusiers , essor une escarmouche contre les enpour, à la faveur d'icelle, pouvoir nnent recognoistre les fortifications ice, et par là faire jugement de ce lurroit entendre contre elle. Ayant qu'il dosiroit , et se voulant retirer , i tira plusieurs canonnades. Tune es donna en terre près de luy, et de ilet fit un btmd et alla donner contre c de ce pauvre sieur d'Ygié, qu il ssa toute. Porté au logis avec dou- Bnies, la gangrené s*y mit, et moundemain. Ce fut un très-grand dom-
mage; c'estoit un gentil-homme fort beau, de riche taille , doux , gracieux et vaillant au possible , regretté d'un chacun , mais de moy surtout pour Tamitié dont il m'honnoroit.
Le mareschal avoit donné advis au roy que Valfenieres estoit redulcte à telle extrémité , qu'elle se perdroit bien tost si elle n'estoit secourue ; que les Impériaux , l'ayant ainsi recogneu , se renforçoient d'heure à autre , et qu'à ceste intention il avoit desjà faict venir en Âst douze enseignes italiennes , au sus la garnison , on il y en aveit desjà autant , tant Espagnols que Allemands , à I9 faveur desquelles ils s'estoient plusieurs fois efforcés de jetter quelque rafraischissement dans Valfenieres ; mais toutesfois , voyans qu'ils n'en pouToient venir à bout si leurs forces et leur vigilance ne surmontoient celles du mareschal, que par ainsi le recours auroit esté à foire tant et tant de nouveaux remuemens de tous costés , qu'ils le contraignissent à diviser ses forces ; et , ce faict , que cela avoit desjà donné occasion au sieur de La Trinitoi d'haster, ou pour mieux dire , précipiter une entreprinse qu'il avoit de longue-main dans le chasteau de Somm^-Rive du Bois, situé entre CarmagnoUes et Cairas , s'asseurans que là où il en viendroit à bout, que ceste place luy serviroit et de retraicte et d'escalle pour plus facilement donner de jour à autre nouveaux rafraischissemens aux assiégés. Or, la nuict du douziesme de ce mois , ce renard conduisit si bien les affaires, qu'à l'aide do deux soldats, qu'il avoit de longue main practiqués , il print ce chasteau : dont le mareschal ayant eu les nouvelles trois heures devant jour , il dépescha soudain Eonnivet et Francisque Bernardin avec quatre enseignes de Suisses , autant de françoises et d'italiennes aussi , avec les trois cens chevaux le* gers dudict Bernardin et du sieur do Moreite, pour aller reprendre ce chasteau devant qu'il fût competcmment pourveu.
Au mesme temps il ordonna aussi au gouverneur de CarmagnoUes de sortir soudain de sa place avec deux coulevrines et munitions, et diligemment marcher vers Somme -Rive avec ce qu'il pourroit tirer de la garnison , et de faire ce que Bonnivet luy commanderoit arrivant sur le lieu. Ce seigneur avec sa
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MÉMOIREâ DE ftOttm Î)U VtLLARS,
irouppe fit telle diligence , que sut le widj il arriTa devant Somme -Rive , où it trouva f afUllerie , qui s^éstoit diUgemmetit advan^ cée \ et qu^il n'y avoit pas quatre heures que la Trinité en estoit destogé , s'estattC retiré avec quelques torces in Bra « en intention de secourir la place si nods allions au fedoufs. ftoUivet, ayant ordonné la batterie, print ees trois cens chevaux avec les coi^pagnies du sieur de Termes , Vassé et Terride , qui atoient accompagné Tarmée « et nsaftha soudain vers Bra , suivy de cent bons arquebusiers , et fort lestes , avec résolution de bien espouaseter La Trinité s'ils le pouVoieÉt reil^ contrer. Mais luy, qui état le Vent de leur Venue , deslogea plus diligemment qu'il n*es^ toit venu , et repassa la Sture au dessous dudict Cairas ; quoy voyans Bonnivet et les aUtfes , ils tournèrent bride vers Somikie-Rive » que il feit sommer avec menaces de la ardre. Cent de dedans se rendirent incontinent , et ayans les nostres ordonné la seùreté de la pbce f et s'estant aussi un peu rafraiscUs , ils se rendirent le lendemain eu l'armée à Valfenieres.
En fces entreiaictes lé mareschal Ait adt ërty que les ennemis avoient hn couvertement feict couler par petites tfoVppes quelque renfort dans Vulpian , et que de main en main on avoit tiré des eschelles du chàsteau , et que quelques compagnies nostres s*approchoient de ceste tasniere à brigands. Il jdgea lors que le long séjour que César de Naples Avoit précédemment faict à Vulpian, avoit esté fondé sur quelque entreprinse dressée contre Tune de nos places ^ qu'il avoit envie d^executer pour divertir le siège de Yalfejiieres» c'est pourquoy il commanda soudain i Biron , qui commandoit lors h Thurin , et Carie de Birague , à Ghivas , qu'ils se tinssent fort sur leurs gardes , à cause qu'il doutoit de quelque menée du costé de Vulpian , où tous les jours entroient à la fille nouvelles ibrces. Ce ne fut pas assez , car , pour s'en plus asseurcr , il envoya soudain dans Thurin le président Birague , autant vaillant que lettré , et Montbazin aussi , tant pour assister Biron comme pour veiller tons ensemble à descouvrir quelque menée qu'il rcdoutoit.
Ces seigneurs furent en fin si diligcns ; que
par soupçon ils se saisirent d*lui jeini qui portoit un petit ruban rouge sM
2é! ayans foict présenter la tortufi tsa d'avoir Sotaventès-fois èttd I erter à Geaar de Naptes dé It f yoiuiois, Soldat du éapitaim 1 duquel aussi ils sé tahirenc soudM quel, Ile voulant rien tSoflfesMf, par déM fois doiàer (a f ortora à qffi\ eonfessa avoir promis à Gésaf i de tuy donner une sentinelle , et pu «lettre dans la ville ta feuict diai qui de te toois.
La cottfessioil Vifle et lé procM fbrt suc commanda qu^etemptave Jtiâ ftiicte et de luy et de l'autre , mi paravaut , et s*estaAs bien asséurëi lands, quikl essayassent, avec qita hommes Chuisb qtt'U lemr énvo^ fort, de donner quetqlR aecousse à * Naples , venant vers Thm^in à ceste m cMcertée , et , si besob estoit de M et représenter sur la senttnefte lé BayonuDîs, qu'ils le fotssent ahttl, 1 toutésfois bien attaché. L^enuemt i pas de venir h mesme nuict ainsi en mats, approchant de Thurin, it ett tissement du renfort entré au liett ék pagnie.de RettioUet, que BrisSac ai sortir , craignadt qu*elte ne fust de I gence. Cela luy feit tenir bride en ma! neantmoins il envoya six cavaliers po gnoistre le lieu , approchant duquel ei par le Bayonnois le mesme signal aco tr'eitx; mais, s'estans approchés du f il y avoit de costé et d'autre de la « quatre cens arquebusiers couchés saf tre et la mesche couverte, ils en eirf deur, et soudain deslogerent grande e César de Naples , lequel tourna bricii toutésfois essayé , faisant sa reU^ prendre deux petits chasieaux pro( Thurin, appelés Alpignam et Colal^ quels ayant esté repoussé, il envoyai volet , cimsteau ruyné et où ame vivai voit demeuré il y avoit cinquante an sur une montagne à Imict mils de I deux cens soldats , auxquels il comou s'y /oriifier et loger, comme ils flrci
mans tousjours de faire par ce mojoi
ris , ûti lieu de ce faire , le itiareschal du â Bi^on et MotitbaÉin , d'dsseïngarriisoils de Chivas , de Caselles , de de Quiers et éë itîoijtcâtlier , avec s chevaux ei quelque faioyenne, pour ces Uoutèadt faabltdDS de Sivolct , tirer de Si près que la faini lëul* iist b caverne. La ib<*ce de nous et U des diitheS les fié sortir à coitipo-
i maintenant retenir Si ce que fit le il , lors qu'il depescha Bonnîvet poilr omme-Rlvé , que ceux de Valfenieres eu parilf eri ôrdonnaricè bien serrée : Imaût que cela le$ idVlteroit à faire sortie, It conimstnda à Ludovic de d'envoyer Turi de ses capitaines aveô oq od trente honmies s'eMibtisquer ilfeniereô et Villcf^ariehe , <|ui est sur e d* Ast , ate6 coriituandléfrient que Si , i oa d'autre , }( marcboU quelques I, qttïï en donnast âdvis par homme et par ûùe Sstlvê d'arquebusades.
Valfenieres ( qàî regarde fort à carte la vallée ^è Viflefranéhe) desèou- 6 cafpitaine , ei là dessus firent sorcens hôtftrftes , qtiî vindreAi si à coules bois, que hiy et les siens se trou- Iffêloppé^ diiparavânt qae tes apercef, son Àèrgeirt et dotrze dés siens fu- ^; le resté se sauva parmi les bois , eor ayant A onné des disles. tomp Al- Sairdle, qti! comittaudoit lors dans fes , donna ardvîs aii Figuerol que il bkt detnc enseîfpiés , prîns deût cens m, et mis teHe espouvanie parmy traite , qu'elfe s'esloit cseartée , qui K , de maniôré que s^il toufoit ceste Wre entrer les Yîvre^ dans, fa vîHe , lourroit seurérhent feîre , faisant marjros de ses* forces contre nous , qui endrioûs pas , et te reste k la garde s. Il ne se coYrtenta pas d'avoir donné irde par gens de pied exprès , mais encôres par feu et par canhonades It respondues par nostre armée, «erol , adjonstant foy à tout cecy, fit oata du parlement de Bonnîvet sordeux mille hommes et cinq cens I ftvec force ofralets et bestesde bast