‹ Mémoires de Jacques Casanova de SeingaltChapitre 141 sur 235 · CHAPITRE XVI · texte numérisé non relu

CHAPITRE XVI

Paris. Us étaient obligés de me croire ou d*en fidre semblant.

De retour à l'auberge, l'hôte nous dit que le chevalier en était parti à franc étrier, et que tout son équipage consistait en un sac de nuit. Nous soupâmes, et pour égayer le repas, je contai à Vais et à nos belles frauleins la manière dont j'avais connu Talvis et comment j'avais fait pour avoir ma part du gain.

De retour à Vienne, nous trouvâmes l'aventure sur \o tapis : on riait du Gascon, on se moquait de l'évêque. Lri glose ne m'épargnait pas ; mais je ne fis pas semblant do comprendre, car je croyais inutile de me défendre. Le chevalier de Talvis n'était connu de personne, et l'ambassadeur de France n'en avait jamais entendu parler. J'ignore si jamais on en a eu des nouvelles.

Je partis enfin de Vienne en poste, après avoir pris congé de mes amis et amies, et le quatrième jour je couchai à Trieste. Le lendemain, je m'embarquai pour Venise, où j'arrivai l'après-midi de l'avant-veille de l'Ascension. J'eus le bonheur, après trois ans d'absence, d'embrasser mon adorable patron, M. de Bragadin, et ses deux inséparables amis, qui se félicitèrent de me revoir en parfaite santé et bien équipé.

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