‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 304 sur 524 · LIVRE IV · texte numérisé non relu

LIVRE IV

jamais, si Sa Sainteté ne la condamnait expressément, et que, quant à ce qui regarde le sentiment qu'il a eu par le passé de la doctrine de saint Augustin, fidèlement expliquée dans le livre de M. Jansénius, il n'avait en rien changé d'avis depuis ce temps-là, et n'avait point eu dessein d'en changer, quoique par respect, il voulût bien désormais s'abstenir de le lire; mais que, comme ci devant, il avait lu saint Augustin dans Jansénius, il se contenterait à l'avenir de lire Jansénius dans saint Augustin. Jean de Wèze, notaire apostolique, en lui délivrant cet acte le 26 du mois de février 1646, certifia aussi par sa signature et avec paraphe, que l'abbé de Saint Anastasie n'avait contredit en rien à cette déclaration, en sa présence et en celle de trois témoins, savoir l'illustre et révérend sieur Charles François Imbernicius, archiprêtre de là grande église de Saint-Ambroise à Milan ; le sieur Claude de Berlaymont, chapelain du Rme sieur abbé, chanoine de Namur, et Léonor Hautman.

Mais cette persécution que l'on faisait à M. Calenus et aux disciples de saint Augustin pour les exclure des prélatures et des dignités ecclésiastiques, était un artifice des Jésuites, qui voulaient dominer par la terreur et engager des théologiens, par des intérêts humains, à abandonner la défense d'une cause qui était si odieuse à leur compagnie. Ce fut par ce même esprit qu'ils en obtinrent un bref exprès, Tannée suivante. Et cela fit remarquer par une nouvelle expérience que ceux qui défendent la vérité par quelque autre considération que par celle de la vérité même lâchent honteusement le pied tôt ou tard, et qu'il n'y a de docteurs fermes et intrépides, que ceux qui onl renoncé à toutes les espérances du siècle.

11 arriva cette année dans Anvers une chose qui eut quelque suite, et qui exerça les esprits de part et d'autre. Le Père Guillaume de Landsheere1, jésuite, ayant assemblé le peuple sur le soir dans l'église de leur maison professe, fft un discours d'une demi heure à qui il donna le nom de collation, à cause de la circonstance du temps.

Il commença par une censure fort aigre de la conduite de l'Empereur Charles V, l'accusant de ce que le Turc étant sur 1(3 point de fondre sur l'Allemagne avec une armée très

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