François de Vendôme, duc de Beaufort
}. Françoise de Lorraine, fille d'Emmanuel de Lorraine, duc de Mercœur, morte le 8 septembre 1669.
4. Louis de Vendôme,'duc de Mercœur, cardinal après la mort de sa femme, Laure Mancini , nièce du cardinal Mazarin, mort le 6 août 1669.
5. Élizabeth de Vendôme, plus tard femme de Charles- Amédée de Savoie, duc de Nemours, morte le 19 mai 1664.
154 MÉMOIRES DE CaMPION.
voulu faire assassiner par des hermites'. Nous fûmes très-bien reçus à Vendôme. Le duc de Beaufort témoigna une grande passion que je m'attachasse à lui, de sorte (ju'en le quittant avec mon frère, je lui pronus de le revenii trouver, sitôt qu'il auroit fait agréer au duc sot père, ne faisant en ce temps4à nulle chose sa» sa permission, que je suivisse sa fortune, cequ fut approuvé ; de sorte que je retournai peu après à Vendôme, où il me reçut avec de grande marques de joie, et vécut en ce temps-là, ei toujours depuis, avec moi d'une façon tout4fait obligeante, et avec plus de civâité quête Princes n'en ont d'ordinaire pour les gentilshommes (}ui se sont donnés à eux; de manièn que je pns dès-lors un zèle et une affection poui lui que nuls mauvais traitements ne m'ont pi faire perdre.
Nous passâmes deux mois à Vendôme à chas ser et à nous divertir avec les dames, au bou
I. C'était en 1641. Un certain Guillaume Poirier, hermii aux faubourgs de Vendôme , fut enfermé au Grand-Châtel( de Paris sous une accusation de crimes divers avec un autr hermite, nommé Louis Allais. Interrogé par le lieutenai criminel , il déclara que le duc de Vendôme lui avoit propose dix-huit mois auparavant , d'assassiner le cardinal de Rich( lieu; et il dénonça un troisième complice, hermite égalemen mais dans les environs de Gisors. Le duc, qui étoit dans so château d'Anet , fût mandé à la cour. Au lieu de se rendi à l'appel du roi > il se réfugia en Angleterre. Son procès li fut fait alors, et le 16 mai, le roi, sollicité par le cardia de lui accorder son pardon , résolut « de retenir à sa pet sonne la connoissance du procès criminel contre M. de Ver dôme et de suspendre le jugement définitif; » ajoutant « selon qu'il se conduira à mon égard , j'en userai de mên envers lui , étant content de lui pardonner en cas que ses a< tiens le méritent. »
Année 1642. 155
desquels le marquis de Cinq-Mars, grand-écuyer de France, ayant été arrêté avec le sieur de Thou» à Narbonne, où étoit la cour après la prise de Perpiçian^, à cause que Pon avoit découvert un traité que les ducs d'Orléans, de Bouillon et lui avoient fait avec le roi d'Espagne , pour, avec son assistance, faire la guerre en France jusqu'à ce Qu'ils eussent contraint le Roi d'éloigner le carainal de Richelieu de sa personne et de ses affaires, et de faire la paix avec le roi Catholique, en lui rendant tout ce Qu'il avoit conquis sur lui , depuis la déclaration ae guerre en 1035. ^^ P"^^ ^^ grand-écuyer fit peur à tous ceux qui avoient été dans ses intérêts. Leduc de Beaufort n'étoit pas du nombre ; mais comme il s'étoit engagé envers le duc d'Orléans , son oncle , qu'en cas qu'il entreprît quelque chose contre le cardinal , il l'aideroit de sa personne, de ses amis et de ses serviteurs, il eut peur que le cardinal, ennemi déclaré de la maison de Vendôme, ne cherchât les moyens de le faire passer pour participant de ce dernier traité , afin de trouver occasion de le perdre. Néanmoins il ne témoigna rien de sa crainte et se divertit comme à l'ordinaire, jusqu'à ce que, peu de temps après , un gentilhomme de la maison du Roi, apppelé Névuli^, lui apporta une lettre de
1 . François- Auguste de Thou, conseiller au parlement de Paris.