‹ Mémoires de Jacques Casanova de SeingaltChapitre 133 sur 235 · CHAPITRE xrv · texte numérisé non relu

CHAPITRE xrv

heures A l'ouTrt^e, tantôt dans un coin, tantôt dans un autre, venant, sortant et me faisant donner à dîner ou à souper par le bon vieux valet de. chambre, qui ù'ouvrait jamais la bouche.

La cabale ne roulait que sur des affaires secrètes qu'elle était curieuse de connaître, et souvent elle trouvait des vérités que j'ignorais moi-môme. Elle désirait que je lui apprisse à la faire, mais jamais elle ne me pressa ; seulement elle me fit dire par M. de Melfort que si je voulais lui apprendre mon secret, elle me ferait avoir un emploi qui me vaudrait vingt-cinq mille francs de rente. Hélas I la chose était impossible. Je l'aimais à la folie, mais jamais je ne me permis de lui en faire rien apercevoir : mon amourpropre fut le correctif de mon amour. Je craignais que sa fierté ne m'humiliât; et peut-être eus-je tort. Ce que je sais, c'est que je me repens encore d'avoir écouté une sotte crainte. Il est vrai que je jouissais de plusieurs privilèges dont, peut»ôtre, elle m'aurait priyé si elle avait connu mon amour.

D» jour elle voulut que m^ cabale lui dît si on pouvait guérir un cancer que Mj^^ de la Popelinière avait au sein, et j'eus le caprice de lui faire répondra que cette dame n'avwt point de cancer, et qu'elle se portait fort bien. — Comment ! s'écria-t-elle, mais tout Paris le croit, et elle fait consultation sur consultation! Cependant j'en crois la cabale.

Ayant vu à la cour le duc de Richelieu, elle lui dit qu'elle était sûre que M"*® de la Popelinière n'était point malade. Le maréchal, qui était du secret, lui dit qu'elle se trompait; mais elle lui proposa une gageure de centnnille francs. Je tremblai quand la duchesse me conta Qola. — A-t-il acqepté? lui dis-ge avec anxiété.

— Non ; cela Ta étonné, et vous savez qu'il doit le savoir.

A trois ou quatre jours de là, elle me dit d'un air triomphant que M. de Richelieu lui avait avoué que ce prétendu cancer n'était qu'une ruse pour exciter la pitié de son marij

avec lequel elle avait envie de retourner; elle ajouta u. . u

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