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toute sorte de bien que nous pourrions faire ne nous serait pas imputé. Dieu nous a trop favorisés de nous faire les instruments d'une si grande action, en comparaison de laquelle toute autre est petite, quelque grande qu'elle paraisse aux yeux des hommes, quand elles seraient même faites pour J.-C; car la grâce est l'effet et l'image de l'Incarnation, et qui défend l'une défend l'autre.
« Quand j'aurais fait tous les crimes du monde, j'aurais une grande confiance de mon salut, si Dieu m'avait fait la grâce de défendre sa grâce, non pas seulement contre les hérétiques, mais contre les catholiques mêmes qui la décrient d'autant plus dangereusement qu'ils ont droit de parler dans l'Église, et qu'ils tâchent par leurs paroles de pervertir tous les particuliers de l'Église.
« Je salue tous mes amis, et les supplie de prendre part à cette lettre, et de n'avoir pas plus d'égard à ma prison, que si j'étais en pleine liberté. Du 1er février 1642... »
La circonstance du temps auquel cette lettre a été écrite est d'autant plus considérable que les amis de M. de Saint- Cyran faisaient alors de plus grands efforts pour obtenir sa liberté après une captivité de tant d'années. Mais quand il aurait même été sorti de prison, comme cela arriva peu de jours après, il eût été tout prêt d'y rentrer pour la défense d'une cause qui lui paraissait si juste et si légitime, et c'est ce qui doit justifier la conduite que l'on a tenue en répondant aux sermons de M. Habert, quoique ceux qui osent tout dire, et ne peuvent souffrir qu'on leur réponde, en aient pris occasion d'exciter unenouvellepersécution contre des théologiens qui n'ont été ni assez complaisants, ni assez lâches pour ne pas résister à leurs excès.