‹ Mémoires de GoetheChapitre 152 sur 189 · LIVRE XVI. S · texte numérisé non relu

LIVRE XVI. S

tous côtés ; en les refusant, je me donnai la réputation d'un ours, ou du moins du Huron de Voltaire ou de quelque autre enfant de la nature, ce qui augmenta la curiosité au point, que de tous côtés on entama des négociations pour parvenir à me voir. Un soir un de mes amis me pria de le suivre chez un négociant calviniste qui donnait un joli concert. Tout ce qui n'était pas préparé avait tant d'attrait pour moi, que je partis à l'instant avec lui. Nous entrâmes dans une grande salle durez-de-chaussée où il y, avait nombreuse compagnie. La tille de la maison exécutaitune sonate sur le clavecin ; son jeu était facile et agréable, et ses allures avaient une grâce enfantine tout à fait charmante. Pendant le quatuor qui succéda à la sonate, la jeune fdle s'approcha de moi ; nous n'échangeâmes que des paroles de politesse; mais nos regards s'étaient rencontrés et je me sentis délicieusement attiré vers cette belle enfant. Au moment de me retirer, sa mère me dit qu'elle espérait me revoir le plus tôt possible, ce qui me causa le plus grand plaisir. Je retournai dans cette maison après le délai prescrit par les convenances, j'y revins souvent et j'eus enfin avec Lili, c'était le nom de la jeune personne, des entretiens aussi sensés qu'agréables, mais qui étaient loin de faire pressentir de tendres relations.

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