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et ceux des eDnemis 5 à la face de leor armée , qui les vit faire sans le moindre effort pour les sauver. On proposa alors de redescendre la colline et de tomber de nouveau sur les rebelles ; mais rinfanterie du Roi était fort diminuée. La plus grande partie s'était dispersée dans les villages environnans pour chercher des vivres ; Sa Majesté ne jugea pas à propos de donner un nouveau combat ; elle se retira vers le soir à ses quartiers d'Edge-Hill , l'ennemi se retirant dans le même temps vers Warwîck.
Il reste maintenant à rendre compte du nombre des morts. Il ne fut pas si grand qu'on l'a dit communément; car^ d'après les rapports les plus exacts^ il ne resta pas y tant d'un côté que de l'autre , plus de quinze cents hommes sur le champ de bataille. Du côté du Roi, il y eut d^ tués, en personnes de marque, le lord Aubigny^ frère du duc de Richmond, et capitaine des troupes du duc; l'Écossais Monro, lieutenantcolonel du régiment d'infanterie du général. Peu de jours après , le général lui-même , le comte de Lindsey mourut de ses blessures dans le château de Warwick , où il avait été conduit prisonnier avec son fils. Les blessés furent le lord Taff , le colonel Charles Gérard, le colonel sir Nichoias Byron , sir George Strode, officier d'ordonnance , sir Richard Graham , un des écuyers de Sa Majesté , et sir Gervais Scroop , qui fut
laissé pour mort sur le champ de bataille, et que soo fils y retrouva le lendemain matin parmi les morts 9 avec vingt-trois blessures, dépouillé de tous ses vêtemens et hors d'état de se mouvoir. Plusieurs chirurgiens pensèrent que le froid qui survint cette nuit-là avait arrêté le sang et lui avait sauvé la vie. Du côté des rebelles furent taés le lord Saint*John , le colonel Ch. Essez et d'autres officiers d'un rang inférieur.
L'étendard royal fut un moment entre les mains de l'ennemi, et repris par le capitaine Smith., frère de lord Garington , revenant de la poursuite de la cavalerie ennemie. Il attaqua avec succès le corps qui l'emportait; et pour ce service. Sa Majesté le créa chevalier baronnet sur le champ de bataille.
Le lendemain de la bataille , le prince Robert
froposa à Sa Majesté de l'envoyer sur-le-champ Londres avec la plus grande partie de la cavalerie , et trois mille hommes d'infanterie. Il promettait de se rendre maître de Whitehall et de Westminster, ou d'en chasser la portion de rebelles du parlement, et de tenir cette partie de la ville jusqu'à ce que Sa Majesté pût arriver avec le reste de l'armée : cela pouvait se faire aisément avant que le comte d'Essex eût rassemblé ses forces dispersées et marchât à la défense de Londres ,* mais plusieurs personnes du conseil , qui craignaient que le Roi ne rentrât à
Londres par la conquête^ s'opposèrent d'abord à cette proposition si ayantagease, et la firent enfin rejeter. Un de ces conseillers dit en propres termes au Roi qu'il y avait trop de danger pour lui à confier un semblable projet au prince Ro-bért, qui, jeune et naturellement emporté, pourrait, dans la chaleur de l'action, se laisser entraîner à brûler la ville. Ces remontrances, et d'autres également timides, faites ou appuyées par des hommes, tous dans les mêmes principes, engagèrent le Roi à aller d'abord preqdre Banbury , que tenait pour le parlement le colonel Fiennes; ensuite on obtint de lui de marcher à Oxford, et y étant demeuré quelques jours, il tarda si long*temps qu'il laissa échapper l'occasion d'aller à Londres. Le comte d'Essex y fut avant lui, et cette imprudence du Roi eut pour ses affaires de fatales conséquences ; car, selon toute apparence , s'il eût marché directement sur Londres , il eût mis fin à la guerre , et totalement éteint la rébellion ; car le parti factieux dans le parlement et ses adhérens dans la cité étaient alors tellement consternés qu'ils seraient certainement sortis de Londres par une porte tandis que le Roi fût entré par l'autre; mais une fois le comte d'Essex revenu , et l'armée du Roi n'ayant pas paru avant qu'ils eussent eu le temps de revenir de leur frayeur,, ils reprirent courage, donnèrent ordre de recruter leurs troupes en dé-.
sarroi, et raffermirent le cœur de leurs partisans ëbraûlës, comme on le yit clairement lorscpie ensuite Sa Majesté ^ trop tard, s'avança vers la TÎlle.
€e fut au commencement d'octobre que le Roi quitta Oxford pour marcher enfin sur Londres* Il ne trouva aucune opposition dans sa route jusqu'à Brentford, où il arriva le 1 2 de ce mois. Deux ou trois régiinens des troupes d'infanterie des rebelles étaient cantonnés dans cette ville avec un peu de cavalerie. Ils s'efforcèrent de tenir le pont ; mais , après un combat très-vif et qui dura quelques heures, le passage fut forcé, et toute cette infanterie fut faite prisonnière ou tuée sur la place. Un homme de qualité, qui était alors avec le comte d'Essex, a depuis avoué que, si les troupes du Roi avaient marché en avant sans délai , elles se seraient infeitliblement emparé de Londres ; car les forces de l'ennemi étaient toutes dispersées hors de la ville en divers cantonnemens , et la plus grande partie de la cavalerie était de l'autre côté de l'eau à Kingston, en sorte que le comte d'Essex arriva ce soir -là à llammersmith , et s'attendait à tout moment à être forcé de se replier dans la ville; mais le lendemain matin la plus grande partie de ses troupes vint le rejoindre, et il lui arriva au moins dix mille hommes des milices de la cité, qu'il rangea en bataille sur Tumham-Green. Le Roi ne put
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songer à livrer le combat^ les forces de Teanemi étant le double des siennes^ et par conséquent il n'eût pas été de la prudence d'en demeurer si proche. Ce fut ce qui engagea Sa Majesté à se retirer le même soir à Hampton-Court. Le lendemain leRoi passa la rivière^ marcha sur Oatlands^ passa de là à Bagshott, puis à Reading, où il s^arréta quelques jours, parce que le prince y tomba malade de la rougeole. Mais aussitôt qu'il fut rétabli^ Sa Majesté, laissant une garnisoa dans cette ville, retourna à Oxford.
Vers le milieu d'avril, le comte d'Essex assiégea Reading. Le Roi , l'ayant appris , assembla soa armée, et marcha au secours de cette ville. Il échoua dans cette entreprise , et retourn» à Ox-^ ford. Un jour ou deux après sa retraite , la ville se rendit au parlement. Il mena le prince avec lui dans cette*expédition, mais laissa le duc.
Vers la fin de juillet, le prince Robert se rendit maître de Bristol. Vers le même temps, la Reine vint »^ Oxford. Un jour ou deux environ après la prise de Bristol, le Roi se rendit dans cette ville , conduisant avec lui le prince et le duc ; et vers le lO août il marcha à Glocester et l'assiégea. Ce siège fut conduit d'une manière funeste aux affaires du Roi : d'abord on ouvrit la tiî^an- :chée beaucoup trop loin; ensuite on prépara trèsinutilement des galeries pour passer le fossé, qui n'était ni assez profond ni assez large pour néce^-
siter cette perte de temps. Il faut ajouter à cela' que lorsque sir Jacob Ashiey fut prêt à faire* jouer sa mine, il en fut empêché y parce que le comte de Branford, de son côte', n'e'tait pas prêt à en faire autant. Toutes ces causes réunies donnèrent au comte d'Essex le temps de vettir de Londres avec son arnie'e au secours de la place , tandis que si le siège eût e'té poussé aussi TÎgoureusement qu'il pouvait l'être, la ville n'était pas capable de tenir plus de quatre jours.
Sitôt que le Roi fut informé que les rebdtes marchaient vers lui, il ordonna au prince Robert d'aller à leur rencontre avec la plus grande partie de la cavalerie, de surveiller leurs mouvemens , et de faire tous ses efForls pour retarder leur marche; ce qu'il fit avec tant d'habileté, qu'il les arrêta au moins deux jours. Mais cela ne set*vit de rien au Roi, parce que le siège n'était pas aâsèz avancé pour qu'il put se rendre maître de la ville dans cet intervalle de temps qu'avait gagné le prince Robert. Le comte d'Essex s'ap < prochà alors tellement que Sa Majesté fut obligée de lever le siège; ce qu'elle fit vers le 8 septembre. Elle marcha Contre l'armée du parlement, décidée à livrer bataille. Dans ce dessein le Roi arriva à Sudely-Castle en même temps que l'ennemi se trouvait à Winchcomb. De Sudely , le prince et le duc furent renvoyés à Oxford; mais le comte d'Essex, qui, après avoir
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fait lever le siège de Giocester ^ n'était pas dans l'intention de se battre^ échappa à l'armée du Roi , et se retira aussi rapidement qu'il le put sur Londres^ tellement que Sa Majesté ^ quelque diligence qu'elle pût faire ^ ne l'atteignit qu'à Newbury oil se donna la bataille.
Quelque temps avant le siège de Giocester^ la Reine ^ comme on l'a dit^ s'était rendue à Oxford^ où elle demeura jusqu'au mois d'avril 1644* ^^Ic ^^ partit alors pour se rendre à Exeter, où^ dans le mois de juin suivant, elle accoucha de la princesse Henriette. Quinze jours après ses couches , la crainte de l'armée du parlement l'obligea, faible comme elle était, de pourvoira sa sûreté en passant en France , laissant la princesse en Angleterre. La même année, vers le 5 juin. Sa Majesté quitta Oxford avec toute sa cavalerie et ses mousquetaires pour éviter d'y être enfermée par deux armées des rebelles commandées , l'une par le^comte d'Ëssex, l'autre par sir William Waller; elle laissa ses piquiers et son canon dans la ville , et emmena le prince , mais jugea à propos que le duc demeurât à Oxford. Le Roi passa heureusement entre les deux armées 9 et, sorti de leurs mains, marcha vers Worcester ; en sorte que le comte d'Essex ordonna à sir William Waller de suivre Sa Majesté, et de surveiller ses mouvemens ^ tandis que, de son côté, il marchait dans l'ouest, espérant de ré-
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duire cette portion du pays sous le pouvoir du parlement 5 tandis que le voisinage de sir William occuperait l'armée du Roi; mais Sa Majesté^ avertie à temps de son dessein^ e'chappa une seconde fois à Waller^ et retourna à Oxford.
Ayant alors envoyé chercher ses piquiers et son canon ^ le Roi revint sur Waller ^ et le défit à Cropredy-Bridge le 29 juin. Âpres cette victoire, il suivit aussitôt le comte d'Essex dans l'ouest y et l'accula dans un coin de Cornouailles à LestihieU Le comte alors y par le conseil de lord Roberts, abandonna son armée, et vint par mer à Plymouth , la seule ville forte qui restât au par* lement dans toute cette partie du royaume. Après son départ, sa cavalerie se fit passage au travers de l'armée du Roi, et, par la négligence de lord Goring, gagna aussi Plymouth. L'infanterie parlementaire, ainsi doublement abandonnée par son général et sa cavalerie, traita pour son compte. Les conditions furent qu'elle se retirerait en lais* sant ses armes, ses. canons et ses munitions.
Pendant que cela se passait au lieu où Sa Majesté se trouvait en personne , ses armes , dans le nord , étaient moins heureuses ; car York fut assiégé par les rebelles. Le prince Robert rassembla, pour secourir cette ville, tout ce qu'il put avoir de troupes dans les environs. Les ennemis ^ avertis qu'il marchait vers eux, levèrent Le siège,
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et se l^tirèrent à enTiron quatre ou cinq milles
de distance de la TiHe.
Alors le prince Robert reçut de Sa Majesté Tordre positif de les combattre. Il fit donc demander au marquis de Newcastle tout ce qu'il pourrait faire sortir de troupes de la ville d'York. Avec ce renfort il suivit l'ennemi et le serra de si près qu'il fut obligé de faire volte face^ et d'accepter la bataille. L'affaire aurait^ selon toutes les probabilités 9 tourné en faveur du Roi ^ si lord Byron avait ponctuellement suivi les ordres qu'il avait reçus. Le prince Robert l'avait posté très-avantageusement derrière une garenne et un marais^ avec l'ordre positif de ne pas quitter ce lieu, mais d'y attendre et d'y recevoir la charge de l'ennemi , qui arriverait nécessairement sur lui fort en désordre ^ après avoir été oblige de traverser le marais, et qui aurait alors à subir le feu de sept cents mousquetaires, ce qui lui ferait beaucoup de mal, et peut-être opérerait sa défaite complète. Mais au lieu de se tenir à son poste, comme il aurait dû le faire, les ennemis n'eui^ent pas plus tôt amené deux ou trois pièces de campagne, dont ils tirèrent sur lui , que lord Byron se laissa persuader par le colonel Hurréy de traverser le marais et de les charger : action imprudente par laquelle il leqr abiindonnait l'avantage qu'il avait eu sur eux; ceux-ci Payant chargé pendant qu'il passait > le mirent aussitôt
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en déroute. Alors 5 quoique l'aile gauche, coin-mandée par lord Goring , eût battu l'aile droite des rebelles , leur gauche ^ commandée par Cromwell et David Lesley ^ après avoir mis en déroute lord Byron> continua de tenir ferme sans se rompre, chassa sans peine lord Goring du champ de bataille 9 et détruisit une grande partie de l'infanterie du Roi.
Peu de jours çiprès leur victoire, ils remirent de nouveau le siège devantTork. Cette ville leur fut rendue par le marquis de Newcastle , qui , outre qu'il ne pouvait plus espérer de recevoir aucun secours, avait perdu dans la diernière bataille la plus grande partie de son infanterie.
Ainsi Tordre fatal envoyé au prince Robert , et auquel il obéit trop exactement , occasionna non-seulement la perte de la bataille et celle de la ville , mais entraîna après lui les plus cruelles conséquences, car il causa la perte du royaume. Après cette bataille, livrée à Marston - M oor , les affaires de Sa Majesté commencèrent visiblement à décliner; et les rebelles ayant réduit sous leur puissance la plus grande partie du pays, ce qu'ils firent sans peine et en peu de temps, les troupes qui étaient sous les ordres du comte de Manchester purent facilement faire leur jonction avec eux, et ce renfort les encouragea à livrer la seconde bataille de Newbury que perdit le Roi. Il ne sera pas hors de propos de rapporter I. 5
ici un fait affirme depuis par un homme de qualité qui se trouvait alors devant York avec Tarmée des rebelles : c'est qu'après avoir levé le siège, les généraux des rebelles, savoir , le comte de Manchester, le lord Fairfax et le vieux Lesley, étaient dans la plus grande consternation qu'on puisse imaginer, ne sachant comment empêcher leur armée de se débander ; en sorte que è'îls n'eussent pas été poursuivis par le prince Bobert, comme ils le furent, et forcés de livrer la bataille, quatre jours après au plus tard, ils se seraient trouvés dans la nécessité de se séparer et auraient en conséquence laissé le prince tranquille possesseur du pays.
Mais ce ne fut pas la seule faute commise par les hommes alors en pouvoir auprès du Roi; car, après cette série de succès obtenus d'abord contre Waller, et ensuite dans l'ouest contre le comte d'Essex , le Roi étant de retoiir à Sherburn , le prince Robert vint le trouver , et il fat résolu , dans un conseil de guerre, que Sa Majesté ne s'avancerait pas au-delà de Salisbûry jusqu'à ce que le prince Robert eût été dans le pays de Galles prendi'e au lord Gérard ce que celui-ci pourrait lui donner de troupes pour renforcer l'armée du Roi. On pensa que Sa Majesté ne pouvait , sans ce renfort , s'exposer à une bataille contre les forces de l'ennemi qui se rassemblait alors aux environs de Windsor, renr-
forcé des troupes dvt comte de Manchester qui venait les joindre des provinces du nord; mais le prince Robert ne fut pas plus tôt parti pour le pays de Galles , et le Roi arrivé à Sàlisbul*y , où il apprit que sir William Waller était à Andover avec ses troupes ;, qu'on résolut d'attaquer ses quartiers : ce qui, sans aucun doute, eût été exécuté avec vigueur si les troupes de Sa Majesté avaient été toutes arrivées au rendez-vous à l'heure fixée.
Mais, tandis qu'elles se faisaient attendre, sir Williarn, averti des desseins du Roi, sortit promptement de ses quartiers; en sorte que, quand l'avant-garde de Sa Majesté arriva , elle trouva l'ennemi déjà rangé en bataille hors de là ville , et , tombant sur ses derrières , le contraignit de se retirer précipitamment et en désordre. Echauffé par ce petit succès, le lord Digby , dont l'ambition était de faire quelque chose d'extraordinaire en l'absence du prince Robert, conseilla à Sa Majesté de profiter de son avantage et de suivre l'ennemi à Newbury. Celui-ci, promptement averti de cette résolution , rassembla toutes ses forcés et marcha à la rencontre du Roi. Les rebelles étaient le double de l'armée royale : ce que le Roi avait donc de mieux à faire était de se jeter à temps sur Oxford, aè qui eût donné au prince Robert le temps de le joindre avec les troupes qu'il amenait à son se-