CHAPITRE V
ment pourvu. Sa conquête ne me paraissant pas difficile, je pensais au moyen dé me Tassuref. Mettant toute fatuité de côté, je irié croyais fait pour liii conveiiir mieux que son vieux Hongrois, honàme charmant pour son âge, mais qui enfin annonçait la soixantaine, tandis ^ué mes vingt-trois. ans brillaient sur tous mes traits. îl me semblait que, de la part de Tofficiër, je ne devais m'attendre à aucun obstacle, car il paraissait être un de ces hommes qui, traitant Tamour comme une affaire de ptii'e fantaisie, s'arraiigenl facilement selon les circonstances et se prêtent de bonne grâce aux compositions que le hasard présenté. La fortuné hé pdiivait m'offrir une occasion plus heureuse de pousser mon affaire que de me rendre compagnon de voyage de ce couple mal assorti. Il ne me paraissait pas possible que Ton pût ine refuser ; car il devait leur être fort agréable que je voulusse les accompagner, puisque seuls ils ne pouvaient se coinmuniquer aucune pensée.
Me croyant sûr de nion fait et résolu de tenter Tçiventure, dès que nôiis fûmes à Tauberge je dëinahdai à Tofficier s'il comptait aller â Parme eh poste ou autrement..
— N'ayant pas de voiture, je préfère y aller en posle..
. — J'en ai une Jbrt commode ; je vous oÏÏte les deux places du fond, si ina société vous est agréable.
— C'est un vrai bonheur. Faites-moi le jplaisir d'en faire la proposition à Henriette.
— Voulez-voUs, madame, m'accorder l'honneur de vous accompagner à Parme ?
— J'en serais enchantée, car au moins nous parlerions. Mais monsieur, prenez-y garde, car votre besogne ne sera pas facile, puisque vous vous trouverez souvent obligé de nous faire la chouette.
— Je m'y prêterai avec un grand plaisir ; je siiis seulement fâché que le voyage soit si court. Nous en parlerons à souper; en attendant, souffrez que je vous quitte pour aUer terminer quelques affaires.
Etieat une voiture que je n'avais qu'en imarends au cafd de la noblesse, et comme bî oulu me servir à souhait, oq m'informe ine & vendre, mais que personne ne voa- :'ce qu'elle était trop chère. On en voulait ins, et elle n'était qu'à deux places avec était précisément ce que je voulais. Je me la remise, et je vois une superbe voiture vait avoir coûté deux cents guinées. La appartenait était A souper ; je lui fais dire le ne point vendre la voiturej us qu'au lenet je retourne & l'auberge très-satig&it. sr, je ne parlai au capitaine que pour conpartirions le lendemain après dîner; tout >nversation ne fut qu'un dialogue entre . La conversation était charmante : elle a genre d'esprit gracieux qui m'était eoir je n'avais jamais eu l'occasion de m'enle Française. Trouvant cette jeune femme ravissante et ne pouvant cependant voir i'uneaventuriëre,j'étais tout étonné de lui ntiments nobles et délicats qui ne peuvent d'une bonne éducation; mais quand cette me elle ne cadrait pas avec mes intentions jetais. Chaque fois que je tâchais de la "officier, elle détournait le discours ou élulations avec une finesse de tact qui li cependant me plaisait beaucoup, tant veo grâce. Elle n'éluda point cependant
au moins, madame, si le capitaine art
?otre père.
me répondit-elle en souriant, ni l'un ni
fit, car au fond je n'avais pas besoin d'en
> s'était endormi ; quand il se réveilla, je
ne bonne nuit, et j'allai me coucher le cœur
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plein d'amour et la tête pleine de projets. Je voyais que tout prenait la tournure la plus favorable, et j'étais persuadé de réussir; car j'avais vingt-trois ans, la plus brillante santé, de l'or et beaucoup d'audace. L'aventure me paraissait d'autant plus délicieuse qu'en moins de trois oa quatre jours je devais en voir le dénoûment.
Le lendemain de très-bonne beure j'allai chez le comte Dandini, possesseur de la voiture, et en passant devant la boutique d'un orfèvre, j'achetai une paire de bracelets d'or en chaîne de Venise, chacun de cinq aunes de long et d'une finesse rare. C'était un présent que je destinais èl Javotte.
Dès que le comte Dandini me vit, il me reconnut. Il m'avait vu chez son père à Padoue, lequel, lorsque j'étais écolier, occupait la chaire des Pandectes. Je lui achetai la voiture, à condition qu'il me l'enverrait par mon sellier en bon ordre à une heure après midi.
Après avoir fait cette acquisition, je me rendis chez Franzia, et je comblai Javotte de joie en lui donnant les bracelets. Aucune fille de Césène n'en avait de plus beaux, et au moyen de ce présent j'acquittais ma conscience, car je payais par là quatre fois la dépense que j'avais pu occasionner pendant les dix ou douze jours que j'avais vécu chez son père. Cependant ce ne fut pas là le présent le plus important que je fis à cette famille. Je fis jurer au père de m'attendre, et de ne jamais se fier à de prétendus magiciens pour l'extraction du trésor, quand bien même il serait dix ans sans me revoir ou sans recevoir de mes nouvelles ; car, lui dis-je, d'après la convention que j*ai faite avec les gnomes gardiens, à la première tentative qui sera faite par d'autres que par moi, la caisse qui contient le trésor s'enfoncera du double, c'est-à-dire qu'elle descendra à tren+e-cinq toises de profondeur, et alors j'aurai moimême, pour la faire venir à la surface, dix-fois plus à faire qu'à présent. Je ne puis pas au juste préciser le temps ot ^e reviendrai, car cela dépend de quelques combinaisons dont je ne suis pas le maître ; mais souvenez-vous que c'est bien convenu que votre trésor ne peut être extrait
moi. J'accompagnai mes conseils d'exécrations qui çaient de la ruine de sa famille entière s'il ne teson serment. De cette façon j'ai tont réparé; car, duper ce brave homme, je devina son bienfaiteur munissanlcontre^uelquefonrbe qui en aurait plus ses ôcus qu'a sa fille, je ne l'ai plus revu, et il 3 mort ; mais, d'après l'impression que je crois te sur son esprit, ses descendants doivent encore Ire; car le nom de f arusi doit être resté immortel
.e vint m'accompàgaer jusqu'à la porte de la ville, imbrassai cordialement et je sentis que la fondre u sur moi qu'une influence passagère ; mais je fus R m'en félicite encore. Je crus devoir lui dire avant itter que, si je ne revenais pas dans trois mois, sa
n'étant plus nécessaire pour mes opérations mae lui conseillais de se marier dès que l'occasion tenterait. Elle versa quelques larmes, mais elle it de se régler d'après mes conseils, teur trouvera, je l'espère, que je mis noblement 1 affaire magique; je m'en félicite moi-même sans ■ m'en vanter; car je pense que, si je ne m'étais vé possesseur d'une bourse bien meublée de aelurais fort bien pu ruiner le pauvre Franzia tout
Je ne demanderai pas si tout jeune homme a ma 'ant de l'esprit et aimant le plaisir, n'en aurait pas it ; mais je prie mes lecteurs de se faire cette quesintàCapitani, à qui je vendis la gaine du couteau Pierre un peu plus qu'elle ne valait, j'avoue que ncùre à m'en repentir; car d'abord Capitani crut r en l'acceptant comme gage, et M. le comte pala- 3ôre, l'a de plus appréciée jusqu'à sa mort beauis qu'il n'aurait fait du plus beau diamant do Jort dans cette croyance, il est mort riche, et moi li pauvre. Que le lecteur juge qui de nous deux fit iir marché. Mais revenons à mes futurs compa-
voyage.
le je fus de retour à l'auberge, j'arrangeai tout