‹ Mémoires de Jacques Casanova de SeingaltChapitre 114 sur 235 · CHAPITRE XIÎI. S4l · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIÎI. S4l

— Je lui en fais mon compliment; mais moi, madame, je vous certifie que je suis tout prêt à jurer que je n'en suis pas sûr.

— Ainsi donc ?

— Ainsi rien. Si elle est grosse, elle accouchera.

Elle descend en proférant des malédictions et des menaces, et le lendemain je fus cité deyant le commissaire du quartier. Je me rends à la citation et j'y trouve la dame Quinson armée de toutes pièces. Le commissaire, après les questions préliminaires en usage dans la chicane, me demanda si je convenais d'avoir fait à la fille Quinson l'injure dont la mère, présente, se plaignait.

— Monsieur le commissaire, veuillez, je vous prie, écrire mot pour mot la réponse que je vais vous faire.

— Fort bien.

— Je n'ai fait aucune injure à Mimi, fille de la plaignante, et je m'en rapporte à la fille elle-même, qui a toujours eu pour moi autant d'amitié que j'en ai pour elle.

— Elle déclare être enceinte de vous.

— Cela est possible, mais ce n'est pas sûr.

— Elle dit que c'est certain, puisqu'elle assure n'avoir vu aucun autre homme que vous.

— Si cela est vrai, elle est malheureuse; car sur ce point un homme ne peut en croire d'autre lemme que la sienne.

— Que lui avez-vous donné pour la séduire?

— Rien, car loin de l'avoir séduite, je l'ai été par elle ; et nous nous trouvâmes d'accord dans l'instant, car je suis lacile à séduire par une jolie femme.

— Était-elle intacte?

— Je n'en ai été curieux ni avant ni après; ainsi, mon» sieur, je n'en sais rien.

— Sa mère vous demande une satisfaction et la loi vous condamne.

— Je n'ai aucune satisfaction à donner à la mère; et pour ce qui e«t de la loi, je m'y soumettrai lorsqu'on me l'aura fait connaître et qu'oB m'aura convaincu que je l'ai enfreinte.

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