Le drapeau blanc étoit celui delà compagnie colonelle
2. «Ces expressions dérivent de la manière dont les troupes étoient alors armées. Les mousquets, auxquels on a substitué le fusil, ne tiroient qu'à Taidc d'une mèche semblable à celle dont on se sert aujourd'huy pour le canon, et comme la giberne et les cartouches n'etoient pas encore inventées, les soldats avoient une bandoulière à laquelle pendoient des étuis de bois, contenant chacun une charge de poudre. Quant aux balles, ils les portoîent dan$ leur poche, et lorsqu'il s'agissoitde combattre, ils en mettoient a-la-fois plusieurs dans leur bouche , afin de charger et de tirer plus vite. » (Note du général de Grimoard.)
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jours, et dès que le maréchal de la Force sut aotre position, il rassembla diligemment ses troupes, marcha à Epinal, y arriva le lendemain du jour où nous nous y étions retirés, et nous combla d'éloges, disant que nous avions sauvé l'armée par notre généreuse résistance, dont il instruisit le Roi, qui s'exprima toujours depuis de la manière la plus honorable en pariant du régiment de Normandie, qu'il parut dans la suite aimer davantage que les autres vieux corps *. Le duc de Lorraine, voyant notre armée rassemblée, ne jugea plus possible d'attaauer aucune place, et se borna à camper si proche de nous, ou'on ne pouvoit aller au fourrage à plus d'une demilieue d'Epinal. Le maréchal, qui s'y trouvoit trop resserré, n'y resta que quelques jours, et après avoir tait payer une montre^ au'il étoit allé cnercher à Chatel 3 sur la Moselle, avec toute son armée, à l'exception des troupes qu'il crut nécessaires pour garder Epînal, il résolut de s'approcher de Nanci, pour avoir plus facilement des vivres et du fourrage, et rendre plus aisée la
1. <r Aux époques où l'armée permanente étoit peu nombreuse, on appeloit vieux rigimens ceux qui restoient sur pié en temps de paix. Il paroit qu'il y en eut d'abord six, et ensuite douze. Les premiers continuèrent à s'appeler les vieux et les six autres les petits vieux. On désignoit par la qualification de nouveaux rigimens , ceux qu'on levoit au commencement de chaque guerre. » (Note du général de Grimoard.)
2. On appeloit W/ifre la solde due aux troupes d'une re- Toe à l'autre. (Note du général de Grimoard.)
|. châtel-sur-Moselle ou Chité, chef-lieu d'un bailliage en Lorraine; place forte démamelée au xTiie siècle parle maréchal de Créauy; aujourd'hui chef-lieu de canton dans l'arrondissement d'Epinal, département des Vosges.
52 MÉMOIRES DE CaMPION.
jonction des renforts qu'il attendoit de France.' Il marcha donc vers Lunéville, en si bon ordre que les ennemis ne songèrent pas à l'attaquer; mais , ayant détaché cinq cents hommes de son avant-garde pour aller se saisir d'un château près duquel il vouloit camper, Jean de Werth^ qui commandoit un corps considérable de l'armée ennemie, informé de la destination de ce détachement, le surprit dans sa marche avec deux mille chevaux. Les François eurent néanmoins le temps de se barricader dans un village qui se trouva sur leur chemin , et où Jean de Werth les fit investir par quelqu'infanterie qu'il avoit menée avec lui, soutenue d'une partie de sa cavalerie qui mit pié à terre. Le poste fut forcé, les soldats taillés en pièces, mais les officiers épargnés et faits prisonniers. La Vergne , commandant du détachement^ et capitaine au régiment de Navarre *, étoit de ce nombre. Nous passâmes le lendemain près de ce village, où nous vimes les cadavres entassés les uns sur les autres, dans l'espace étroit où ils s'étoient retranchés et défendus en gens de cœur.
Nous allâmes camper à Lunéville, d'où le duc de Lorraine s'approcha lui-même, afin de continuer à nous resserrer, mais sans oser nous attaquer à cause de l'avantage de notre position; et ann de ne pas perdre tout-à-fait son temps, il alla s'emparer de Ramberviller *, petite ville à
1. 11 étoit encore capitaine en 1639. Il fut blessé et fait prisonnier au sié^e de. Thionville en 164^.