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242 MÉMOIRBS DB GASANOTA.
— Vous en êtes déj& convainca ; car trouTez-voiis qu^an homme qui fait un enfant à une fille honnête dans une maison où il est habitué ne viole pas les lois de la société?
— J*en conviens lorsque la mère se trouve troïnpée; mais lorsque cette même mère envoie sa fille dans la chambre d*un jeune homme, ne doit-on pas la juger disposée & soufirir en paix tous les accidents qui peuvent en être la suite?
— Elle ne vous Ta envoyée que pour qu'elle vous ser\ît.
— Aussi mVt-elle servi comme je l'ai servie; et si elle me l'envoie ce soir et que cela convienne & Mimi, je la servirai de mon mieux; mais rien par force ni hors de ma chambre, dont j'ai toujours payé le loyer avec exactitude.
— Vous direz ce que vous voudrez, mais vous payerez l'amende.
— Je ne dirai que ce que je croirai juste et je ne payerai rien ; car il n*est pas possible qu'il y ait une amende à payer là où il n'y a nulle violation de droit. Si l'on me condamne, je réclamerai jusqu'en dernier ressort et jusqu'à ce que l'équité me rende justice ; car, monsieur, je sais que, tel que je suis, je n'aurai jamais ni la maladresse ni la lâcheté de refuser mes caresses à une jolie femme qui me plaira et qui viendra les provoquer dans ma propre chambre, et surtout quand je me croirai sûr qu'elle y vient du consentement de sa mère.
Je signai l'interrogatoire après l'avoir préalablement lu, ensuite je sortis. Le lendemain, le lieutenant de police me fit appeler, et après m'avoir entendu, ainsi que la mère et la fille, il me renvoya absous, et condamna la mère à payer les frais. Cela ne m'empêcha pas de céder aux larmes de Mimi pour défrayer sa mère pendant ses couches. Elle eut un garçon que l'on envoya à l'Hôtel-Dieu, au profit de la nation. Mimi s'enfuit bientôt de la maison maternelle pour monter sur les tréteaux du théâtre de la foire Saint-Laurent. N'étant point connue, elle n'eut pas de peine à trouver un amant qui la prit pour vierge. Je la trouvai très-jolie.
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