‹ Mémoires de Jacques Casanova de SeingaltChapitre 137 sur 235 · IL · texte numérisé non relu

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plusieurs joueurs et de trois ou quatre frandeint qui» sans craindre les commissaires de chasteté, étaient dévouées au culte de Vénus, et si bonnes qu'elles ne craignaient pas de préjudicier à leur noblesse en acceptant de petites rétributions pour leurs complaisances. Je jugeai que messieurs les conmiissaires n'étaient gênants que pour celles qui n'allaient pas dans les bonnes maisons.

La baronne m'ayant dit que je pouvais lui présenter des amis si j'en avais, j'y conduisis le baoon Vais, Campioni et Âfflisio. Ce dernier joua, tint la banque, gagna, et Tramontini, dont j'avais fedt la connaissance, le présenta à sa fenmie, qu'on appelait M"** Tasi, et par son moyen Afflisio fit l'excellente connaissance du prince de Saxe- Hildburghausen. Ce fut là le principe de la grande fortune de ce comte de fabrique ; car Tramontini, devenu son associé dans toutes les grandes parties du jeu, fit que sa femme engagea le duc à lui faire donner d'abord le rang de capitaine au service de Leurs Majestés Impériales et Royales. Trois semaines après, Afflisio portait l'uniforme et le signe distinctif de ce grade. A mon départ de Vienne, il était maître de cent mille florins. Leurs Majestés aimaient le jeu, mais non pas pour ponter. L'empereur faisait tenir une banque. C'était un prince bon, magnifique et économe. Je l'ai vu en grand costume impérial, et je fus surpris de le voir vêtu à l'espagnole. Je me figurais voir Charles-Quint, qui avait établi cette étiquette qui durait encore, quoique après lui aucun empereur n'ait été Espagnol et que François I*' n'eût rien de commun avec cette nation.

J'ai vu plus tard le même caprice en Pologne au couronnement de Stanislas-Auguste Poniatowski, et les vieux palatins pleuraient de dépit de voir ce costume; mais il fallait faire bonne mine k mauvais jeu, car sous le despotisme russe il ne leur était resté que la faculté de se résigner.

L'empereur François P' était beau, et je lui aurais trouvé la physionomie heureuse sous la bure comme sous la pourpre. Il avait pour sa femme tous les égards possi-

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