CHAPITRE VI
fflb. L*«&ioitr est un petit être ennemi de la honte, quoiqu^il
cherche iouvent robscurité et le mystère ; mais s*il Ittl donne prise, il se sent avili et dès lors il perd les trois quarts de sa dignité et une grande partie de ses charmei« Il est facile de sentir qu'Henriette, comme moi^ ne pouvait être heureuse qu'en éloignant le souvenir de oe brave homme.
Nous soupâmes tête à tôte, moi enivré de mon bonheur qui me paraissait trop grand, et pourtant triste ; mais Henriette, qui paraissait triste aussi, n'avait rien à me reprocher. Ce n'était au fond que de l'embarras ; dar nous nous aimions, mais nous n'avions pas eu le temps de nous con« naître. Nous dîmes peu de choses, mais rien de piquant, rien d'intéressant : nos propos nous paraissaient insipides, et nous nous complaisions dans nos pensées* Nous savions que nous allions passer la nuit ensemble} mais nous aurions craint d'être indiscrets si nous en avions fait mention. Quelle nuitl quelle femme que cette Henriette, que j'ai tant aimée, qui m'a rendu si heureux !
Ce ne fiit que trois ou quatre jours après que je me hasardai à lui demander ce qu'elle aurait fait, sans le son, n ayant aucune connaissance à Parme, dans le cas où j'aurais craint de lui déclarer mon amour et que je fusse parti pour Naples. Elle me répondit qu*elle se serait vraisemblablement trouvée dans le plus grand embarras ; mais quelle était sûre que je l'aimais, et qu'elle avait préVu oe qui était arrivé. Elle ajouta que, dans l'impatience où elle était de savoir ce que je pensais sur son compte, elle m'avait prié d'interpréter sa résolution à l'officier, sachant qu'il ne pouvait ni s'y opposer ni continuer & vivre avec eue, qu'enfin, comme elle ne m'avait pas compris dans la prière qu'elle m'avait fait faire au capitaine, elle trouvait impossible que je ne lui demandasse pas si je pouvais lui être de quelque utilité, et qu'alors elle se serait déterminée d'après les sentiments qu'elle m'aurait reconnus. EUe finit par me dire que, si elle s'était perdue, la fai te en était à son époux et à son beau-père, qu'elle appela monstres.
Ëû arrivant à Parme, je continuai à donner à la consi-
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gne le nom de Farusi que j'avais & Césëae : c'était le nom de fomille de ma mère ; et Henriette écrivit elle-même : ' — ■"irci. Française. Pendant qne nous répondions au un jeune Français leste et avenant vint m'offrir ices, et me dit qu'au lieu de descendre â la poate bien d'aller chez d'Andremont, où je trouverais ments et cuisine & la française, et les meilleurs France. Voyant que la proposition plaisait à Heoe m'y fis conduire et nous fûmes parfaitement lopris le domestique & tant par jour et je as minumt mes accords avec le sieur d'Andremont. J'allai ne ensuite faire remiser ma voiture, itrai un Instant et ayant dit & mon amie que nous rerrions à diner, et an laquais d'attendre mes or antichambre, je sortis seul. e était BOUS la férule d'un nouveau gouvemementi indé & croire que les espions devaient se trouver sons tontes les formes ; je ne voulais pas avoir na ft mes trousses qui, peut-être, m'aurait pins nui i. J'étais dans la patrie de mon père, où je ne conpersonne ; mais quoique seul, j'étais sûr de n'être :temps & m'orientêr.
ne je fus dans les rues, il me sembla que je n'étais Italie, car tout avait l'air ultramontain. Je n'endans la bouche des passants que du français ou de ol, et ceux qui ne parlaient point ces langues l'air de se parler k l'oreille. Je courais au hasard, nt des yeux un magasin de lingerie, ne voulant mander où je pourrais en trouver un et je finis par l'objet de mes recherches.
e, et, m'adressant à une bonne grosse matrone aa- ^omptoir :
[idame, lui dis-je, je voudrais faire quelques em-
^nsieur, je vais envoyer chercher quelqu'un qui ■
uiçais.
est inuUle ; je suis Italien.
le Dieu soit louél car rien n'est si rare auJourd'liuL