‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle édChapitre 122 sur 150 · La duchesse d'Aiguillon · texte numérisé non relu

La duchesse d'Aiguillon

2. «Madame de Chevreuse Tavoit donné à la Reine pour servir à elle et à la maison de Vendôme. » {Lettre du P. Carré. )

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de cent mille écus. Madame de Chevreuse, om est lÂîn avec eUe , me contimie la coiifiaiice qo^de

a toujours témoigné avoir en mm. Je suis Ua traité de M. le cardinal Mazarin. qm i^ypareoH ment sera le ministre; toutcequ^yaiaaegess de qualité recberdient inon commerce et mon amitié. Enfin je suis dans les diverti s seme nts des fhsis considérables persomies de la Cour, etl semble que je suis en état d'accorder le plakant et l'utile. Avec tout cela, j'ai peur d'un revers. J'ai des amis < qui n'ont pas toute la prodonce quiseroitàdé^rer: ils seront im honneur à leur mode, et donnent. des habits si extraordinaiits à la vertu qu'elle me semble toute dégidsée ; de sorte qu'encore qu'ils ayent toutes les bonnes qualités essentielles, ils s'en servent si mal que 1'^ plaudissement qu'ils se sont attiré ne servira peut-être qu'à leur destruction. Cependant nous sommes plusieurs qui les conseillons; la plupart partageront leur bonne fortune s'ils réussissent, et, quoique leurs conseils soient suivis plus souvent , ils sauront si bien se ménager qu'ils ne seront point enveloppés dans leurs disgrâces s'il leur en arrive. Nous sommes deux ou trois menacés du contraire, car, s'ils sont heureux, nous les contredisons trop souvent pour être les premiers dans leur esprit; et, s'ils sont malheureux, comme nous sommes incapables de biaiser, tout le monde tombera sur nous , et pourra nous accabler. Ils ont pour but de pousser deux hommes dans le ministère , dont l'un est homme de bien, mais il a l'esprit si fort incapable des grandes

K La cabale des Importans.

d'Alex, de Campion. ^87

affaires qu'il n'y sera pas sitôt employé qu'il ne se rende riaicule , aussi bien que ceux qui l'y auront mis ■ ; et l'autre est fort capable , mais il a plusieurs partis formés contre qui lui donnent à dos à nos amis, et, s'il arrivoit, nonobstant cela, qu'on pût l'établir, je ne sais si son premier soin ne seroitpasde diminuer les prétentions de ses bientuteurs >. Quoi qu'il en soit, jusqu'ici je n'ai aue des espérances , et je fais de la dépense solide , qui n'accommodera pas mes affaires si la Cour ne Êdsoit rien pour moi; et, comme j'ai été assez malheureux jusqu'ici, je n'oserois me rien promettre de bon, vu cent circonstances que je vous dirois plus librement que je ne les puis écrire. Comme vous avez l'esprit tout à fait éclairé , je soufaaiterois que vous nissiez en lieu où vous me pussiez donner quelquefois vos avis. De peur des changemens, je hâte le plus que je puis mon traité avec madame d'Aiguillon î. M. du Vigean4 m'a promis de sa part douze mille francs , et un prieuré de deux mille livres de rente pour un de mes enfents. Comme elle n'accorde cefa qu'à Tétat où elle me voit à la Cour, si je n'y étois plus bien je la connois d'humeur à se dédire de tout et à se moquer de moi. C'est ce que vous peut mander votre.

A Paris, ce 12 juin 1643.

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