UN SOUPER AGREABLE
tion dangereuse), mais un sursis qui lui permettait de jouir de sa liberté, et le Garde au même instant disparut.
P..., malgré le sursis, ne fut tranquille de longtemps; il ne cessait de regarder autour de lui, pour s'assurer qu'il était véritablement libre. Enfin ne pouvant se guérir de la crainte, et persuadé de plus en plus qu'il avait tué l'Officier, il dit à ceux qui l'accompagnaient : « Me conseilleriez-vous, mes arnis, de me fier « à ma prétendue liberté, et d'attendre que de nouveaux indices « viennent me replonger dans l'abyme d'où je suis à peine sorti. « Non, non, Messieurs, je ne m'exposerai pas à ce danger? « Adieu, je pars », et véritablement il partait.
On l'arrêta, en lui disant que peut-être il était observé, et qu'une fuite précipitée pourrait fournir contre lui les seules preuves décisives qu'il eût à craindre. On revint sur ce signalement exact et terrible, dont l'impression si marquée sur lui, comme on l'a vu, subsistait encore. Ce signalement pouvait être consigné à toutes les Barrières et le faire arrêter de nouveau, précisément par l'empressement qu'il mettrait à s'enfuir. Le petit homme convint qu'on avait raison. Il souhaita le bonsoir à la compagnie, en disant que le lendemain ce maudit signalement ne l'inquiéterait plus.