CHAPITRE XIV
(mtm éous 1:^ ikxitt&ê «t qai ^t fortaae ou «titeodant qu'on le bafoue. C'est l'effet incontestable de l'empire que ja mode exerce sur 6e peuple aimable^ habile et léger*. Il suffit que la diose soit surprenante, «quelque ext^ytagante qu'elle soit, pour que la foule lui fasse aecueil \ ear en craindrait de passer pour sot en disant : C'est impossible. Il n'y a guôre^ en France, que les physiciens qui sachent qu'entre la puissance et ractien il y a l'itiâni; tandis qu'en Italie cet axiome est connu de tout le monde, ee qui ne veut pas dire que les Italiens soient au-dessus des FrMçais.
Un peintre fit fortune pendant quelque temps parce qull annonça une chose impossible^ c'est-à-dire qu'il fit accroire qu'il faisait le portrait d'une personne sans la toir et siniplement sur la description qu'on lui en faisait. La seule chose qu'il demandât était que la description fut d'une rigoureuse exactitude. H arrivait de là que le portrait faisait plus d'honneur à Tluformateur qu'à l'artiste ; mais il résultait aussi de cet arrangement que l'ihformateUr était obligé de dire que le pdrtrftit était ressemblant* car daUS le cas contraire le peintre alléguait la plus légitime dfe toutes leâ excuses : il disait que si le portrait ne resseUiblait pas, la faute en était à celui qui lui avait fait la description de la personne, car il n'avait pas su faire pasfeer dans son âme la nuance des traits de la personne dont il devait retracer l'image.
Je soupaîs un soir chez Silvia lorsque quelqu'un débita cette merveilleuse nouvelle, et i^ans la ridiculiser en rien, avec le ton d'une parfaite croyance.
— Ce peintre, disait^il^ a déjà fait plus de dent portraits tous trôs-fessemblantë.
Tout le monde disait qUé cëM étdit beau * je fus lé seul qui, étouffant de rire, me permis de dire que c'était l'idicule et impossible!. Le narrateur, fâché, me proposa une gageure de cent louis, je redoublai de rire parce que liJt proposition n*était point acceptable, â moins de s'exposer ft être dupe.
•— Mais les portraits sont très-ressemblants.
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268 BfÉMOIRBS DB CASÂNOYA.
— Je n*eii crois rien, et s'ils ressemblent ilya de Ift friponnerie.
Voulant À tonte force nous convaincre, Silvia et moi, car elle était la seule qoi partage&t mon sentiment, le nar^ rateor nous proposa de nous mener dîner chez le peintre : nous acceptâines.
Le lendemain, nous étant rendus bhez cet artiste, nous TÙnes une quantité de tableaux-portraits tous soi-disant parfiutement ressemblants : comme nous n'en connaissions pas les originaux, nous n^avions rien k contester.
— Monsieur, lui dit SUvia, me feries-vous le portrait de ma fiUe sans la voir!
— Oui, madame, si vous êtes sûre de me £Bdre exactement la description de sa physionomie.
Nous nous donnâmes un coup d*œil et tout fut ^it. Le peintre nous dit que son repas favori était le souper, et que nous lui ferions grand plaisir de Fhonorer souvent de notre présence. Il était, comme les marchands d*orviétan, muni d*une foule de lettres, sortes de certificats, de Bordeaux, de Toulouse, de Lyon, de Rouen, etc., où Ton voyait des compliments sur la perfection de ses portraits, ou des descriptions pour des portraits nouveaux qu*on lui demandait. Au reste, on lui payait ses portraits d*avance.
Deux ou trois jours après, je rencontrai sa jolie nièce, qui me ût d'obligeants reproches de ce que je n'allais pas souper avec son onde. Cette nièce était un morceau friand, et, flatté du reproche, je lui promis d'y aller dès le lendemain, et en moins de huit jours la partie devint sérieuse. J'en devins amoureux; mais l'intéressante nièce, qui avait de l'esprit et qui ne voulait que s'amuser, n'était pas amoureuse et ne m'accordait rien. J'espérais, et me voyant pris, je sentais que c'était ce que j'avais de noieux a faire.
Un jour, étant seul dans machambee et prenant noion café en pensant à elle, la porte s'ouvre sans que personne se fut annoncé, et voilà un jeune homme qui se présente. Je ne le remettais pas ; mais avant que j'eusse le temps de lui faire la moindre question :