‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 4 sur 524 · INTRODUCTION IX · texte numérisé non relu

INTRODUCTION IX

lontiers « sur les choses qui regardaient la conscience et la morale. »

Laborieux au suprême degré, Hermant a laissé de nombreux travaux dont Baillet donne la nomenclature très exacte. Chose curieuse, après avoir énuméré les vingtquatre ouvrages, anonymes ou non, qui parurent du vivant de son héros, le savant biographe fait mention de ses « ouvrages non imprimés. » Il cite jusqu'à ses moindres opuscules, jusqu'à ses lettres, et il ne dit absolument rien des cinq énormes in-folio dont les autographes sont à la Bibliothèque nationale. Cette omission est volontaire, et elle témoigne des appréhensions que Ton avait, au commencement du xvne siècle (Baillet mourut en 1706), relativement à ces précieux manuscrits. En signaler l'existence, c'était les exposer à une destruction certaine; les Jésuites et la police de Louis XIV, qui était toute à leur discrétion, n'auraient pas manqué de faire saisir et de brûler une histoire si sévère pour eux. Aussi cacha-t-on soigneusement les Mémoires de Godefroi Hermant, comme l'on cachait alors X Histoire de Port-Royal, de Racine, et les importants Mémoires de Lancelot, de Du Fossé, de Fontaine et de bien d'autres. Ces derniers sortirent de l'obscurité après 1730, parce qu'on put les imprimer à l'étranger; les Mémoires d'Hermant furent conservés avec un soin jaloux dans les bibliothèques particulières, puis dans la riche bibliothèque des Bénédictins de Saint-Germain-des-Prés où se dissimulaient alors, attendant des jours meilleurs, le manuscrit autographe des Pensées de Pascal et une infinité de documents relatifs à l'histoire de Port-Royal. C'est de là que la Révolution l'a fait passer, avec tout le fonds Saint-Germain, sur les rayons de la Bibliothèque nationale.

Ainsi, durant tout le xviue siècle, les Mémoires de Godefroi Hermant n'ont pas été connus du public; et pourtant les amis du savant chanoine considéraient cette histoire ecclésiastique comme une œuvre de haute valeur. Au lendemain même de la mort d'Hermant, peut-être auparavant, il s'en était fait plusieurs copies, et quelques-unes d'entre elles portent les traces d'une revision très attentive en vue d'une publication plus ou moins prochaine. Quelques fragments de ces copies se trouvent aujourd'hui à la bibliothèque de la Sorbonne, à l'Arsenal où à la bibliothèque

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