CHAPITRE Xn
endroit comme celui-là. Le marquis de Saint-Simon, premier gentilhomme de la chambre du prince de Condé, lui donnait le bras.
— M™® Querini à Pontainebïeau ?
— Vous ici? Je me souviens de la reine Elisabeth qui dit : Pauper ubique jacet,
— La comparaison est très-juste, madame.
■— Je badine, mon cher ami ; je viens ici pour voir le roi, qui ne me connaît pas ; mais demain Tambassadeur me présentera.
Elle se mit en haie à cinq ou six pas de moi du côté par où le roi devait sortir. Sa Majesté entra ayant M. de Richelieu à son côté, et il se mit à lorgner la prétendue M"*« Querini. Elle ne lui plut pas sans doute, car, tout en continuant à marcher, il dit à son ami ces paroles remarquables, que Juliette dut entendre :
— Nous en avons ici de plus belles.
L'après-dîner j'allai chez Tambassadeur de Venise. Je le trouvai au dessert en grande compagnie, ayant à sa droite W^ Querini qui me dit les choses les plus flatteuses et les plus amicales; chose extraordinaire dans une évaporée qui n'avait aucun siget de m'aimer, car elle savait que je la connaissais à fond et que j'avais su la mener ; mais, comprenant la raison de tout son manège, je me résolus à ne point la désobliger, et même à lui rendre, par une noble vengeance, tous les bons ofâces en mon pouvoir.
Etant venue à parler de M. de Querini, l'ambassadeur lui flt compliment sur ce qu'il lui avait rendu justice en l'épousant.
— C'est, ajoata-t-ily ce que je ne savais pas.
— Il y a cependant plus de deux ans, dit Juliette.
— C'est un fait, dis-je à mon tour; car il y a deux ans que le général Spada l'a présentée sous le nom et avec le titre de son excellence M™* Querini à toute la noblesse de Césène, où j'avais l'honneur de me trouver.
— Je n'en doute pas, dit l'ambassadeur en me fixant, puisque Querini lui-même me l'écrit.
Quelques instants après, comme je me disposais à pai^
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