‹ Mémoires de GoetheChapitre 77 sur 189 · LIVRE MIL · texte numérisé non relu

LIVRE MIL

L'Académie des beaux-arts de Leipzig. —Son directeur. — Excursloû A Dresde. — Mon séjour chez un cordonnier de cette ville. — La galerie des tableaux de Dresde. — Mon retour à Leipzig. — Mes relations avec quelques personnes remarquables de celte ville. — Mort de Winokelmann. — Un violent crachement de sang me force à retournera la maison paternelle. — J'y arrive malade et sans avoir rien fait pour atteindre lebut que mon père m'avait posé. — Désappointement de ma famille. — Ma sœur me console. — Ma santé reste faible et chancelante. — Ma mère obtient de son médecin un sel qu'il prépare et qui me guérit. — Dans l'espoir d'arriver à préparer ce sel merveilleux, je me livre, avec une amie de ma mère, à la chimie cabalistique. — Mes idées religieuses.

J'avais été avec quelques gentilshommes prendre des leçons de dessin chez M. Oeser^ directeur de l'Académie des beaux-artSj à Leipzig. Ses amis l'accusaient tout bas (Je n'avoir pu arriver à la perfection de l'art technique, parce qu'il n'avait pas assez travaillé dans sa jeunesse, Quant à moi^ je trouvais qu'il ne manquait ni d"invention^ ni d'application. Au reste, son individualité m'attirait et son logement avait pour moi un attrait irrésistible. L'Académie était placée dans un vieux château, appelé Pleisenl)oin'g; on y montait par un escalier tournant, au bout duquel on trouvait à sa droite, les salles de dessin très-bien éclairées. Pour arriver chez le directeur, il fallait traverser un long et sombre corridor, à l'extrémité duquel il y avait une espèce d'antichambre décorée de tableaux faits par des maîtres italiens; de là on passait dans le cabinet particulier dOeser, qui contenait le peu de livres et d'objets d'ii'.etoire naturelle auxquels il prenait quelque intérêt.

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