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•er , sans délai , pour vingt millions de billets à notre ambassadeur, et si yoqs n^obtenez point le succès que
j'espère de votre entreprise, ces ellets retourneront en franco»
-7 Je réponds qnlls n^ reviendront pas , si Ton
veut se contenter d'un prix honnête.
On va faire la paix , c'est sûr , ainsi il ne faut vous en défaire qu^à très-peu de perte. Mais sur ce point, vous vous entendrez avec Fambassadeur , qui aura toutes les instructions nécessaires*
Je me trouvai si flatté de cette commission , que je passai la nuit Manche à y réfléchir* Je me rendis aux Invalides, et M. de Ghoiseul, fameux pour aller vite en besogne , n eut pas plus tôt lu le billet de M* de Boulogne , qu'il s'entretint avec moi quelques minutes sur ce sujet , et puis me fit faire une lettre pour M. d'Affri qu'il lut et signa sans me la lire , et dès qu elle fut cachetée , il me la remit et me souhaita un bon voyage.
Je me hâtai de prendre un passeport de H. de Berkenrode, et le même jour je pris congé de madame Balletti et de tous mes amis, excepté de madame d'Urfé avec laquelle je devais passer toute la journée suivante, et j'autorisai mon fidèle commis à signer tous les billets de mon bureau*
Il y avait un mob environ qu'une très-jolie et trèshonnéte fille , native de Bruxelles , s*était mariée sous mes .auspices à un Italien nommé Gaëtan qui faisait le métier de brocanteur. Ce brutal, jaloux, la maltraitait sans rime ni raison , et de là des plaintes que la charmante malheureuse venait me porter à tout bout de
champ. Je les avais raccommodés plusieurs fois, et j étais comme leur médiatear. Us vinrent me demander à dîner le jour même où je faisais mes préparatifs de départ pour la Hollande. Mon frère et Tiretta étaient ayec moi , et comme je Tivais encore en garni , je les menai tous dinerdiez Landel, où Ton faisait excellente chère. Tîretta avait son équipage ; il ruinait son ex- • janséaiste, qui était toujou|rs éperdument amoureuse de lui.
Pendant le dîner, Tiretta, beau garçon, très-gai et aimant passionnément la plaisanterie , se mit à coqueter la belle flamande, qu'il voyait poor la première fois* La bonne petite , entendant pas malice , en était tout aise , et nous aurions ri et tout serait allé à merveiDe, si le mari avait été raisonnable et poU; mais jaloux toi|ime un tigre , le malbeareui suait de rage. Il ne mangeait pas , changeait de couleur dix fois par minute et lançait à sa pauvre femme des œillades foudroyantes qui dénotaient • qu'il n*entendak point raillerie. Pour ajouter le comble à son malheur, Tiretta le plaisantait , et moi , prévoyant des scènes désagréables, je tâdbiais de modérer sa gait^ et ses saillies , mais en vain. Une huître tombe sur la belle gorge de madame Gaétan , et Tiretta , alerte et adroit , se trouvant auprèsd'elle , Tenléve avec ses lèvres aussi vite qu'un éclair. Gaétan, furieux, se lève et applique à sa femme un si vigoureux soufïlct que sa main , de la joue de sa moitié , passa sur celle de son voisin. Tiretta, furieux à son tour, se lève, prend le jaloux par le milieu du corps , et le couche par terre. Gaétan ,
n'ayant point dWme , te défendait à coups de pied et à eoups de poiogi non» le laisaient ùâre, pai^ qa^ ne pooYait nous atteindre. Le garçon étant aarrenu, pour en finir, nous mîmes le brutal à la porte.
Sa pauTre femme , tout en pleurs et saignant aa nés ainai que Tiretta, me êii|iplîa de la mener quelque part , car elle craignait pour sa vie si elle retournait ayec son époux* Laissant Tiretta avec mon frère , je montai dans un fiacre avec elle , et m ayant prié de la conduire chei un vieux prorareur , son parent , qui demeurait quai de Gèvres , au quatrième étage d une maison qui en avait six, je Ty accompagnai* Ce brave homme noua reçut poliment, et après avoir entendu Taffaire, il médit : Pauvre comme je le suis , je ne puis malheureusement rien faire pour cette infortunée, mais ai j'avais seulement cent éeus, je ferais tout. Qu'à cda ne tienne , luidia-je , tirant trois cents francs de ma poche , et je les lui remis. Monsieur , me dit le procureur, avec cela, je vais miner le mari, qui ne parviendra jamais à aavoir oA eat aa femme ; et celle-oi m^assura qu'il ferait ce qu'il promettait. Ayant reçu les expressions de sa reconnaissance , je la quittai ; mon lecteur saura ce qu^eUe devint quand je aérai de retour de mon voyage^
Ayant informé madame d'Urfé que j'allais en Hollande pour le bien de la France et que je serais de retour au commencement de février , elle me pria de me charger de plusieurs actions de la compagnie des • Indes de Gothembourg et de les lui vendre. Elle en avait pow soixante miBe francs qu^dle ne pouvato paa