CHAPITRE xxm
je lûî donnai les preuves les plus positives de mon ardeur et du sentiment qu'elle m'inspirait. Elle ne m'apprit rien, à la vérité, sous le rapport du matériel, mais beaucoup en soupirs, en extases, en sentiments de nature à ne se développer que dans une âme sensible dans les instants les plus doux. Je variai la jouissance de mille manières et je l'étonnai en la faisant se reconnaître susceptible de plus de plaisir qu'elle n'en soupçonnait. Enfin le fatal carillon se fit entendre; il fallut faire trêve à nos transports; mais avant de sortir de mes bras, elle éleva les yeux vers l'empirée comme pour remercier son divin maître de l'effort qu*elle avait osé faire de me déclarer sa passion.
Nous nous habillâmes, et, me voyant mettre dans sa poche le beau bonnet de dentelles, elle m'assura qu'elle le conserverait toute sa vie comme le témoin du bonheur dont elle était inondée. Ayant pris une tasse de café, nous ' sortîmes, et je la laissai à la place de Saint- Jean et Saint- Paul, lui promettant d'aller la voir le surlendemain ; et, après l'avoir vue entrer en sûreté dans sa gondole, j'allai me coucher, et dix heures d'un sommeil non interrompu me remirent dans mon assiette naturelle.