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que dans Talcôve; d^istillears, ayant eu le temps de faSre Tamour avant mon arrivée, il n*avait pas de désirs de reste. M. M. me trouvait toujours amoureux, même avec quelque augmentation d*ardeur ; car, comme je ne pouvais plus la voir que tous les huit jours et que je lui étais fidèle, la moisson était toigours abondante. Les lettres de G. G. qu'elle m'apportait m'attendrissaient jusqu'aux larmes ; car elle me disait qu'après le malheur qu'elle avait eu de perdre sa mère, elle ne devait plus compter sur Famitié d'aucun de ses parents. Elle m'appelait son unique ami, son seul protecteur; et, me parlant delà peine qu'elle ressentait de ne pouvoir plus espérer de me voir tant qu'elle resterait au couvent, elle me suppliait dé rester toujours fidèlement attaché à sa chère amie.
Le vendredi saint, en arrivant au casino, je trouvai le couple plongé dans la tristesse. On servit le souper; mais, l'œil fixe, abattu, l'ambassadeur ne mangeait pas, ne disait presque pas le mot, et M. M. avait l'air d'une statue qui se serait mue de temps en temps par la force de quelque ressort. La discrétion et les convenances m'empêchaient de leur faire la moindre question ; mais, M. M. nous ayant laissés seuls, M. de Bernis me dit qu'elle était affligée et qu'elle pouvait avoir raison de l'être, parce qu'il était obligé de partir pour Vienne quinze jours après Pâques. — Je puis vous confier, ajouta-t-il, que je crois qu^il ne me sera point facile de revenir; mais il ne faut point le lui dire, car elle en serait au désespoir. M. M. revint quelque temps après, mais il était facile de voir qu'elle avait pleuré.
M. de Bernis, après quelques propos insignifiants, voyant M. M. toigours triste, dit: — Ne vous afiligez pas, ma chère amie, mon départ est indispensable, mais mon retour est certain aussitôt que j'aurai fini l'importante affaire qui m'appelle à Vienne. Le casino vous restera; mais, ma chère, l'amitié et la prudence m'engagent à vous conseiller de ne pas y venir pendant mon absence : car dès que je ne serai plus ici, je ne pourrai plus compter sur la fidélité des gondoliers qui me servent, et je doute que notre ♦