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qu'à m'babiller d'une manière si grotesque," que mon costume pouvait passer pour un déguisement; je dis la bizarrerie;, car sil"incognito^ peut être utile et agréable pour des personnages illustres, il ne saurait être, pour un jeune homme insignifiant, que la satisfaction d'un caprice; au reste, le but de cet ouvrage n'est pas d'apprécier mes actions, mais de les raconter telles que je les ai commises. Nous nous mimes en route par un très-beau temps. Après avoir côtoyé le Rhin jusqu'à Drusenheim, nous primes un sentier qui, à travers de belles prairies, nous conduisit à Sesenheim. Laissant nos chevaux à l'auberge du village, !• DUS nous rendîmes à pied au presbytère, qui avait toute 1 apparence d'une habitation que les années et le défaut ( e soins ont fait arriver à cet état où le propriétaire est ( bligé de se demander s'il faut réparer ou démolir. Le pasteur, petit homme doux et très-atfable était seul chez lui ; à peine \Yeyland lui eut-il adressé quelques paroles, qu'il. sortit pour aller chercher la mère et les jeunes tilles. Mon nouvel hôte me parla aussitôt du mauvais état de sa demeure, que depuis plusieurs années on devait faire rebâtir. Les décisions étaient prises, les fonds étaient prêts et l'exécution n'était retardée que par le mauvais vouloir d'un chef de l'administration, en un mot il me parla de tout ce qui pouvait l'intéresser, comme si nous eussions été d'anciennes connaissances. Mon ami ne tarda pas à revenir avec la mère; elle m'examina avec beaucoup d'attention, de mon côté, je m'aperçus qu'elle devait avoir été fort belle et qu'elle avait une tournure distinguée, La fille ainée accourut presque aussitôt hors d'haleine et demanda si on n'avait pas vu Frédérique, et comme oc lui répondit négativement, elle repartit aussitôt. On servit des rafraîchissements ; les deux époux et Weyland parlèrent de leurs amis communs, ce qui me donna une juste idée du cercle dans lequel je venais d'être introduit. L;i fille ainée revint fort inquiète de n'avoir pu retrouver s;: sœur, et tout le monde se mit à blAmer ses mauvaises hu-
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bitudes; le père seul l'excusa en déclarant qu'^I fallait la laisser tranquille et qu'elle ne tarderait pas à revenir. A peine avfiit-il achevé ces mots qu'elle parut sur le seuil de la porte. C'était une charmante étoile qui venait de se lever sur ce ciel champêtre. Les deux jeunes {lUés portaient le costume allemand, composé d'un jupon blanc fort court et orné d'une garniture, d'un corset blanc et d'un tablier de taffetas noir; tout cela semblait avoir été inventé exprès pour faire ressortir la beauté du pied et de la taille de l">édéiique. Sa démarche aérienne faisait croire que toute sa personne n'était qu'un nuage, le poids de ses énormes tresses blondes, paraissait trop lourd pour sa tète et son cou mignon; ses grands yeux bleus regardaient gaiement tout ce qui se trouvait à leu.r portée, et son petit nez retroussé humait l'air avec l'insouciante conviction qu'il ne pouvait y avoir en ce monde, de sujets de chagrin pour elle. Elle avait ôté son chapeau de paille pour le suspendre à son bras, ce qui me permit d'apprécier au premier coup d'œil, tout ce qu'il y avait de sédaisant dans sa personne. La famille entière ne tarda pas à m'intéresser au point que j'eus honte de mon déguisement pris dans l'intention de la mystifier. Les papiers de musique déposés sur le clavecin et que je parcourais des yeux, fournirent à la charmante Fréderique, l'occasion d'engager une conversation avec moi. Son père nous interrompit pour l'engager à jouer un morceau en mon honneur, ce qu'elle fit non sans habileté. Bientôt iidée que je me trouvais dans la famille du Vicaire de Wa/cefield, s'empara de mon imagination. Le père, il est vrai, ne pouvait être comparé à Primerose, mais où trouver en ce monde la réalisation de ce type? Une partie de la dignité de ce personnage se trouvait là, dans la mère, qu'on ne pouvait ni regarder ni écouter sans la vént-rer. Si la fille ainée que je nommerai Olivia, n'avait pas la beauté tant vaiïtée de la fille aînée de Primerose, elle était active, animée et presque passionnée. Pour ma chère Fréderique,