‹ Mémoires de Jacques Casanova de Seingalt (volume 2)Chapitre 7 sur 25 · VÈMXmM · texte numérisé non relu

VÈMXmM

— - Je ¥aîs l'aller chercher dans Tinsfeaiit*

— Je B^ai pas le temps d'attendre. Fouette, postillon.

J'arrivai à Paris le lendemain , et le quatrième jour je me rendKa chez U. de la Bretofnaiôre , qui me fit le plus bel aceoeîl et me mena ehez le fermier-général Britard, qui le déchargea de la caution. Ce M. Britard était un jenne homme très-aimable \ il rougît de tont ce qu^on m^avait fait souffrir.

Je portai ma relation au ministre à Thètel Bourbon, et Son Excellence passa denx henres moi, me faisant 6ter ce qu'il y avait de trop. Je passai la nuit à la mettre au net et le lendemain j allai la porter à Versailles à M« TaUié de la Ville, qui, après l)ayoir lue froidement , me dit qu'il me ferait savoir le résultat. Un mois après, je reçus cinq cents louis, et j'eus le^laisir de sayoir qne M « de Crémilte , ministre de la marine , avait non-seulement trouvé mon rapport parfaitement exact, mais même très-instructif. Plusieurs craintes raisonnées m'empéehèrent de me faire connaître , honneur que M. de Bernis voulait me procurer.

Quand je lui contai les deux aventures qui m'étaient arrivées sur la route, il en rit; mais il me dit que la bravoure truii homme chargé d'une mission secrète consistait à ne jamais se faire des aiïaires ; car , quand bien même il aurait le talent de savoir s'en tirer, il ferait parler de lui , tandis qu'il devait l'éviter avec le plus grand soin.

Cette commission coûta douze mille francs à la marine , et le ministre aurait pu facilement se procurer tous les reuseignemens que je lui fournis sans dépen-

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ser on «ou. Le premier jeune officier intelligent aurait pu le servir comme moi et y aurait mis assez de zMe et de prudence pour se faire un mérite auprès de lui.

-Maïs tels étaient en France tous les njinisl;ères. Ils. prodiguaient Targent, qui ne leur coûtait rien, font enrichir leurs créatures. Us étaient despotes ,1e peuple foulé était compté pour rien , Tétat était endetté et les finances étaient en un mauvais état immanqpiaUe» Une révolution était nécessaire, je le crois ; mais il ne la fallait psfs sanglante , il la fallait morale et patriotique -y mais les nobles et le clergé n avaient pas dss sentimens assez généreux pour savoit fiiire quelques sacrifices nécessaires au roi , à Fétat et à eux-mêmes.

Sylvia trouva mes aventures d'Aire et d'Amiens fort plaisanter, et sa charmante fille se montra très-sensihle à la mauvaise nuit que j'avais passée au corps-de-garde. Je lui dis que je Taurais trouvée bien plus crueHe si j'avais eu avec moi une fennne. ËUe me répondBt que si cette femme avait été bonne , elle se serait empressée d'aller adoucir ma peine en la partageant j mais sa mère lui fit observer ^Hine femmé comme il faut, une femme d'esprit, aprôs Vétre occupée de mettre ma chaise et mes effets en sûreté, se serait occupée' à £nre les démarches nécessaires pour me Adre recouvrer ma liberté ; et j'appuyai son sentiment en lui faisant sentir combien de cette manière une femme rem-

. plirait mieux son devoir.

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GHAPIIAS m.

Le comte de la Tour-d' Auvergne et madame d'Urfé. — Camille, — Ma passion pour la maîtresse du comte ; aventure ridicule ^ui me guérit. — Le comte de Saint-Cîermain.

Malgi^nuMi «nQwpoiirk jtiiiie BalUtti, jeiiaki«> •ait {Mi d^en avoir avsti pour lea beautés mareenairet

qui brillaient sur le grand trottoir et qui faisaient parler d'ellea ; mak celles qui m'occupaient le plus étaieot les femmes entreteaues et celles q«i prétendaieDt n'appartenir au public que parce qu'elles chantaient, dansaient OU taisaient tous les soirs sur la scène les reines ou les soukrettes.

Malgré cette prAention de bon ton , eDes se reconnaissaient très-libres et jouissaient de ce qu^elIes appelaient leur indépendance en se donnant tantôt à rAmonr, UniAt à Plntus, et le plus souvent k Fun et à Tautre tout à-la-fois. Comme la connaissance n'est pas dilEcile avec ces pré tresses du plaisir et de la dissipation , je m^étais ûiufilé auprès de plusieurs*

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Les foyers des théâtres sont des bazars où les amateuïs Yont exercer leur« udens pour nouer des intrigaet, et j^avais passaUement profité à cette ncUe école. . *-

Je commeoçais d^abord par devenir Fami de leurs amans en titre , et je réussissais souvent par Fart de paraître , non pas inconséquent , mais sans conséquence. 11 fallait à la vérité pouvoir à Toccasion se montrer favori à Plutus 3 une bourse à la main est un flacon d^où s*exha]e pour certains nez une odeur plus balsamique que celle de la rose ; *et lorsqu'il s agissait de quelques boutons d'or, la peine était toujours - moins grande que k plaisir; car j'étais sùr que d'une manière- quetconqjue on m*en tiendrait compte.

Camille, actrice et danseuse à la Comédie-Italienne, que j^avais commencé d'aimer à Foi|tainebleau il y avait d^à sept ans, fîit une de celles qui m'attachèrent le plus par les agrémens qui se trouvaient réunis chez elle dans une jolie petite maison qu'elle occupait à la Blanche , et où die vivait avec le comte d'EigreviUe , qui m'était très-attachée et qui aimait ma société. Il était frère du marquis de Gamache et de la comtesse du Romain , beau garçon , fort doux et assez riche« 11 n'était jamais si content que lorsqnll voyait beaucoup de monde chez sa maîtresse ; goût singulier que Ton rencontre rarement, mais goût fort commode et qui annonce un caractère confiant et peu jiloux. Camille n^aimait que lui, chose rare dans une actrice femmegalante ; mais remplie d'esprit et ayant beaucoup de savoir-iaire » elle ne désespérait personne de ceux qui

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