CHAPITRE XXn. ' • 4ÔS
latrice ; maîai» ajouta-t-elle, elle est déjà Doucuée, et de ce côté-là plus de crainte. J'en ai été informée par une jeune pensionnaire que j'aime beaucoup et qui m'est fort attachée. Je ne me montre pas curieuse de savoir son nom, et elle ne me le dit pas.
— Maintenant, mon ange, dis-moi si mon bonheur est différé.
— H l'est, mais de vingt-quatre heures seulement : la nouvelle sœur professe m'a invitée à souper dans sa chambre, et tu sens bien qu'il n'y a pas de prétexte plausible pour retuser.
— Tu ne lui confierais donc pas l'empêchement bien lé* gitime qui me ferait désirer qu'elle ne soupât jamais?
— Non, certes : la confiance dans un couvent ne va jamais jusqu'à ce point. Et puis, mon ami, on ne peut refuser une pareille invitation qu'avec le désir de se faire une ennemie irréconciliable.
— Ne peut-on pas dire qu'on est malade?
— Oui ; mais alors les visites I
— J'entends; car situ les refusais on pourrait soupçonner l'évasion.
— L'évasion I impossible; car ici on ne croit pas à la possibilité de s'évader.
— Tu es donc la seule ici capable d'opérer ce miracle?
— Sois-en bien sûr; mais c'est l'or qui, ici comme ailleurs, opère ce miracle.
— Et d'autres peut-être?
— Le temps en est passé. Mais. dis-moi, cher amour, où reux-tu m'attendre, demain, deux heures après le coucher du soleil?
— Ne pourrais-je pas t'attendre ici à ton casino?
— Non, car ce sera mon amant lui-même qui me môxiera à Venise.
— Lui-même?
— Oui, lui-même.
— C*eat incroyable.
— £t pourtant c'est vrai.
•— ' Ja t'attendrai dans la place de Saint-Jean et Saini-