‹ Mémoires de Henri de Campion, nouvelle édChapitre 94 sur 150 · LETTRE XLVI · texte numérisé non relu

LETTRE XLVI

Comme Sa Majesté avoit dit à M. Le Roy, votre secrétaire, qu'il s'étonnoit que vous eussiez commerce avec ses ennemis , le Père de Gondy et moi, qui avions vu par votre ordre les instructions que vous lui aviez envoyées, lu trouvâmes tout à fett bien ; mais nous (ugeàmes

d'Alex, de Campion. 347

qu'elles seroient assez inutiles, et que Sa Majesté ne lui répondroit que ce qu'il lui avoit dit la première fois, sans écouter vos justifications. Nous étions même persuadés que je n'en recevrons pas un plus favorable traitement en lui portant votre lettre de créance sur moi ; mais il en est arrivé tout autrement, car, l'ayant suivi dans son cabinet après son souper, je lui ai présenté votre lettre, qu'il a lue, et il m'a écouté favorablement. Il m'a dit seulement que, M. de Bullion' ayant dit à madame la comtesse le soupçon qu'on avoit de vous, il avoit eu raison de s'étonner de n'avoir point eu de vos nouvelles. Sur quoi je l'ai assuré que c'étoit une supposition, que M. de Bullionn'en avoit jamais parlé à madame votre mère ; et là-dessus je lui ai dit que ces mauvais rapports qu'on lui faisoit venoient de vos ennemis et des siens , qui ne pouvoient souffrir que vous fussiez bien avec lui , et j'ai poussé l'affaire si loin que je lui ai dit ce qui m'est venu en fantaisie contre M. le Cardinal , sans le nommer, et lui ai spécifié toutes les adresses dont il se servoit pour lui donner soupçon de ses vrais serviteurs. Et sur les intelligences qu'on lui avoit dit aue vous ménagez en Angleterre comme en Flanare , je pense lui avoir fait voir clairement que c'étoient des faussetés supposées pour vous ruiner dans son esprit , lui disant pour conclusion que, si j'alléguois quelque chose à faux, je demandois que ma tète en répondît. Enfin , sans qu'il entra des créatures de M. le Cardinal, je crois que celaauroit continué

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