CHAPITRE XYI
Jo tQ*appelle P. C. Mon père est rielie «t eômiidéré à la Bourse; mais nous sommes brouillés. Je demeure sur le qusà de Saînt-Maro. Là dame que vous aves rue est née O., elle est femme du courtier G.^ et sa soeur est T^pouse du patricien P. M. M"** 0* est brouillée ateo son mari et j'en suis la cause, comme je suis brouillé areo mon pore à cause d elle
Je porte cet uniforme en vertu d*ttn brevet de capitaine au service autrichien, mais je n'ai jamais servi. Je Suis chargé de Tapprovisionnement des bœufs pour TEtat vénitien, et je tire ces provisions de la Stjrie et de la Hongrie. Cette entreprise liquidée m'assure un bénéfice de dix mille florins par an; mais un embarras imprévu et auquel il faut que je remédie, une banqueroute frauduleuse et des dépenses extraordinaires me mettent pour le moment dans ane grande gêne. Il y a quatre ans qu'ajant entendu parler de VOUS) je conçus le désir de faire votre connaissance; •t je crois que c'est le cM qui me l'a fait faire avant-hier. Je n'hésite pas à vous demander un plaisir essentiel qui BOUS unira de l'amitié la plus étroite* Devenez mon soutien ians courir aucun risque s acceptez ces trois lettres de change et né craignez pas d'avoir à les escompter à ^'échéance; car je vous cède ces trois autres, dont le payement ser% effectué avant l'échéance des vôtres. En outre je vous Hypothèque la conduite des bœufs pour toute l'année ; de sorte que^ si je vous manquais, vous pourriez séquestrer a Trieste tous mes bœufsi, qui ne peuvent venir que par là.
Btonné de ce discours et de ce projet, qui me paraissait chimérique et dans lequel je ne voyais qu'une foule d'embarras que j'abhorrais, l'idée singulière de cet homme qui, s'imagînant que je pourrais facilement donnei(* dans le panneau, me donne la préférence sur cent autres qu'il devait mieux connaître : je n'hésitai pas à lui dire que je n'accepterais jamais son offre. Son éloquence redoubla pour me convaincre ; mais je l'embarrassai en lui disant que j'avais lieu d'être surpris qu'il m'eût préféré à toutes ses connaissances, moi qui n'avais l'honneur de lui être
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ooimn que depuis deux jours. Monsieur, me dit-il effrontément, tous ayant connu pour on homme de beaucoup d*eaprit, je me suis persuadé que tous verriez de suite Favantage que je tous offire, et que par conséquent tous ne feriez aucune difficulté d'accepter.
— Vous devez vous être désabusé & cette heure, et vous me prendrez sans doute pour un sot en voyant que je croirais être votre dupe si j'acceptais.
n partit en me demandant excuse et en me disant qu*il espérait me voir le soir sur la place Saint-Marc, où il serait avec madame G. Il me laissa son adresse en me disant qu'à Tinsu de son père il occupait encore son appartement. C'était me dire que je devais lui rendre ma visite; mais si j'avais été sage, je m'en serais dispensé.
Dégoûté du dévolu que cet homme avait jeté sur moi, je ne me sentis plus aucune envie de tenter fortune auprès de sa belle ; car il me parut que ce couple avait résolu de me rendre leur dupe, et, comme je n'avais nul désir de le devenir, j'évitai de les voir le soir & la place Saint-Marc. J'aurais dû m'en tenir 1& ; mais le lendemain, poussé par mon mauvais génie, et jugeant qu'une visite de politesse ne tirerait point à conséquence, j'allai le voir.
Un domestique m'ajant conduit dans sa chambre, il m'accueillit avec beaucoup de prévenance et me fit d'obligeants reproches de ne m'être pas fsài voir la veille au soir. Ensuite il me reparla de son affaire et me montra un fatras de papiers ; ce qui m'ennuya fort. Si vous voulez accepter les trois lettres, me dit-il, je vous associerai à mon entreprise. Par cette marque d'amitié extraordinaire, il me rendait, d'après lui, riche de cinq mille florins par an, mais, pour toute réponse, je le priai de ne m'en plus parler de la vie. J'allais prendre congé, lorsqu'il me dit qu'il voulait me présenter sa mère et sa soeur*
Il sort, et, deux minutes après, il rentre avec elles. La mère était une femme d'un air ingénu et respectable, mais la fille était un modèle de beauté. J'en fus ébloui. Un quart d'heure après, la très-confiante mère me demanda la permission de se retirer, et sa fille resta. U ne lui faUut pas