‹ Mémoires de GoetheChapitre 153 sur 189 · LIVRE XVIÎ · texte numérisé non relu

LIVRE XVIÎ

SOHMAIRE.

Lfîl. — Origine de quelques-unes de mes poésies. — Le théâtre d*

Francfort. — Les talents de Lili. — Comment j'emploie mon temps. — Anniversaire de la naissance de Lili. — Nos amours. — Intervention d'un ami pour faciliter notre mariage. — Mes parents y con« sentent malgré leur peu de sympathie pour Lili. — Situation politique de l'Europe. — La noblesse. — Les religions.

Lili ne tarda pas à me parler des plaisirs au milieu desquels s'écoulait sa vie, et des avantages sociaux dont elle jouissait ; elle me dépeignit ses frères, ses parents et ses plus intimes connaissances ; sur sa mère seule, elle garda un silence religieux. Elle m'avoua même certaines petites faiblesses de cœur, qui la forcèrent à convenir qu'il y avait quelque chose en elle qui attirait, que j'avais ressenti l'influence de ce don, et que je l'en avais punie en l'attirant à mon tour. Tout cela était dit avec tant de naïveté et de candeur, qu'elle s'appropria complètement toute mon individualité. Bientôt nous ne pouvions plus vivre l'un sans l'autre. Ses habitudes cependant étaient si opposées aux miciincs, que je me sentais presque aussi malheureux près d'elle que loin d'elle; état pénible que j'ai dépeint dans ces deux petits poëmes :

« Mon cœur ! ô mon cœur, que veux-tu donc? Qu'est-ce (' qui t'oppresse ainsi? Dans cette vie nouvelle, je ne te X reconnais plus ! Tes anciennes affections;, tes chagrins « d'autrefois, ton amour du travail et ton repos, tout s'est -j évanoui ! Comment, hélas ! cela a-t-il pu se faire? Fes-

tu laissé captiver par cette taille gracieuse qu'embellis- <r sent les fleurs de la jeunesse ? par ce regard si doux qui

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