MÉMOiaES
aT|âent du goûl pour elle. Elle n'était ni avare ni pfodigufi da ses faveur^^ el^ elle ^vait le secret de se £dre «dorer ife tout le monde , «ans craiadre les indborélions affligeantes ni les abandons mortifians.
Celui qu^elle distinguait le plus aprùs son amant, était le ooiyite de la Tour-d^ Auvergne « ^^igoeur de Jhaute naissance qui TidoUtrait et qui, n'étant pasasse^ riche pour la posséder seul , paraissait assez content de la portion qu'elle lui accordait. Il ^yait la réputation d*étre «incèrement aimé ep second» Camille hii entrenaît, à peu près , utie petite fille àfmt elle lui avait fait présent dès qu'elle avait cru s^apercevoir qu'il en était amoureux pendai^ qi^'jdlle étai( à soii service* La Tourd'Auvergne Fentretenait en eluunbre garnie , à Paris , • rue de Taranne , et il disait qu'il raimail comme on aime un por^ût | parce qu elle lui venait de sa chère Gan^lle» Le evk^ite menidt sonv^t.ce ti^e jennepersonne souper cbes Camille. Elle avait qpiinze ans; die était fimple , naïve çt sans nuUe ambition. £lle disait à son amant quelle ne lui pardonnerait janiais une infidélité, à moins qu'elle |ie f^t avec Camille , k laquelle elle croyait devoir le céder , parce qu elle savait lui devoir S4ni bonheur.
Je devins si iimonreux de cette jeune per^onue, que souvent je n'allais souper chez Camille que dans
l'espoir de l'y trouver et de jouir d^s naïvetés avec lesquelles elle ^Pjphaijtait Ipute coterie. Je iaisais de mon mieux pour me oadier, maie j'eo 'était si épris
que très-souvent je me trouvais trèb-triste en sortant , parce que je voyais i unpossibilité de guérir de ma
m CAS^RÛVA
passion par les voies ordinaires. Jé me serais m reste rendu ridicule si je m'étais laissé deviner, et Camille se serait moquée de moi sans pitié. Cependant voici une anecdote ridicule qui me guérit d'one manière bien*
inattendue.
La petite habitation d^ Taimabie Camille étant à la barrière Blanche , un soir que le temps était pluvieux j'envoyai chercher un fiacre pour me retirer. Mais il était une heure après-minuit et on n'en trouva plus sur la place. Mon cher Casanova, médit la Tonr-d^Âuvergne , je vous descendrai chez vous sans m'incomr moder, quoique ma voiture ne soit qu'à deujL places* Ma petite, ajouta-t-il, ^aêriérsL mrnow* JVcceptai comme de raison , et me voilà dans la voituire , ayant le comte à ma gauche et Babet assise sur les genoux de fous les deux*
Amoureux, ardent^je pense à saisir Toccasion, et sans perdre de temps , car le cocher allait vite , je lui prends la main et je lui fait sentir une douce pression. Je sens la sienne qui me presse doucement.... Oh bonheur !.••• je la porte à mes lèvres et je la couvre de teqdres baisers muets. Impatient de la convaincre de mon ardeur , et pensant que sa main ne me refi^efait pas un doux service... ; mais au moment de la crise : Je vous sais gré , mon cher ami , me dit la Tonr-d^Auvergue 9 d^uoe politesse de votre pays dont je ne me croyaisplus «ligne; j'espère quece n^est pasimeméprise.
A ces terribles mots , j'étends la main , et je sens la manche de son habit. 11 n y a point de présence d'es-^ prit qui vaille dans un moment pareil , d'autant plus