LIVRE XVIIL
SOMMAIRE
^;tat do la littérature. — Les comtes de Stolberg viennent me voir. Le sang des tyrans. — Un trait du caractère de ma mère. — Je pars avec les comtes de Stolberg pour visiter la Suisse. — Caractère de ces messieurs. — Séjour à Karlsruhe. — Klopstock. — Son opinion sur Faust, dont je lui soumets les principales scènes. — Le duc de Weimar et sa fiancée. — Je quitte mes compagnons de voyage poui aller voir ma sœur. — Dans quelle situation d'esprit je la trouve.
— Sa conviction que mon mariage avec Lili ferait notre malheur à tous deux. — Je quitte ma sœur le cœur navré et je rejoins mes compagnons de voyage à Zurich. — Lavater, sa position et sa famille. — Visite chez Bodmer, le Nestor de la littérature allemande.
— Je retrouve un ancien ami avec lequel je fais une excursion dans les cantons voisins. — Le mont Rigi. — Le lac des Waldstœdtes. — Souvenirs de Guillaume Tell et de son époque. — Le trou d'Urseren.
— Vallée d'Urseren.
Je dois parler ici d'une circonstance dont l'influence ne 6'est pas seulement fait sentir dans la littérature allemande, de cette époque, mais dont elle se ressent encore et qui ne s'efî'acera pas de sitôt. Depuis les temps les plus reculés, les Allemands avaient contracté l'habitude de la rime; si quelque poëte joignait à la rime et à la mesure des images et des pensées, les éloges ne lui manquaient pas; en un mot, la rime était la conclusion définitive de la proposition finale de la poésie. Klopstock en secoua le premier les chaînes ; tout le monde sait qu'il le fit en homme de gé nie. N'osant se lancer après lui sur la route incertaine de» vers non rimes, on eut recours à la prose poétique, tandis que les ïambes à cinq pieds, que nous avions imités des Anglais, ravalèrent la poésie à la simplicité de la prose Le public, en général, ne voulant renoncer ni à la rime n» au rhythme, continuait à encourager les poètes qui en ob-