‹ Mémoires de Jacques Casanova de SeingaltChapitre 41 sur 235 · CHAPITRE V · texte numérisé non relu

CHAPITRE V

la maîtresse : et je n*ai pas le droit de me flatter qu'elle ne m'imposera pas la même loi qu'elle a imposé ài, Tofflcier à qui elle s'est déjà donnée. Adieu mon espoir, mQS dépenses et mes illusions! Mais qui peut-elle être? Il faut ou qu'elle ait un amant ou un mari ^ Parme, ou qu'elle appartienne h des parent? r^spectablesi, ou qu'enfin, par un esprit de libertinage sans bornes et conflante dans ses charmes, elle veuille délier la fortune de la plonger dans Tabhne de l'abjection, dans Valternative de trouver quelque grand seigneur qui s'attache à sou char. Ce serait le projet d*uue folle ou d'une personne désespéréo, et Heunette ne me semble pas dans ce cas. Elle n'a cependant rien, et, comme si elle était pourvue de tout, elle ne veut rien accepter d'un honnête homme qui peut lui offl'ir et dont à bon droit elle peut recevoir sans rougir, puisqu'elle n'a pas rougi d'avoir pour lui des complaisances que l'amour ue commandait pas. Croit-elle qu'il y ait moins de honte à s'abandonner aux désirs d'un homme qu*ou ue connaît pas pi qui ne peut inspirer un tendre sentiment, qu'à, race» voir un présent d'un ami qu'on estime, et surtout au moment de «e trouver dans la rue, dépourvue de tout, et au milieu d'une ville étrangère dont elle ne connaît pibs mdmd la langue!

Voudrait-elle par là, justifier le faux pas qu'elle a fait avec le capitaine, et lui faire comprendre qu'elle ne s'est livrée à lui que pour échapper 4 l'officier qui la possédait à Rome ? Mais elle doit être bien sûre que le capitaine ne peut avoir une autre idée; car il se montre trop raisonnable pour qu'on puisse lui supposer l'idée de lui avoir in^ spire une vive passion pour en avoir été vue h Clvlta-VeO' chia une seule fois au travers d'une fenêtre. Elle pouvait dono avoir raison et se croire justifiée envers lui, mais non pas envers moi; car avec son esprit elle devait bien savoir que si elle ne m'avait rien inspiré, je ne serais pas parti avec eux; et elle ne pouvait ignorer qu'elle n'avait qu'un seul moyen de se faire pardonner. Elle pouvait avoir des vertus, me disais-je; mais elle n'a pas celle qui doitm'empécher de prétendre à la seule récompense réelle qu'un

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homme puisse attendre de la femme dont il est âprÏB.

Si elle croit pouvoir jouer la vertu ft mon égard et me

rendre sa dupe, je crois mon honneur engagé & lui prouver

qu'elle Ee trompe.

Après ce monologue, qui m'avait encore irrité davantage,

"terminai & m'eipliquer le lendemain matin avant

'. Je lui demanderai, me dis-je, les complaisances

vieux capitaine en a obtenues si facilement, et si

s refuse, je m'en vengerai en lui témoignant un &oid

id mépris avant que nous arrivions & Parme. Il

lait évident qu'elle ne pouvait me refuser des m&r-

tendresse vraies ou fausses qu'en affectant une

'elle n'avait pas; or, je pensais que cette vertu

ue simulée, je no devais pas en être le jouet.

à l'officier, j'étais sûr, d'après ce qu'il m'avait

ne trouverait point mauvais que je fisse ma dé-

1, car avec un sens droit il ne pouvait être que

dt de mes nùsonnements et ferme dans ma résoe m'endors. Henriette occupait trop ma pensée

son image ne vint pas m'occuper en songe ; mais ce ni dura toute la nuit, était si fort empreint de vék mon réveil ja la cherchais encore à mes côtés; et gination était sifrappée des charmes de cette nuit, % porte n'eût pas été fermée au verrou, je me seuadé qu'elle m'avait quitté pendant mon sommeil rendre sa place auprôs du bon Hongrois.

réveil, je trouvai que le songe continuel de cette < nuit m'avait rendu fou de cette belle personne ; et lOuvait être autrement. Que le lecteur se âgure un liable qui se couche accablé de fatigue et mourant

il snocombe au sommeil, le plus impérieux des mais il se croit eu songe devant une table abont servie — et qu'arrive-t-il 1 Le résultat nécessaire, mac, plus vif que la veille, ne lui laisse point de faut qu'il se satisfasse ou qu'il meure d'inani-

labille, déterminé & me rendre certain de la pos-

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