‹ Mémoires de Jacques Casanova de SeingaltChapitre 161 sur 235 · II · texte numérisé non relu

II

et de lA, ft franc étrier, j^arrive en moins de trois heures & la porte da palais Bragadin, où je troùyai mon cher protecteur qui entrait pour aller dîner. Il m*embrassa tendrement ; et, me voyant en nage : — Je suis sûr, me dit-il, que rien ne te presse. — Non, lui répliquai-je, mais je suis mort de faim. Je portai la joie dans le firatemel trio, et je Taugmentai en leur disant que je passerais six jours avec eux. Delà Haye dînait avec nous : immédiatement après être soiH de table, il s*enferma avec M. Dandolo, et ils passèrent deux heures ensemble. Je m'étais couché pendant ce temps, et M. Dandolo vint dans mon lit me dire que j'étais arrivé A temps pour consulter notre oracle sur une affaire d'importance qui lui était particulière. Il note donna les questions, en me priant de trouver les réponses, n voulait savoir s*il ferait bien d'embrasser le prqjet que de la Haye venait de lui proposer.

La réponse de Foracle fut négative.

Surpris, M. Dandolo fait une seconde question. II demandait les raisons qu'alléguait le génie Paralis pour justifier son refus.

Je fais la pile cabalistique, et j'en fsds sortir cette réponse :

« J'ai voulu l'avis de Casanova ; et, comme je l'ai trouvé contraire à la proposition de de la Haye, je ne veux plus en entendre parler. *>

Pouvoir des illusions I Ce brave homme, content de pouvoir rejeter sur moi tout l'odieux du refus, s'en alla satisfait. Je ne savais pas de quoi il pouvait s'agir, et je n'en étais pas curieux; mais je répugnais à ce qu'un disciple de Loyola se mêlât de faire faire quelque chose à mes amis sans passer par mon canal, et je voulais que cet intrigant s'aperçut que mon ascendant l'emportait sur le sien.

Cela fait, je me masque et je vais à l'Opéra, où, m'étant assis à une table de pharaon, je perdis tout mon argent La Fortune continuait à me faire voir qu'elle n'est pas toujours d'accord avec l'Amour. Ma situation me pesait sur le cœur; j'avais du chagrin j 'cillai me coucher mais.

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