CHAPITRE VI
poîr. Réfléchissez actuellement; je vous le demande en gi'âce, et vous verrez que vous auriez à mon égard un tort impardonnable si vous me disiez : Venez à Parme, quoique je vous prie de ne point chercher à me voir. Convenez-vous qu'avec justice vous ne pouvez pas me dire cela?
— J'en conviens, s'il est vrai que vous m'aimiez.
— Dieu soit loué ! Oui, soyez sûre que je vous aime bien sincèrement. Choisissez donc, et prononcez.
— Et toujours sur le môme ton?
-Oui.
— Mais savez-vous que vous avez l'air en colère?
— Non, car cela n'est pas ; je ne suis que dans une espèce de paroxysme et dans un moment décisif, mais dans une incertitude affreuse. Je dois en vouloir à ma bizarre fortune et à ces maudits sbires de Césène ; car sans eux je ne vous aurais pas vue.
— Vous êtes donc fâché de m'avoir connue?
— Eh! n'ai-je pas bien raison?
— Point du tout, car je n'ai rien décidé encore.
— Je commence à respirer ; car je gage que vous allez . me dire de vous suivre à Parme.
— Oui, venez à Parme.