CHAPITRE VI
à me metIrQ à runissoa sans me faire aucune contrainte, car elle ne jouait pas un rdle, et en reprenant son naturel il ne m'était pas difficile de me conformer à ses manières. Je la contemplais avec une sorte d'admiration, et, pressé par un sentiment dont je ne cherchais pas à me rendre compte, je lui pris la main pour la lui baiser; mais avant que je pusse la porter à mes lèvres, elle me livra sa belle bouche et jamais baiser ne m'a semblé si délicieux.
— Ne suis-je donc pas toi\jours la même? me dit^Ue d'un ton plein de sentiment.
-- Non, ma divine amie, et c'est si vrai que vous ne fêtes plus À mes yeux qu'il m'est impossible de vous tutoyer. Vous n'êtes plus ce jeune officier spirituel, mais libre, qui répondit à M°^® Querini que vous jouiez au pharaon, que vous teniez la banque, mais que le gain était si petit qu'il ne valait pas la peine d'en parler.
— Il est certain qu'avec mon costume de femme je n'oserais pas répéter ces paroles. Cependant, mon ami, je n'en suis pas moins ton Henriette, cette Henriette qui a fait en sa vie trois folies, dont sans toi la dernière . m'aurait perdue, mais que j'appelle charmante puisqu'elle est cause que je t'ai connu.
Ces paroles me pénétrèrent si fort que j'étais au moment de me jeter à ses pieds pour lui demander pardon de ne l'avoir pas plus respectée; mais Henriette, qui voyait mon état et voulait finir cette scène pathétique, se mit à secouer notre pauvre capitaine qui avait l'air d'une statue, comme s'il avait été pétrifié. Il avait honte d'avoir traité en aventurière une femme de cette sorte, car il jugeait qu'il était impossible qu'il fût sous l'empire d'une illusion. Il la regardait avec une espèce de confusion, lui faisant des révérences respectueuses comme par réparation. Pour elle, elle paraissait lui dire, mais sans l'ombre du repro? ehe:
— Je suis bien aise que vous jugiez que je vaux plus de dix sequins.
Nous nous mîmes à table, et dès ce moment elle en fit les honneurs avec toute l'aisance qui en prouve l'habitude.
HÉHOIRES DE CASANOVA.
le capitaine en ami reapectabl« et moi en éponz tapitaine me pria de lui dire que s'il l'avait vue ita-Vecchia, en aortant de la tartane, il ne ee us avisé de Ini envoyer son cicérone, iites-lui que j'en suis bien persuadée. Mais il est ilier qu'une petite robe de femme impose plus
veuillez pas, de grftce, ft cet anifbrme, puisque mon bonheur.
me ditr«Ue avec le plus aimable sourire, comme Dires de Césène.
estâmes longtemps à table A nous entretenir de armants qui avaient trait & notre bonheur mune fut que la gêne que semblait éprouver l'honroia qai nous fit mettre un & nos gentillesses etù