‹ Mémoires de Godefroi Hermant sur l'histoire ecclésiastique du XVIIe siècleChapitre 71 sur 524 · LIVRE · texte numérisé non relu

LIVRE

capucin, auprès du premier ministre ; mais peu de personnes savent l'animosité particulière qu'il nourrissait dans le cœur contre M. de Saint-Cyran. Ce religieux n'avait jamais rien eu de plus à cœur que la conduite des religieuses du Calvaire, comme ayant contribué autant et plus que personne à l'établissement de cet ordre avec feu Mme d'Orléans, mère de défunt M. le duc de Retz1 ; et comme il avait alors, et encore fort longtemps depuis, une estime toute particulière pour M. de Saint-Cyran, dont M. d'Andilly, leur ami commun, est un fidèle et irréprochable témoin, l'un des trois supérieurs de ce monastère étant mort, il fit en présence du même M. d'Andilly et dans son cabinet toutes les instances imaginables à M. de Saint-Cyran de vouloir accepter cette charge. M. de Saint-Cyran s'en excusa sur ce que sa vie était une vie d'étude et de retraite, mais il lui promit qu'il ne laisserait pas d'assister de tout son pouvoir ces bonnes religieuses.

Quelque temps après, le P. Joseph fit un assez long voyage en Espagne, durant lequel, par une chanté toute extraordinaire. M. de Saint-Cyran ne se contentant pas d'aller voir ces filles qui n'avaient alors que leur maison proche de Luxembourg, les prêcha souvent, sans ostentation et sans vanité, les surprenant lorsqu'il leur voulait rendre ce service, afin de ne leur parler qu'en la seule vue de Dieu, sans se considérer soi-même, et sans chercher une foule d'auditeurs.

Le P. Joseph étant de retour d'Espagne, trouva ces saintes filles si satisfaites de cet abbé, et particulièrement la Mère Gabrielle, leur supérieure, qui était une excellente religieuse, que cela lui faisant peine par la jalousie dont il n'était pas plus exempt que M. de Langres, il dit à M; d'Andilly, dans le monastère des capucins du faubourg Saint- Honoré, qu'il avait trouvé ces filles dans une telle estime de M. de Saint-Cyran, qu'elles ne juraient que par lui, ou quelque chose d'équivalent, si ce ne sont pas ses propres termes. M. d'Andilly ayant jugé par là que cela l'avait fâché, il lui demanda s'il voulait bien qu'il en parlât à M. de Saint-Cyran, ce qui se fit avec l'agrément de ce Père, et dans cet éclaircissement M. de Saint-Cyran lui dit : « Vous

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