‹ Mémoires de Jacques Casanova de SeingaltChapitre 87 sur 235 · CHAPITRE X · texte numérisé non relu

CHAPITRE X

Je Tis sur la scône TAstrua et Gafarello, ôé» dôttx 9tiperbes voix; etjé vis danser la Geoffpoi, 4ti*ii6 dftfiseup très-honnête homme, nommé Bodin, épousa daftd cé ftiétfte temps.

Pendant mon séjour à Turin aucun penchant amoufdttx n'altéra la paix de mon âme, si ce n*est k fille de taa blanchisseuse, avec laquelle il m'arrivâ un accident que je ne rappelle ici que parce qu*il augmenta d*une manière sin* guliôre mes connaissances en physique.

Cette fille était fort jolie, et, sans en être précisément amoureux, je désirais en obtenir les faveurs. Piqué de faire de vains efforts pour obtenir un rendez- vous, je me hasardai un jour â Tobtefilr avec un peu dé violence au bas d'un escalier déf obé par où elle passait en venant chez moi.

M'étant caché à cet effet daùs un moment oû je savais qu'elle allait venir, je la saisis par surprise, et, moitié par persuasion, moitié par la vivacité de mon action, elle se trouva en position convenable et moi en action. Mais au premier mouvement de l'union, une forte explosion ralentit un peu mon ardeur, d'autant plus que la jeune fille porta la main & Son visage comme pour cacher la honte qu'elle en avait. Je croîs devoir la rassurer par un tendre baiser, et puis je recommence. Mais grand Dieul un brait plus fort que le premier frappe â la fois mon nez et mon oreille. Je poursuis; ite troisième, puis un quatrième, un enfin à chaque motitè^entavec autant de régularité qu'un chronomètre pour marquer la mesure d'une pièce de musique. Ce phénomène bizarre, la confusion de la pauvre fille, notre position, tout me parut si comique que le rire s'empara de moi au point de me forcer à quitter la place. Honteuse et déconcertée, la jeune fille ô'eûfuit et je ne cherchai pas à la retenir. Depuis ce jour, elle n'osa plus se montrer â mes yeux. Je restai assis sur l'escalier plus d'un quart d'heure après son départ, réfléchissant sur le comique d'une scène dont le souvenir excite encore mon hilarité. Je pense que c'est à ce singulier défaut que cette fille était redevable de sa sagesse ; et il est probable que ô'il

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était commun à tout le sexe, il j aurait bien moin? de femmes galantes, à moins toutefois que nous n'eussions d'autres organes; car c'est trop cher payer un instant de jouissance que de le payer aux dépens de Touîe et de Todorat.

Baletti, pressé d'arriver à Paris, où l'on préparait des fêtes superbes pour la naissance d'un duc de Bourgogne, car M*"* la dauphine touchait au terme de sa grossesse, me persuada facilement d'abréger mon séjour à Turin. Nous en partîmes, et en cinq jours nous arrivâmes à Lyon, où je restai une huitaine de jours.

Lyon est une fort belle ville, où il n'y avait pas de mon temps trois ou quatre maisons nobles ouvertes aux étrangers ; mais en revanche il y en a cent de négociants, de fabricants, de commissionnaires, beaucoup plus riches que les fabricants, et la société s'y trouve par&itement bien montée, avec aisance, civilité, franchise et bon ton, sans la roideur et la sotte morgue que l'on trouve dans les maisons nobles de province, à quelques honorables exceptions près. Il est vrai que le ton y est au-dessous de celui de Paris ; mais on s'y fait, on y vit plus méthodiquement. Ce qui £edt la richesse de Lyon, c'est le bon goût et le bon marché ; et la divinité à laquelle cette ville doit sa prospérité, c'est la mode. Elle change chaque année; et telle étoffe que le goût du jour met aujourd'hui à trente n'en vaut plus, l'année prochaine, que vingt ou quinze; et alors on l'envoie dans l'étranger, où elle est recherchée comme toute nouvelle.

Les Lyonnais payent cher les dessinateurs qui ont du goût : c'est le secret. Le bon marché vient de la concurrence, source féconde de richesses, et fille de la liberté. Donc un État qui veut assurer chez lui la prospérité du commerce doit le laisser agir en pleine liberté ; attentif seulement à prévenir la fraude que l'intérêt privé, souvent mal entendu, peut inventer au détriment de l'intérêt général. Les gouvernements doivent tenir la balance, et les citoyens la charger à leur gré.

, Je trouvai k Lyon la plus célèbre courtisane de Venise.

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