François de Vendôme, duc de Beaufort
3. Françoise de Lorraine, fille d'Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, morte le 8 septembre 1669.
4. Louis de Vendôme, duc de Mercœur, cardinal après la mort de sa femme, Laure Mancini , nièce du cardinal Mazarin, mort le 6 août 1669.
(. Élizabeth de Vendôme, plus tard femme de Charles- Amédée de Savoie, duc de Nemours, morte le 19 mai 1664.
156 MÉMOIRES DE CaMPION.
S. M., par laquelle elle lui mandoit qu'elle avoit été avertie que le grand-écuyer ravoît voulu embarquer dans ses mauvais desseins, et qu'il avoit renisé d'y entrer, dont elle lui savoit bon gré , quoiqu'il eût fait la faute de ne pas lui donner avis de cette proposition; que cependant elle l'oublieroit, pourvu qu'il la vînt trouver aussi-tôt, pour lui rendre compte de ce qu'il savoit de cette affaire.
Le duc étoit à la chasse lorsque Névilli arriva. On le fut avertir aussi-tôt du sujet de sa venue , qui le fit résoudre à faire le malade, pour avoir le temps de songer comme il se conduiroit en cette occasion. Il dit en revenant qu'il avoit la fièvre, et le lendemain on lui frotta le visage et tout le corps d'une certaine eau qui lui fit paroître par-tout des marques de rougeole. Après s'être tait voir en cet état à Néviili, il écrivit au Roi qu'il ne savoit rien des affaires du grandécuyer, ayant toujours été son ennemi, et que sans sa maladie il ne manqueroit pas d'aller trouver S. M. Peu après, Névilli apporta un commandement plus exprès au duc de Beaufort d'aller à la cour s'il ne vouloit qu'on le crût criminel. Il étoit toujours au lit pendant le jour, à cause de sa feinte maladie. Le soir, la duchesse sa mère, le duc de Mercœur et la princesse sa sœur se trouvèrent dans sa chambre , où ils firent venir un prêtre de l'Oratoire, leur confident et très-habile nomme , nommé le Père la Boulet en septembre 1643 ''P^^ rarrestation du duc de Beau- *on. Avis de ce qui se disait et faisait à A net et touchant lampion.
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laye ', le sieur de Vaumorin^, qui avoit la confiance du duc de Vendôme , et négocioit toutes ses affaires en France, allant et venant d'Angleterre chaque fois qu'il le falloit, et moi, en qui le duc de Beaufort se fioit déjà entièrement, afin de résoudre tous ensemble ce qu'il étoit à propos de faire pour le sortir de cet embarras. Passionnément amoureux de la duchesse de Montbazon î, il ne pouvoit se résoudre à quitter la France pour se mettre en sûreté. Il nous dit, qu'après avoir fait quelque temps le malade, il pourroit , changeant souvent de lieu , obtenir par ses amis que le Roi le laissât en repos, ou attendre que les circonstances devinssent différentes. La duchesse sa mère et le duc de Mercœur, qui craignoient que cette affaire n'achevât de perare leur maison , étoient d'avis qu'il allât à la cour, ou se retirât en Angleterre auprès du duc de Vendôme ; mais le Père la Boulaye , mon frère, qui étoit arrivé pendant notre conférence , Vaumorin et moi, nous étant trouvés tous de la même opinion , nous dîmes que , puisque le Roi avoit commandé deux fois au duc de l'aller trouver, il étoit obligé d'obéir ou de quitter le royaume, ne pouvant éviter l'un de ces deux
1 . On verra plus loin qu'il étoit prieur de Vendôme. Or le collège de cette ville avoit été donné par César, duc de Vendôme, en 1 620, aux Oratoriens avec de grande avantages. Il est probable que le P. la Boulaye y avoit été placé par le prince, son protecteur et le bienfaiteur de son ordre.
2. Gentilhomme du duc de Vendôme. Il avoit un frère, nommé Hurlière, qui étoit au comte de Brion , plus tard duc de Dainville.
3 . Marie de Bretagne, seconde femme d'Hercule de Rohan, duc de Montbazon, mort le 28 avril 1657;.
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contre le comte d'Essex , général du parlement , dans laquelle ayant eu beaucoup d'avantages, quoiqu'il ne la gagnât pas entièrement, il contraignit ses ennemis de se retirer à Londres , et s'en approcha si près qu'il mit la ville en grande épouvante. Cela ne nous empêchoit pas d'y passer la vie avec beaucoup de douceur. Je gagnai beaucoup d'argent au jeu , et me mis en si bon état que quand le duc de Beaufort parla de me bailler pension , je lui dis que lorsqu'il auroit établi sa fortune, j'espérois qu'il songeroit à la mienne , et que jusques-là je ne lui demanderois rien.
Pendant les désordres des Anglois , qui ont à la fin changé la forme de l'État, après que par une cruauté sans exemple , ils ont fait couper la tête à leur Roi • , nous eûmes avis que le cardinal de Richelieu étoit malade , et peu de temps après qu'il étoit mort^ au comble de la fortune et ae la gloire.
En apprenant cette nouvelle, qui donna aux exilés la joie que l'on peut penser, le duc de Beaufort reçut une lettre de la Reine, près de laquelle il étoit alors tout-à-fait bien , et qui le prioit de repasser en France. Cela nous fit partir en poste la même nuit , les mêmes que nous étions venus avec le Duc. Nous nous rembarquâmes à Rie, et fûmes mettre pié à terre à Saint-Valeri en Caiix 3. Nous y achetâmes des chevaux sans nous faire connoître, ayant appris en arrivant