‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 97 sur 224 · LIVRE CINQUIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQUIÈME

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f aiguillon à tous ceux qui portoient

avez cy devant veu que le mareschal estiné d'Ampville au commandement avalerie dont estoit colonnel le duc Je , absent lors du Piedmont. Ce prince liosi entendu*, le trouva fort mauTaîSy ; qu il y couroit de sa réputation , dont iflte au mareschal d'une façon assez : luy , s'en excusant y dict que ce tjoe par provision , attendu son abpour la conséquence des affaires de ité. Il fallut toutesfois qu'elle mesme ilast , et qu'elle advouast l'avoir ainsi pour adoucir ce qui commençoit à ter , et qui eust brouillé toute Ja cour mées de fort dangereuses partialités.

t , de fort doux et gracieux naturel, it ainsi satisfaict , approuva le tout , lar la valeur recogneue audict d' Amp-

s que ceste alarme fut refroidie , le ble manda ces mesmes mots au maie Ne craignez ny ne vous estonnez se qui vous a esté escrit ou mandé regard de Is^ charge que vous avez mon fils d'Ampville; car vous n'avez ivous arrester sur autre que sur ni sçauray assez , sous l'autorité du iotenir et foire approuver ce que vous nement foict : ce sont ruses ou chacoar , qui ne vous doivent aucune* onner ; car , à la vérité , vous n'avez t prévenir le roy , qui estoit en la voyous commander ce qu^il a approuvé, act pour personne de mérite qui est tarent , et le père duquel vous aime emain. »

)ur autant que les payemens de l'arlient passés en coustume de longueur spris y le mareschal , craignant qu'es- *oche de l'ennemi qu'il estoit , cela ist à la fin quelque révolte ou mutirmy ceste armée de diverses nations, e de ce qu'il pretendoit exécuter du Casai , il s'en plaignit fort aigrement connestable , qui avoit le souverain it des affaires , le suppliant ne trouver que non seulement il l'importunast ecution de son payement , mais aussi

qu'il protestât de bonne heure que tous les inconveniens qui en pourroient succéder au préjudice du service du roy estoient hors sa coulpe ; que les conseils estoient bien de luy, mais la fortune du roy ; et que , laissant de • cliner , comme on faisoit y la réputation acquise au fait de la guerre , il folloit nécessairement que le courage des soldats et la foy des peuples diminuassent aussi ; suppliant à ces fins ledict sieur connestable de vouloir pourvoir a l'urgente nécessité des aflaires , qui ne dévoient estre remis au lendemain , comme lay , qui a si longuement et heureusement commandé , sçavoit mieux que nul autre ; le suppliant , comme son très-humble parent et serviteur', ne permettre qu'il perde aujourd'huy ce peu de gloire et de réputation qu'il a acquise avec tant de labeurs.

Que l'estonnement auquel il , disoit luymesme qu'estoient les ennemis par la prinse d'Yvrée , et par la nouvelle fortification de SanUa estoit véritable et les avoit conduicts à deux extrémités qui renverseroient tout ce qui avoit esté heureusement faict s'il n'y^estoit hastivement pourveu : l'une, à envoyer domp Alvaro^e Saude par toute l'Italie pour enlever deux cens mille escus ; l'autre , à si fort presser le duc de Florence , qu'ils avoient obtenu de luy six mil hommes de renfort , qu'Allemans qu'Italiens ; et que par ainsi , ayans reduict toutes leurs bribes en un seul repas , ils en pourroient faire un banquet beaucoup plus plantureux que luy ne sçauroit faire parmy ces nécessités , dont la faute luy en seroit attribuée , et non au dcfout des moyens; chose qu'il ne pouvoit patienunent supporter sans faire tort au service du roy et à sa conscience : c'est pourquoy il luy vouloit encores remonstrer la contioualion des abus et du desservice , le suppliant , luy qui estoit chef souverain des armes , et duquel chacun devoit prendre la reigle , le conseil et le commandement, d'en vouloir faire une ordonnance si severe, que le desordre cessast au soulagement des affaires et du service de Sa Majesté ; et que la meilleure médecine qu'il y pourroit apporter , ce seroit de si bien ordonner les payemens à poinct nommé , qu'on peust faire les monstres rigoureuses et punir ceux qui en abusoient et qui s'e;(Cusoient sur

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MÉMOIRES DE BOYVIN DU YILLARS.

la tardivcté des payemens ; aussi qu*il avoir entcnda que le comte de Chalant faisoil presser Sa Majesté pour se faire déclarer de mauvaise prinse ; partant il supplioit que ce jugement ne se fist sans qu'il fust ouy en ses raisons au contraire ; qu*il luy avoit offert à la faveur de luy , de le mettre sur sa foy s'il pouvoit obtenir le semblable pour les sieurs d*Andelot et de Cypiere détenus à Milan , où estoit la femme dudict comte , laquelle me»disoit indig[npment et fort ouvertement de tous les François , et particulièrement de luy ; taisant toutesfob que , par une suprême courtoisie ^ il Tavoit , à la prinse de Verceil , Tintée et consolée , et sur tout laissé sortir avec ses chevaux, bagues, meubles et argent, sans rien prendre ny retenir , comme il eust peu faire sans reproche par droict de guerre ouverte ; dequoy neantmoins il Ten excusoit, sçacbant de longue-main que ce sexe mesdit tousjours plus volontiers de ceux qui Taiment que de ceux qui le haïssent.

Le roy, par toutes ses dépesches ne prèschant que I*espargne , an lieu de satisfaire à ce que dessus , s'amusa à ordonner que les farts nouvellement conquis du cosié de Montdevis fussent ruinés comme Yilleneufve , h Trinité et La Rocque-de-Baux, réservant seiF lement Sainct-Alban , lequel seul servoit antant que tous ceux-cy à incommoder Fossan et Cairas.

• Le mareschal , à ce propos , remonstra à Sa Majesté que, si elle Teusl renforcé de bonne heure , comme elle'avoit promis faire, Yalfenieres seroit pieça en ses mains , ce défaut luy ostant le moyen de le serrer de près , et le contraignant d'estre à tous coups à cheval pour empescher ravictuaillemenc que les ennemis s'eflbrçoient y mettre ; que, en attendant ce secours, il couroit, ores d*un costé , ores de l'autre , pour gaster la moisson d'Ast et de Yalfenieres, et fâisoit vivre son armée aux dospcns de l'ennemi , en attendant les préparatifs d'un nouveau jeu qu'il dressoit au grand advantage du service de Sa Majesté.

Or le roy luy ayant en fin ?mandé , sur la plainte que continuellement il faisoit pour le

faict des assignations, que la saison et les ^ ^^ ^__

nécessités de Testât ne permettoient qu'on [ Montdevis, voukins saccager m TÎUa^.

peust mieux faire , il le supplia, cela estam, ne trouver aussi mauvais qu il se deportnt d'exécuter plusieurs beaux desseins qiH avoit en main , ne le pouvant faire avec da soldats pauvres et mal-contens; an mmi 1 n*en vouloit recevoir la honte et le donmaf^; qne , combien qu il n'eust de an part oéM ce qu'on luy avoit autrefois mandé , ii sçavw, qne , quand du premier coup il n^esloit salii- ^ict à ce qu'il demandoit , il devoit recerov cela pour un commandement de n'y phn letourner, il n'avoît' toutesfi>is jamais cm, comme il ne feroit encores , que cela s'eitendist plus avant que pour les choses coamunes , et non pour les importantes , e«Hi estoient celles qu'il avok cy-devant escriitti et dont il envoyoit ce petit somnMre fmt en avoir resolution , sans laquelle il ne » pouvoit advancer; et qu'à la vérité, ne b repaissant pieça que de vaines et imagînains promesses ,' force luy estoit de dire que c*»toient instrumens de perte et de myne ài'ii» tat et à l'honneur de luy , qui airooit -miiK tout quitter que de courir tel inconveniot, et duquel toute la coulpe luy seroit tomgoai attribuée.

' A sç4ivoir , provision de poudre etbeJrtii ou argent pour en faire en Piedmont , |Mf remplacer ce qui a esté despendn àYvriii Masin.

La creue des bandes de lansquenets, ]■" qu'à quatre cens hommes chacune , etarpA pour le payement des uns et des antres.

La provision de sergent majeur powlee^ pitaine L'IsIe , au lieu du capitaine

Provision et entretenement an vie de Birague , comme lieutenant dn Strozzy, sur les bandes Italiennes.

Déclarer si les vacances des compagiies de fenterie f rançoise scroient i la nunniwriai du mareschal ou du colonnel gênerai.

Renfort de commissaires de l'artiilerié , cl des vivres quand l'armée marche.

Environ ce temps , La Trinité , cj-deM assez souvent nommé en ces Mémoires, «h trcprint de ravager tout le Hant-PicdmiM, au préjudice de la capitulaticMi de la hoM guerre , sous prétexte que aucuns des àsm avoient esté bien espoussetés par cenx àt

LIVUB CÎNQtJlfiliB.

' I qûof ftbvier > le 'ttftreftishal manda lerol , le vingt-etnqtiiesme Aoay , qde, doDdotl oi^re à faire sevéreinént et )leinetit obsertef eeste capiltilalion lYec son pfedeeesseuf , les Françofo Ht poiiil le cœur tà ravalté ijtl'ils n^eti at soudain une cruelle teiigeance tût Anois et r Alexandrin, d'oîï il tiroit I ffloyenjs. Geste bravade fit que la caon fut reconfirmée, et depuis religieuobservée , à Tinstance desdicta Milani craifpDoient la touche, ecessité de^ affaires continuant tous»

mesmes parmy lès chevaut légers, iToient recett argent il y atoit Ax mois , eschal fit nouvelle instance à ce qu'il è Sa Majesté |y remédier , ou autre- |g s'en troient tous les una après les , sans qn'tl y peust remédier, n'estant missauce de la Justice militaire de rea chastier celoy 'qni a] porté sa paplus avant que dent ou trois mois ; et Ht si souvent donné adris de ces ma- , et le souverain médecin [et proprié- I V ayant apporté les remèdes conVe^ , force loy estoit en faire nouvelle ie, avec protestation du mal qui en it advenir hors sa coulpè.

ilaignit aussi qtle tous cent qtil sërvoient doiont , de quelque qualité qu'ils fosoe pouvolent recevoir aucune grâce , vray recompense par sa recommendat tesmotgnage , et au contraire tous {Si servolent de delà estolent tous les (ptiHés, par l'intercession d'aucuns s qui estoient mieux festés que le sien , |ue toutesfois il eust jamais portéparole et supplication que pour gens de. bien maenr recommendables par, le mérite r propre vertu et service ; mais que , ii'aiasi estoit que les grâces et les beices estolent les faonnorables espérons rerta , il estoit convenable que Sa Maies communiquast autant à ceux qui ent en Piedmont qu'aux autres qui serailleurs , et que cent qui avoient le aadetnent des armes et Qes provinces sent , non pas les distributeurs , mais m les médiateurs , afin que chacun re- Bst que son teflimoignage estoit ntile et

nécessaire à leur advancement , ef que par ainsi il le fàlloit aimer ^ honorer et luy obéyr , sans quoy les armes ne pouvoient bonnement prospérer»

Le dottziesme de juillet ^ le sieur de Gypierre sortit de prison, et vint trouver io mareschal 'en Piedmont t par luy il fit en-> tendre à Sa Majesté l'extrême nécessité où Yalfeniëres estoit réduite , et comme il luy eatotl impossible d'entendre à plus grandq entreprinse que là , tandis que Sa Majesté le tiendroit ÏM de forces et de moyens ; car de se jetter inconsidérément à embrasser des choses incertaines par le hasard des ceriai-* nés , H ne le feroit jamais , non qu*il eust ftiute de cœur ny belles occasions , mais qu'il aVoitaprins à les mednageravec honneur, jugement et utilité , et non à )k discrétion deë désirs inconsidérés.

Manda ànssi que le Figuerol f aisoit tout ce qu'il Iny estoit possible pour secourir encores de vivres et de munitions ledict Yalfeniëres i à quoy il s'estoittousjours si à propos opposé» qu'il n'en estoit jusques à présent peu venir à bout.

Le baron de La Gardé , qui estoit à Boni-* hce avec les galleres du roy pour trajetter des gens -au Siennois , en revenant il rencon^ tra troiS' ourques chargées de bleds 'pour Gennes; il en mit à fonds Tune et print lei deux autres. Par mesme suitte il donna advia que si l'armée du Grand Seigneur on celle du roy d'Alger ne comparoissoient bien tost, qu'il'seroit contrainct de tourner testeàMar^ seille pour se rairaischir et r'avictuailler les galleres aussi.

Qu'ayant le colonnel Bonnivet voulu faire publier et tirer en practique Tordonnance nouvelle que Sa Majesté favoit faicte sur la forme et reiglement des payemens de fonterie, il y avoit eu 'telle clameur et mescontenlement de tous costës , que les meilleurs soldats de Tarmée s'estoient desrobés pour retourner en France ; pour à quoy remédier il avoit faict assembler le conseil , où , les Choses débattues, on n'avoit soeu .trouver meilleur expédient que de corriger et adoucir un peu l'article qui portoit que , quand il deffaudra nombre de picques seiches, on autres pr^an^ simple paye, les appoincte*

MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILURS.

mens ordonnés au total de b compagnie ront rabattus à la proportion de ce detTaut ; estant la vérité qu*il n*y atoit soldat , pour bon mesnager qa*il fust , qui sceust vivre de six livres par mois , tant s^en fout qu'il eust de quoy s' babiller et acheter poudre , plomb et mesche : d'alléguer comme on pourroit faire , qu*il faut soudain remplir les places de ceux qui s'en iront , c'est traicter de Timpossible , car le Piedmoat ne nourrit point de pépinière françoise ou on les puisse soudain choisir ; de manière qu'il faudroit\ cela se continuant ainsi , que Sa Majesté envoyas! de deux en deux mois nouvelles creues pour remplir les places vides , ce que faisant laccessoire surmonteroit tousjours la despence du prmcipal : de mettre aussi en jeii que y si on faisoit bien garder les passages , on atlrappe* roit et chastieroit les fuyards, il ya long-temps que cela a esté ainsi ordonné ; mais le Piedmont a tant de passages et d'issues , que le roesroe Argus n'y sufliroit pas ; et puis celuy qui craint , comme faict celuy qui se desrob^ be, est tousjours luy-mesme si avant au guet, qu'il se sçait escouler par des en* droicts qui ne sont cogneus qu'aux ours et aux chamois : d'ailleurs la clémence et le débonnaire naturel du roy sont si esloignés de ces cruautés , qu'il est tousjours plus préparé à pardonner qu'à chastier les fautes que la seule nécessité et la pauvreté font commettre , par ceux qui n'ont autre apuy que la paye de Sa Majesté , estans mesmement esloignés de la France.

Le roy ayant reprins quelque opinion sur les précédentes remonstrances du mareschal sur le secours de Sienne , et prévenu d'heure les inconveniens, il luy manda que de sa part il ne la tenoit ny si difficile ny si hasardeuse qu'on pourra penser , et que Sa Majesté avoit assez de bons serviteurs qui n'avoient faute de cœur ny d'expérience pour l'entreprendre, et qui eussent y si on leur eust de bonne heure communiqué , sceu disposer tellement les affaires , que Sa Majesté en eust receu gloire et honneur , avec Tassistance de tout Testât siennois, qui eust ouvert la porte à la couqueste de tonte la Toscane , et peu à peu Tempire d'Italie : mais de le vouloir mainte^ nant entreprendre à la haste , coouoe on vou-

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droit anjom'd'buy faire , cfett ^ ble à qui ne voudra hasarder tou (^ deçà les monts, pour ks mefoes tient aujourd'huy pour désespérées, à fois elle vouloit prendre resolotiod ^ traire ^ et donner les moyens poveih le jétt , il ne craindra januiis les gers qu'il prévoit .desjà; tt'mk grand secours que Sa Majesté poi« d'bny apporter à tels affiiifes,« c« ner le moyen de marcher droict ï y apporter, conune on pourra Im tonnement , que les Impériaux soTf« traincts de révoquer leurs forces dû pour nous venir combattre, et i nous préparerons tous, avec resoloi rapporter la victoire , sons la foiêor bon Dieu qui assiste tousjours la ] armes. Tout d*an train on pourra treprendre contre l'une des deux toutes les deux, sur lesquelles \ jesté sçait qu'elle a de grandes intd et qui seroient, avec le temps, p conquérir la Lombardie ; mais s il m] que le bruit en court , que Sa Maje^ racourcir les forces du PiedmoDtpoor voyer par mer au Siennoisou es Corse!

à craindre qu'en pensant sauver Sie&i^ ne perde le Piedmont, le Mootfemt, sane et tout ce qui est de deçà b avec la réputation , que les princes ainsi que Sa Majesté ont tant à ter.

les mesmes forces qu'elle y eivoTi

Le Figuerol et tous les seignenk^ mée impériale s*assemblerem es pour délibérer de secourir encorné veau Valfenieres , estimans que u i fussent de beaucoup plus grandes i|i n'estoient , le défaut desquelles ûd ché à ceux mesmes du cmfw alloit rodant à Tentour dudicc M Ils résolurent d'escrire à Tempereiir avoir son consentement surlehwJl bataille , s'ils estoient contraiscts de la ner. £t à la vérité , toutes choses bien disposées à l'advantage da sen roy, que Valfenieres eust estépieçi si le desastre de Sienne ne fost ma si Sa Majesté eust de bonne beffreorrii renfort promis. De mesme suite Yolpa^

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