CHAPITRE XXVI
reux dotttô dfe sa force, il peut presque toujours compter qu'il fera faux bond.
Le souper fini, nous allâmes nous coucher dans l'alcôve, où la beauté, les charmes du corps et de l'esprit, les grâceà et le feu de ma belle nonne chassèrent ma mauvaise hrimeur et 'me mirent dans la meilleure disposition. Les irait» étant plus courtes, nous passâmes nos deux heures dans les plus doux ébats, et nous nous séparâmes contents et amoureux. Avant de nous quitter, M. M. me pria d'aller prendre de l'argent à son casino, et déjouer en la mettant de moitié. Je le fis ; je pris tout l'or que je trouvai, et, jouant à lamartingale, toujoursen doublant la mise, je gagnai tous les jours pendant tout le reste du carnaval. J'eus le bonheur de ne jamais perdre la sixième carte, et, si je l'avais perdue, je n'aurais plus eu de fonds pour jouer, car j'avais sur le coup deux mille sequins. Je me félicitai d'avoir augmenté le trésor de ma chère maîtresse, qui m'écrivit que l'honnêteté voulait que nous soupassions en partie carrée le lundi gras ; j'y consentis.
Ce souper fut le dernier que j'aie fait de ma vie avec C. G. Elle y fut fort gaie; mais ayant pris mon parti, et ne m'occupant que de M. M. , elle m'imita sans la moindre gêne et ne s'occupa que de son nouvel amant.
Prévoyant que nous nous gênerions inévitablement un peu plus tard, je priai M. M. de disposer les choses de manière à être séparés,et elle arrangea tout à merveille.
Après souper, l'ambassadeur proposa une partie de pharaon, que nos belles ne connaissaient pas, car aux redoutes on ne jouait qu'à la bassette ; et, ayant fait venir des cartes et mis cent doubles louis sur la table, il tailla et eut soin de faire gagner toute cette somme à C. C. C'était pour payer les épingles qu'il croyait lui devoir Cette jeune personne éblouie, et ne sachant que faire de tant d'or, pria sa chère amie de s'en charger jusqu'à ce qu'elle sortît du couvent pour se marier.
Quand la partie fut achevée, M. M. dit qu'elle avait mal à la tête, et qu'elle irait se coucher dans l'alcôve; elle me pria d'allei* l'endormir. Ainsi nous laissâmes les