LIVRE CINQUIÈME
> meslasge fui ainsi expressément orpar le nuireschal , tant pource qne les
I i'aToient demandé pour leur regard « ipottr donner, courage aux uns et aux de bien faire à TeiiTy Fun de Fautre si ni fu8t venu à la bataille, comme il
oit.
aeurs de Bonnivet, d*AmpTille (qui ne , lont jeune qn*îl estoit, espargner non TÎe que le moindre ) , et Francisque din avec eux , prindrent trois cens chesent arquebusiers à cheval , et les maa de camp , pour de bonne heure ala[iier le logis de Santia, craignant que
II ne le gastast par le feu ou autrement. e les suivit, marcbans Vassé, Terride, y et Aussun devant avec Tavantgarde, schal à la bataille avec les sieurs Lu- [président Birague, et les seigneurs du de Tavanes, Gondrin et Montaré à e-garde. Sur le soir nous arrivasmes irme ny rencontre audîct Santia , où print party selon le département des irs qoi estoit desjà feict. .
mdemain sur Taprès-disnëe le mares- |)pella lous ces seigneurs au conseil , leliberer de ce qui estoit à iaire. Sa itioQ fut qu*il desiroit , conforme au r da roy y approcher si près ses armes JDché de Milan, que d*oresnavant elle iDSsi bien les incommodités de la guerre it fjîct si long-temps tout le Piedmont, »minandé si bien fortifier les ironie ce costé-Ià , que les anciennes terres passent en repos et asseurance. Làdes- « pria tous d*en dire leur advis , afin I là on print plus solide résolution sur seroit à exécuter. Or, faict icy à noter, en passant , que le roareschal n*avoit I communiqué ny au roy ny à aucun ^entreprinse qu'il avoit sur Casai , et esii*oit exécuter à la faveur de cesie }rtifiëe. La pluspart d*entr'eux mit en le la fortification de ceste place apporà leur advis , deux fort dangereuses lences: la premiere,'que Tentreprinse loit si avant dans les terres de Ten- ?t mesme du Milannois , qu'il estoit à qne Tempercur et toute lltalie feroi »rts , à la prochaine prime«vere , de la
eiî7
Tenir attaquer avec une grande puissance : quoy advenant , ou il la faudroit laisser perdre , ou hasarder une bataille pour la secourir ; la deuxiesme , que , quand il n*adviendroit pas ainsi,. il renforceroit si fort les garnisons de Nouaire, Pavie , Gatinare, Verceil, Trin , Grescentin , Sainct Germain et Casai » que ceste place ne pourroit recouvrer vivres qu*à la pointe de Tespée , ny en recevoir d* Yvrée ny de Masin , dont elle estoit par trop esloignée ; et que par ainsi il faudroit tous les ans dresser une armée pour la venir avictuail- 1er , ou la laisser perdre ; et que partant il valoit mieux aller attaquer Vulpian ou VaUenieres , qui estoient à nos portes et qui brigandoient tout le Piedmont. Peu furent, horsmis les Biragues , qui conclurent à ceste fortification , tant pour la conséquence du service de Sa Majesté comme par Tesperance qu'ils concevoient de pouvoir estre bien tost réintégrés en leur patrie , de laquelle Ils e»> toient bannis pour le service du roy.
Le mareschal loua infiniment les opinions des uns études autres, comme fondées sur raisons autant véritables que apparentes , et les supplia tous de croire qu'il y avoit dans son ame certaines antres raisons particulières au contraire, et lesquelles il ne leur pouvoit communiquer encores , qui luy faisoient ton* tesfois prendre résolution à exécuter ceste fortification , laquelle il falloit diligenter de sorte que dans trois sepmaines au plus tard elle peust estre en quelque deffence , afin de pouvoir par après marcher en lieu où ils recevroient tous beaucoup de gloire et d'honneur, et le roy un très-signalé service ; qu'au partir de là ils iroient tous ensemble bien recognoistre la forme qu'il faudroit tenir à la fortification , pour y faire travailler toute Tarmée et les seigneurs aussi ; et que luy-mesme entreprendroit la structure d'un bastion , Bonnivet un , d'Ampville un autre , les Biragues un, et les autres seigneurs particuliers de mesme. Les choses ainsi résolues furent aussi ainsi exécutées , ou , pour mieux dire , commencées avec un grand courage ; et me souvient bien que j'y portay moy-mesme la hoste plus de trente fois, chacun travaillant lors à l'envi l'im de l'autre.
Le mareschal , voyant les choses en train ,
MEMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS
fit venir d'Yvrée autres quatre canons avec leur équipage. Davantage , comme prévoyant le succès des choses qu'il entreprenoil» il envoya dehors foire provision à Gaâgaan , GarmagnoUes, Raconis et Pontcallier» de trois mil sacs de farine , autant de bleds , trois piil sacs y que pois que fèves , quatre cens lards et cent charges de ris , pour en munir sa nouvelle place , outre ce qu'il pourroit recouvrer des environs, et à quoy pour lors il ne vouloit toucher , le reservant pour la commodité du camp, et par ce respect tirer plus volo»taîremenC de pionniers de tous costés.
Pendant qu ils travailleront , je reprendray rhistoire du comte de Chalant feit prisonnier à Verceil et mené à Thurin , et fort bonnestement logé au chasteau avec deux serviteurs qui le servoient, comme seigneiu* de marque et desjà fort âgé. Le secrétaire Plancy , fort digne de sa charge^ mais un peu subject à ses plaisirs, comme est ordinairement la jeunesse , allant souvent voir et visiter ledict sieur coaie de Chalant, tant par amitié comme pourdextrement tirer de luy quelle rançon il payeroit volontiers pour se redimer de la prison où il estoit , descouvrit par tous ses discours qu'il Be tenoit mal prins, et que cooune tel il de- Toitestre mis en liberté sans rançon; qu*il estoit bourgeois de Suisse , né en la Vald'Aouste, terre neutre , et que bien-tost tous les seigneurs des Ligues en feroient telle instance au roy , que Sa Majesté metU*oit fin à sa détention : n'ayant sceu tirer de luy autre chose , il s'en retourna. A deux jours de là le jnareschal eut les leures du roy, par lesquelles il luy manda que les Suisses et plusieurs seigneurs françois, à qui ledict comte de Chalant appartenoit , luy avoient foict faire plusieurs remonstrances , par lesquelles ils pretendoient prouver qu il n'estoit pas bon prisonnier ; qu'il n'avoit toutesfois voulu qu'on entrast en aucune délibération sur ce fait , jusqu'à tant qu'il eust esté ouy en ses deffences au contraire; et qu'à ccste considération il feroit bien d'envoyer une ample instruction sur la qualité et mérite de la chose , afin que par un final jugement il en tirast de l'argent, ou le relaschasl. Le mareschal , qui avoit eu auparavant advis de ceste menée, avoit desjà consulté le faict avec la robbe courte
et avec la lon<)[ue mulueUene«| MiemUéM, en fit dresser d'amples mémoires . (ju'il «ivoya en cour, par lesquels les nûsMs 4u CMk furent renversées.
Or estànoter que pendant que oeey is 4h meskût , que le comte de Cbalast , priwiMr au chasteau de Thurin, mania si bien la Cmm d*uu soldat qui luy faisoil sa ciiisî»» qu'flle luy promit de porter de ses lettres à Vit)|M pour les advertir d'un moyen qu'il avoit inni pour le sauver » lui envoyant ce qu'il émt doit : ceste-<ïy , cachant les lettres duniM cheveux, alla et revint par deux foîsî Mb troisiesme, ayant esté desconverte et piisu, le mari et elle furent envoyés au dernier m^ pUce devant les fénestres de la cbasiAfs 4i comte , qui fut resserré.
Revenant au faict de Santia , le ray, par li depesohe qu'il fit au mareschal , lona iniément le voyage et la resolution de SaMiii prometumt seconder le tout par nenvflhi forces et moyens. Luy sur oeste effcasien it* mereia trèn-humblement Sa Majesté , taniw son nom que de tous les antres seignw^ de ce qu'elle avoii pour agréable le aernoe qu'ils Vestoient eflforcés luy rendre, et leipri avoit desjà apporté tel rifwmvîinirmitt fm toute la duché de Milan , qu'il» avaient Ùtt abattre les murailles de Mortavre et fonffr les fossés , craignans pareil succès ^ins p^ de Santia ; et f aisoient diligemment tranihr aux fortifications de Novarrc, Pavîe,Gwil, Verceil , Tria, Cresceutin et Sainct Crrpiii. et qu à ces mesmes fins , poui' assennr en places, on faisoit nouvelle levée de qnMie mil Italiens ; que le cardinal de Treole , ^ avoit succédé à la souveraineté du cumoHi' dément de domp Ferrond, estoit arriiéi Milan avec un pouvoii* de tout engager pon recouvrer finance et read>arrer les FruK<n en leur ancienne tasniere , pour à quoy adviser Le Figuerol et les autres ministres impériaux estoient allés trouver ce cardinal de Milan ; et que de la;considerationde tous ces inportans remuemens , Sa Majesté devoit itcueillir que , combien que tous ses serviiesB fussent remplis de courage et de bonne itlonté , neantmoins les effccls que cela devait produire demeureroient courts,, si Sa HMJluÊé,
par $a puissance et moyens, ne leur
:ipal mouvement , qui s^appeile argent, )uvcrain du œanieaieDC fovorabie des que la foriificatioa et raTicluûUemeiK iaafoit aussi aecessaireineBt besoin de ne iastroaieiit, en attendant lequel il iroit tout ce qu'il avoit pour laisser la ^ place pourvene , au nioîiis pour trois ttre mois» pendant lesquels U faUoit Majesté doooast de quoy advancer et ision et la fortune. Sa Majesté » receiboone part toutes ces remonstrances , de nouveau de satisfaire à tout , comme efforça depuis) mais ce fut loutes-foîs rs à bastons rompus , et si mal à proie ce qu'un seul eacu eust fait , baille i^ il en faloit lors deux , voire trois. I vice naturel au François de ne rien u à la haste , et quand Textremité le lors il y court bride abattue comme au ais hors de saison et avec quadrufde
ce.
olonnel des Suisses » ayant esté reprins Darescbal sur la diminution qu'il avoit ue en son régiment, le supplia de luy er qu'il depescbast au pays pour enle* I ou douze cens hommes , aux condi^ ibséquentes : ù sçavoir^ que tous les de Douvelle levée qui arriveront en M y dans le dix-huictiesme février , au 1 le régiment sera , seront payés |)our % entier , tout ainsi que s'ils l'avaient emeat servi*
tous ceux desdicts soldats qui^sortiront s en intention de venir servir en ceste seront aussi payés pour tout le mois , i apparoir de preuve suffisante , ores irles chemins ils fussent contre^mandés m ou par ledict sieur marescbal. C'est loy les colonnels et capitaines promet^ et s'obligeoient ne 1g% faire partir de oaisons , sinon lors que Tarobassadeur au pays le leur feroit ent^dre de la idict sieur maresclml.
cy-devant représenté que le marquis »eran , qui tient environ douze lieues s tout le long de la Serre , devoit daerviieur du roy. Ceste Serre c'est une montagne esgalie en hauteur ^ qui mce à Yvrée et qui s'achève à la Sesia , dépendante du Milannois* Et