‹ Mémoires de Gaspard de Saulx-TavannesChapitre 98 sur 224 · LIVRE CINQPIÈME · texte numérisé non relu

LIVRE CINQPIÈME

loru pareille tortunc. Envoyer tost ou lard secours , n'est pas ce qui f'ail ou espargoe desponce , mais c'est bien ce qui eogendie i pertes cl les ÎDConvenieDs , et à la suite 'iceux le redoublement de lu despence, avec irte de réputation , qui ne s'acquieit pas cilement parmy les armes.

Cependant La Trinité desroba un chastcau, lire FossuD et Cairas , nommi.- La Baslide', li cstoit pour apporter beaucoup de niai si 1 luy eu&l donné loisir de le fortitier -, mais UT l'en empescher le inareschal depesclia udain ie sieur de Gordes pour l'aller rcendre, avec ce qu'il tireroii des garnisons : Montdevis , Ceve , Alite , Beine ei Saviglaii. test qu'il fut parly et que le bruit ciiurut le forces s'assemblolent de tous cosiés. La riaité laissa reprendre ce chasteau , qui fut ■daîo desmantelé.

Le quatriesme aoust arrivèrent en AsI sept uvelles cornettes de cavalerie espagnolle ; lOf entendu par le marescbal . il dcpescha I Hotte-Gondrin et Francisque Bernardin ee trois cens clievaux et sis cens bommes rped, pour leur dresser quelque embusdt et les charger. Soudain que la ville en ■t l'alarme , Il sortit environ trois cens clie- ■X. suivis de liuict ou neuFcens hommes tpied-, ce que recof^noissans les noslres, I s'enfoncèrent que les premiers ; il y en Ide vingt cinq à trente portés par lene, SBUBt de prisonniers. Tout le mal qu'il y tpeur nous, ce fut la blessure d'une main idict sieur de La Motte Gondrin , qui en fut âlte pour la perte du dnigt medeciuul seunem. Le marescbal l'alla visiter , lequel il lipJiil vouloir cscrire à Sa Majesté de ne meure que la chicanerie de Tholoiie le comme elle faisoit, pendant qu'il lit le service de Sa Majesté à son inte- L particuUer.

in mesme instant le mareschal eut nouie> que le sieur domp Raimond de Carme , domp Alvaro de Saude et le comte àrignao , ccsiuy serviteur de M. de Snvoye, les autres de l'empereur, estoient retours de Oennes avec asseurancc de trois cens 3 eseus , de la venue des six mil Allemans tuvellement levés au comté de Tirol , et de ïmbarqucmeai de quatre mil bisogncs aussi

nouvellement levés en Espagne, et i duc d'Alve devoit venir en Italie avec l de puissance, qu'il n'y demeureroit pas n pauvre François pour servir de semence, i l'ad venir.

Pendant que ces remonstrances esioïei bien receues par aucuns, et condamnées p ceux qui n'y entendoient que le haut s manl , le mareschal fut asseuré que les e nemis avuîent depesché douze enseignes d fanierie et quatre cornettes de cavalerie Galinare , avec commandement de le dili ment fortilier pour en faire un asseuré pra pugnacle contre Santia. Quuy cmisideré , dépesclia Bonnivet et d'Ampviile , avec trc cens chevaux et dou/e cens faniacins François et moitié Allemans, pour recogni» tre la contenance des ennemis, et, selon b belle apparence du jeu, les enfoncer si i rieuscnient , que nul n'en peust aller conlfl des nouvelles aux autres. Ces seigneurs esta partis , résolus t bien estriller les ennemis , goutte prinl fionnivet à my-chemin ; maresclial ayant esté adverly, il monta soa< dain luy-mesme à cheval , assisté de quair cens Suisses et cent cinquante chevaux , duisaiis deux moyennes , en resolution d'ut laquer un si cruel combat , que les ennem ne se basarderoient plus d'agacer ny resvei 1er le courage du lyon françuis. Les chemin enfondrés par les pluyes survenantes , reta derent les noslres et ouvrlrert le jugement àif l'ennemi pour se retirer de bonne heure d mal qu'on luy preparoll. Et de faict, oyan^J que le mareschal y esioit en personne , " deslogerent sans dire à Dieu; mais au lie de prendre la campagne , le cliemin de la-*! quelle estoit le plus court , ils prindrent celay I de lu montagne, iraversans le val de Sezia. I de manière que quand nos trouppes arrive— I rent à Gatinare ils avoient desjà faict deuxi J lieues de clieniln. Le chasteau fut rendu dà(| la mesme arrivée du mareschal , qui fust e sur le mesme soir attaiot de la goutte, q vint loger dans ses jambes , aussi bien qu'el avolt faict en celles de Bonnivet, ctavec lant 1 de douleurs, qu'il le fallut emporter à Santia. I dans un coche que la comtesse de Gatinare , 1 dame fort galante , luy prosla. Si elle n'u esté d'ago , j'eusse craint que le comljai ami

MÉMOIRES DE BOYVIN DU VILLARS

reux n'eiist esté celuy qnt avoit ouvert la porte à ceste fescheuse goutte.

Tout ainsi que Tàmourcux remue tousjours toutes sortes de pierres et de partis pour confirmer et augmenter Tamour de sa dame, tout de mesme aussi le maresclial alloit ruminant et remuant en son esprit tout ce qui pouvoit servir à conserver ou faire perdre sa bien aimée nouvelle fortification de Santia. Pour i quoy parvenir , il fit nouvelle instance au roy, ou de luy envoyer tant de forces qu*il peust h force ouverte combattre Tennemi , ou au moins si sufiisantcs , qu*il peust si bien fournir Yvrée , Masin et Santia, qu*eIl6S tinssent coup pendant qu'il feroit la moisson prochaine du Piedmont; qu*à lors Tennemi seroit harassé , et luy frais et reposé pour entreprendre tout ce que le temps luy pourroit offrir ; qu'il avoit trouvé les n'gimens de Roquendolf et Rifllemberg si mutins ot si mal disciplinés, que par peines et menaces il n*cn pouvoit venir & bout , et que quatre mil François ou Suisses rendroient plus de service que ne font tous ces six mil brodes; qu'il avoit {jfaigné ce poinct sur les Suisses qu'ils feroicnt monstre tous les mois, ponn-en qu'on arrestast leurs roollcs selon ce qu'ils auroient présenté d'hommes, et que après il fussent payés à ceste raison; offrans neantmoins, pour ne précipiter les affaires du roy, attendre le payement non un mois seul , mais deux et trois , ailefpians que par ce moyen ils ne courroient le hasard de perdre ce qu'ils auroient preste à leurs soldats morts ou qui auroient quitté l'enseigne. Le roy promit de foire responcc à tout cecy par un gentilhomme qn*il envoyeroit exprès.

Cependant qu'on travailloit à Santia, le sieur Ludovic de Birague fit entendre au maréchal que deux gentils-hommos , Tun de ses amis et l'autre parent , offroient de mettre entre ses mains deux chasteaux situés en Lomellinc , la plus féconde partie du Milannois , et qui estoient si forts , qne le moindre des deux endureroit de sept à hoict cens coups de canon. Mais, parce qu'ils estoient trop recuUés de nous, il n'y voulut entendre, remerciant toutesfois l'un et l'autre de letir bonne volonté, et les prians remettre la partie à une autre plu9 advaacée boutade.

Le mareschal, voyant la fortlflentimi de Sintia si advancée qu*elle estoit presque en def> fonce , envoya quérir le sieur de Salveum , auquel il avoit baillé le manimenl et la nég^ tiation de l'entreprise de Casai , pouf en coa» forer avec luy et désormais passer k Teu» cution. Or, auparavant qu'entrer plus aiM en matière , j'ay jugé nécessaire de dedanr par le menu quelle estoit l'entrepruM, it tout d'un train faire cognotatre à chacua qai la gloire de l'exécution qui s'ensuivit pur apiii, a esté par aucuns ignoranmient attribuée m dict Salveson et non au mareschal , i la m/Éà prudence , bonne conduicte et ju^ment da« quel toutesfois le tout doit estre attribué : ft quoy , à la vérité , ledict Salveson doit parl^ ciper pour le secret, diligence et valeur qil apporta et à la conduite et à l'executiaB. 1 faut donc entendre que ce caïutaine PoBl4^ Sture , duquel J'ay cy-dessus ftiict naantioBi avoit un sien cousin , maistre d'eacolle daal Casai), logé tout contre le rampait de h ville , près la porte du Pau. Ce irân compagnon, menant souvent jouer les eofîiiissurci rempart , s'amusoit quelquesfois k regaidtf le fossé et ceux qui alloient et venoie&t jm ceste porte. Il advint un jour, inspiré pafM ange qui estoit bon François , qu'il rcmarfM qu'à vingt pas de ceste porte il y atail M tourion à demy quarré , qui etnpeacboil ^êê la sentinelle et la garde mesme de la pM ne pouvoient découvrir ce qui se fiaiaok et riere ce tourion , et que la sentinelle qâ •* toit à la main gauche , la muraille fiaisaat M peu de recourbement , ne pouvoit aussi dv* couvrir ce qui se faisoit à l'endroict de el mesme tourion. Il commença là dessus à bsh tir d'aussi grands desseins que a'îl eiHt tmr contre la vraye pierre philosophale : toMiifois , pour n'estre pape , par fautaaie il firitt une nuict la hardiesse de Jecter une eadida dans le fossé , par laquelle il descendit et remonta à son aise sans esire desconvert di personne. Ayant assez souvent ruminé sur les nM)yens qu'il pourroit tenir pour ménager i son utilité ce qu'il avoit descouvert , il s'«l« visa un jour de ce sien cousin Pont-de-Son^ soldat de Salveson , lequel il invita à le veair voir à Casai en habit desguisé , et qn*il le lo« geroit et uraileroit, puis confereroîentdn

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