‹ Mémoires de Jacques Casanova de SeingaltChapitre 164 sur 235 · CHAPITRE XIX · texte numérisé non relu

CHAPITRE XIX

Je rentre en fortune. — Mon tventure à Doit. — Analyse d'ane longue lettre de mon tmie. — Mauvais tour que P. G. me joue à Yicence. ^ Ma scène tragi-comique à l'auberge.

La nécessité, cette loi impérieuse et ma seule excuse, m*ayant à peu près rendu sociétaire d*un capon, restait la difficulté de trouver les trois cents sequins nécessaires : je remis à m*occuper de ce soin après que j'aurais fait connaissance des dupes et de l'idole à laquelle ils adressaient leurs hommages. Croce ne conduisit au PrcUo délia VaUe^ où nous trouvâmes madame au café, environnée d'étrangers. Elle était jolie ; et un secrétaire du comte de Rosemberg, ministre impérial, s'étant attaché à sa suite, faisait qu'aucun noble vénitien n'osait se mettre sur les rangs. Ceux qui m'intéressèrent furent précisément le Suédois Gilenspetz, un Hambourgeois, l'Anglais Mendex, dont j'ai déjà parlé, et trois ou quatre autres que Croce me fit remarquer.

Nous dînâmes fort bien tous ensemble, et après dîner tous les convives demandèrent une banque de pharaon; mais Croce n'accepta point, ce qui me surprit ; car, étant adroit joueur, avec trois cents sequins, il y avait de quoi

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