CHAPITRE VAT
COMMENT P... TROUVE MOYEN D'ÉLUDER SON SIGNALEMENT, ET CONCLUSION DE L'AVENTURE
E petit homme ne devait à la Nature, peu libérale à son fe égard, que d’assez beaux cheveux blonds, dont sa tête était bien garnie. Dans la frayeur qui l’agitait encore, il imagina de les cacher sous une vaste perruque noire, qu’il emprunta d’un Clerc de Notaire. Il se noircit en même temps les sourcils avec du liège brûlé et de l'huile; il emprunta du même Clerc un vieil habit noir; mais comme le Clerc était fort grand, et P... démesurément petit, cet habit lui servait, en quelque sorte, de robe de chambre.
Dans cet équipage, qui le rassurait contre ses craintes, il va voir un de ceux qui avaient eu le plus de part à ses aventures de la veille. Celui-ci feint de le méconnaître, et le petit homme ne se sent pas de joie d’être méconnu. Cependant pour lui dessiller les yeux sur l’absurdité de ses frayeurs, on l'engage dans un souper, où se trouvent en personnes, et le prétendu Garde des Maréchaux de France qui l'avait arrêté, et celui qui était venu lui annoncer qu'il était libre, et même le formidable Officier des Mousquetaires, dont il se croyait homicide.
P..., persévérant dans son trouble, non-seulement ne reconnaît pas l’Officier qu'il a tué, mais lui raconte à lui-même com- 1 ment il a eu le malheur de lui porter une botte terrible, et de 4
l'étendre sur le carreau. On peut juger de la surprise de ceux mêmes qui avaient imaginé la plaisanterie. Comme on voyait
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