‹ Mémoires de Jean Monnet, directeur du Théâtre de la foireChapitre 4 sur 36 · MI R · texte numérisé non relu

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Almanzine, pour le surlendemain, 9 du mois. Depuis ce temps, on n'a pas joué à la foire le jour de la Nativité de la Vierge, non par ordre de la police, mais l'usage a eu force de loi. Il paraîtra bien étrange qu'un juif ait fait cet honneur à la Vierge; mais le fait est que De Vienne avait arrangé une partie avec la plupart des filles de l' Opéra-Comique, et qu'il avait donné ce jour-là relâche à son théâtre, pour n'en point donner à ses plaisirs.

De Vienne était d'une riche famille juive de Metz et ne paraissait point à son spectacle le samedi pour veiller sur la recette et sur les habits des acteurs ; aussi le volait-on de tous les côtés; mais il disait à ses amis, qu'il aimait mieux souffrir cette perte que de manquer à son devoir (1). »

Ce directeur si scrupuleux administrait si mal son théâtre, même les autres jours que le samedi, que Pontau s'estima très heureux, dès 1734, de pouvoir le reprendre.

Il le garda pendant dix ans, jusqu'en 1743, et débuta (à la foire Saint-Laurent) par une pièce de circonstance la Première Représentation, de Lesage. Lesage vieillissait et sa verve vieillissait comme lui (2), mais il allait avoir pour successeur, cette même année 1734, Favart, la gaîté faite homme.

La première pièce de Favart, au théâtre de Pontau, qu'il ne signa pas — et il ne signa pas davantage

(1) anecdotes dramatiques, t. I, p. il. Mayer Devienne, pour avoir trop respecté le jour du Sabbat, mourut dans une prison pour dettes. Il est probable que les actrices de son théâtre y furent pour quelque chose. Elles ne valaient pas cher mais coûtaient beaucoup.

(2) La dernière pièce de Lesage au Théâtre de la Foire (à la foire Saint-Laurent), le Neveu supposé, opéra-comique en un acte (avec la collaboration de Fromaget), fut jouée le 6 septembre 1738. Lesage avait alors 70 ans. II mourut en 1747, à Boulogne-sur-Mer.

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Pontau n'avait pas assez réussi, Monnet réussissait trop. On le lui fit bien voir.

« Les comédiens français et italiens, dit Favart, voyant déserter de chez eux pour des bagatelles, conjurèrent la ruine de l' Opéra-Comique, et réussirent à le faire supprimer, malgré les représentations et les droits de l'Académie de musique. Cet événement arriva à la fin de la foire Saint-Germain do 1744(1).»

L'Académie royale de musique, dans la personne de son nouveau directeur Berger, était favorable au maintien de l' Opéra-Comique, mais elle l'était beaucoup moins au maintien de Monnet comme directeur. Elle l'accusait de lui faire, avec des pièces comme Acajou (2) qui étaient, disait-elle, de véritables opéras, une concurrence déloyale.

Or Monnet, simple adjudicataire de Thuret et par conséquent du successeur de Thuret, Berger, pouvait être dépossédé sur le champ et sans la moindre indemnité. Et c'est ce qui eut lieu, au moment où il organisait sa saison de 1744 à la foire Saint-Laurent.

« Sur la requête présentée au roi étant en son conseil par François Berger, contenant que par arrêt du Conseil d'État du 18 mars dernier, il a plu à Sa Majesté de subroger le suppliant au lieu et place du

(1) {Mémoire et Correspondance de Favart, t. !, p. xvu.

(2) « Opéra-comique en 3 actes par Favart (avec Bridard de Lagarde et Lesueur). Cette pièce fut d'abord jouée (à la foire Saint-Germain, le 18 mars 1744) en prose, mêlée de couplets, mais après la défense qui fut faite à l'Opéra- Comique de parler, on la donna toute en vaudeville à la foire suivante (à la foire Saint-Laurent, 5 juillet 1744); et au mois d'octobre de la même anr.ée, on la vit avec plaisir sur le théâtre de l'Académie Royale de Musique. » ^Anecdotes dramatiques, t. 1, p. 4.

sieur de Thuret auquel Sa Majesté, par arrêt du conseil du 30 mai 1733 avait accordé le privilège de l'Académie royale de musique... le suppliant s'est mis en possession de l'exploitation dudit privilège, en conséquence dudit arrêt du 18 mars dernier; il a trouvé que le sieur de Thuret, par contrat passé devant Gervais et son confrère, notaires au Châtelet, le 18 mars 1743, avait donné à loyer pour six années à Louis Monnet, bourgeois de Paris, le droit exclusif d'établir dans la ville de Paris aux foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent et autres foires qui pourraient s'établir ci-après, le spectacle appelé vulgairement l'opéracomique, composé de vaudevilles, de danses, machines, décorations et symphonies ; mais le suppliant a reconnu que ce bail était préjudiciable à ladite Académie royale; il a cru qu'il était plus convenable à l'intérêt de l'Académie qu'il fit régir par lui-même ledit opéracomique dont Sa Majesté a accordé le privilège exclusif à l'Académie royale de musique par son arrêt du Ier juin 1730, et à cet effet demander la résiliation du bail passé audit Monnet. La demande du suppliant est d'autant plus favorable qu'elle a pour objet l'avantage de ladite Académie royale et que d'ailleurs le sieur de Thuret n'a pu aliéner une portion du privilège au delà du temps qu'il en a été revêtu, c'est ce qui a obligé le suppliant de recourir à l'autorité de Sa Majesté. Requérait à ces causes le suppliant qu'il plût à Sa Majesté, ordonner que le bail passé audit Monnet le 28 mars 1743, demeurera nul et résolu du jour de l'arrêt qui interviendra, ensemble tous les autres baux et traités qui auraient pu être faits par ledit sieur de Thuret, à raison du privilège de ladite Académie royale; faire défense audit Monnet de faire représenter à l'avenir aucun spectacle aux foires de Saint-Germain et de Saint-Laurent; ordonner que l'arrêt qui interviendra

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qu'en 1745. A cette époque l' Opéra-Comique fut de nouveau supprimé.

Favart, chargé par le maréchal de Saxe de diriger sa troupe de comédie, partit pour Bruxelles où la vertu de sa femme, comme on sait, fut traitée en place forte et subit de rudes assauts. Monnet, à la même époque, alla diriger le théâtre de Lyon. Un mémoire rédigé en 1786 et que M. Heulhard découvrit dans les archives de la ville, Projet pour l'établissement des spectacles de Lyon, nous renseigne sur les efforts que fit le nouveau directeur pour se mettre à la hauteur de sa tâche et sur la mauvaise volonté à laquelle il se heurta et qui finit par le briser :

« Au sieur Maillefer, dit ce mémoire, succéda le sieur Monnet, qui n'ayant pu obtenir le privilège de cette ville que sous la condition d'y établir un opéra, et ayant bien prévu que ce spectacle seul ne pouvait pas satisfaire le goût général jugea à propos, pour mettre de la variété dans le sien, de joindre aux acteurs qu'il avait engagés pour le chant, six à sept bons sujets, pour jouer alternativement avec l'opéra, des comédies et des opéras-comiques. Cet arrangement eut sans doute été le plus convenable en supprimant dans la suite un peu de la dépense de l'opéra qui était trop forte. Mais M. Devarax, pour lors prévôt des marchands de cette ville, qui n'avait ni le goût du spectacle, ni apparemment assez bonne opinion des talents du nouveau directeur pour entrer dans ses vues, le priva de sa direction pour la remettre entre les mains d'un acteur, sous les ordres de M. Breton, dont l'état ni le genre n'annonçaient pas les qualités convenables dans une pareille entreprise. »

Après une année de direction, Monnet était endetté de 35.000 livres et son avocat, dans une affaire dont nous allons parler, pouvait dire trop justement que ses

déboires financiers l'avaient obligé à substituer à son ancienne devise : « Movet, mulcet, monet » celle-ci : « Flet, tœdet, pœnitet. »

Ses créanciers, ses acteurs et actrices signèrent un arrangement, pour lui permettre d'arranger ses affaires. Seule, la demoiselle Duval, ci-devant actrice de l'Opéra, refusa de signer, et pour les 75 livres d'appointements et les 300 livres de gratification qu'on lui devait, fit saisir chez le sieur Richard, receveur, le produit du dernier concert et les recettes à venir.

Quelle était cette demoiselle Duval? Le Plaidoyé pour le sieur Monnet va nous l'apprendre.

Monnet l'avait engagée le 3 octobre 1745. Elle devait doubler les rôles de princesses dans l'opéra et au besoin les jouer en chef, figurer dans la comédie ou l 'opéra-comique, et chanter dans les concerts spirituels.

Elle venait du théâtre de Grenoble, et l'Académie royale de musique l'avait comptée naguère parmi ses plus jolies actrices, en même temps que sa sœur qu'on appelait la Constitution, peut-être parce qu'elle avait été violée.

La Duval ne daigna pas jouer dans les comédies ou les opéras-comiques et elle ne parut que dix-huit fois dans les représentations d'opéras, à cause d'un petit accident que l'avocat de Monnet raconte ainsi :

« Le bruit se répand qu'elle est grosse, elle en fait volontiers l'aveu; nos actrices, quoique filles, ne rougissent jamais de la qualité de mères, par une suite de leurs privilèges; le cas n'est pas commun, ni fréquent, on ne sacrifie guère dans ce pays à la déesse Lucine, malgré les soins et le zèle infatigable de Mercure, qui de tous les dieux de l'Olympe y est le plus occupé.

Un témoin muet, mais bien éloquent sur ce chapitre, publie l'aventure; les yeux seuls suffisent pour le découvrir. Elle représente au directeur qu'elle ne peut

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Voilà ce dont Monnet aurait dû se douter et il aurait dû se douter également que le répertoire qu'il choisit était trop français, trop spécial, pour plaire à des étrangers, capables de se reconnaître dans une comédie de Molière, mais à qui un opéra-comique de Favart ne disait rien (i).

Après une campagne, semée de dramatiques péripéties et sur laquelle ses Mémoires donnent de curieux détails, il était en déficit de 24.803 livres et fort en peine de payer sa troupe. Quatre de ses acteurs, Désormes (2), Durancy, la Durancy et la demoiselle Bureau, le firent arrêter et il resta six mois en prison. Quand il put quitter l'Angleterre, ce fut, je crois, avec la plus vive satisfaction (3).

Un autre, moins bien trempé, aurait été écrasé par ce double échec, mais Monnet avait autant d'énergie dans le caractère que de souplesse dans l'esprit (4). A

(i) C'est ce que remarque très justement Fréron dans une de ses Lettres critiques.

(2) Desormes avait débuté à la Comédie-Française dans les rôles à manteaux. 11 fut ensuite comédien du Roi de Prusse et comédien de l'Electeur palatin. C'est lui qui envoya à Fréron, qui l'inséra dans ses Lettres critiques, un compte rendu des Journées d'Haymarket.

(3) Cependant il laissait à Londres quelques amis dévoués, et entre autres Garrick qui lui écrivait quelques années plus tard : « Je suis misérable que je n'aie pas encore répondu à la lettre charmante que notre cher ami Favart m avait écrit il y a longtemps. Je l'aime de tout mon cœur; mais j'ai honte de lui écrire en français. Sa réputation brillante vole jusqu'ici et tous les honneurs qu'il reçoit me pénètrent jusqu'au fond de mon cœur. Je vous conjure, par notre amitié, de lui dire toutes les belles choses pour moi que l'estime la plus profonde peut dicter. Adieu, mon cher Monnet; plût à Dieu que vous et notre ami Favart vous entendissiez notre langue. » Mémoires et Correspondance de Favart..., t. 111, P- 9-

(4) En pleine bataille il écrivait à Londres un {Mémoite pour le sieur éMonnet, ci-devant directeur de l'Opéra-Comique, à Paris, depuis directeur des Spectacles de Lyon, et d'une Comédie à Londres (ce mémoire est aux Archives de l'Opéra), et il envoyait aux ducs de Gèvres et d'Aumont et à ses protecteurs, le maréchal de Richelieu, le comte d'Argenson, l'abbé de Bernis, un Projet d'un Opéra ambulant et d'une Comédie ambulante pour Lyon, Marseille et Bordeaux.

peine de retour à Paris, il sut mettre dans son jeu MIle Le Maure, ancienne actrice de l'Opéra (1), et même Mme de Pompadour. Celle-ci lui accorda ou plutôt lui vendit son tout puissant patronage. Le roi autorisa le rétablissement de l' Opéra-Comique, et, le 20 octobre 1751 , sa décision fut notifiée par d'Argenson au prévôt des marchands, M. de Bernage (2).

Il n'y a de bonnes réputations que celles qu'on se fait soi-même. Monnet n'avait pas manqué d'appliquer ce principe qui réussit tout particulièrement en France. On le considérait comme un directeur de premier ordre, un peu parce que c'était vrai, beaucoup parce qu'il n'avait jamais laissé une occasion de l' affirmer (3).

Reconnaissons d'ailleurs, qu'il justifia bientôt la bonne opinion qu'on avait de ses talents et qu'il en avait lui-même.

D'abord il trouva de l'argent, et c'est une des choses les plus difficiles qu'il y ait au monde. Des amis très confiants lui prêtèrent 12.000 livres et une partie de cette somme servit à faire lever les scellés qui avaient été mis sur la salle de Pontau. Il recruta une très bonne troupe. Il prit comme sous-directeur un homme fort habile, Anseaume, comme régisseur Favart, et il attacha à son théâtre, le créateur d'un genre nouveau, Vadé, dont les pièces en style poissard allaient avoir une grande vogue et bien souvent la méritèrent.

(1) Mlle Le Maure avait quitté l'Opéra en 1750.

(2) Un arrêt du Conseil, le 23 août 1749, avait confié à la Ville de Paris, représentée par son prévôt des marchands, la direction de l'Académie royale de Musique.

(3) V. Collé. Journal, t. II, p. 126. — LesProphéties du grand prophète Monnet, 1753. — La {Mme limonadière ou Recueil d'ouvrages en vers et en prose, par Mm* Bourette, ci-devant M"* Curé, 1755. (Mme Bourette tenait un café très fréquenté par les gens de lettres, le Café Allemand, rue Croix-des-Petits- Champs.)

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Le concierge s'appelait d'Amour, nom qui convient fort bien à un concierge de théâtre, et je note parmi les contrôleurs le sieur Ponsard (1).

Tout ce personnel était soumis au Règlement pour la police intérieure de l' Opéra-Comique qui, entre autres choses, condamnait à 6 francs d'amende tout acteur, musicien ou employé qui se présenterait au spectacle en état d'ivresse, et à 30 sols d'amende les danseurs ou danseuses qui « négligeraient la propreté dans leur chaussure /•.

Au moment où Monnet redevenait directeur, éclatait la guerre des Bouffons. Il fallait à cet habile homme tout le flair dont la nature l'avait généreusement gratifié pour lutter contre cet engouement un peu puéril que provoquait alors la musique italienne. Son mérite, qui n'est pas mince, est d'avoir su attirer parmi les faiseurs d'opéras-comiques de bons musiciens, comme d'Auvergne, et d'avoir, comme nous l'avons déjà remarqué, attaché à son théâtre un homme dont le talent original conquit très vite le public.

Ce public, un peu blasé, voulait du nouveau et Vadé était très capable de lui donner satisfaction. « Dès qu'il eut rencontré ce modeste commis du vingtième (2), qui ne rêvait que vers et théâtre, Monnet le devina,

orchestre, le milieu entre cet instrument et le violoncelle ou la basse... L'alto nous vient des Italiens qui excellaient dans la fabrication de cet instrument. » Organograpbic. Essai sur la Facture instrumentale, parle comte Ad. de Pontecoulant. Paris, 1861, t. I, p. 257.

(1 ) « La garde de ce spectacle, dit Ducoudray dans sa Correspondance dramatique, était composée de douze hommes et d'un brigadier commandés par MM. d'Hemery, lieutenant de robe courte, et Saint-Marc, lieutenant du guet. » En 1755 la garde fut portée à trente hommes, un sergent-major et quatre caporaux.

(2) Vadé avait été nommé à dix-neuf ans, en 173^, contrôleur du vingtième — c'était un impôt — à Soissons. Plus tard, vers 1746, ses amis, pour lui permettre de s'occuper de littérature sans trop de souci du lendemain, le firent placer à Paris dans les bureaux du vingtième.

courut à lui, et se l'attacha. Tout de suite il avait apprécié l'entrain, la gaîté grasse de cet enragé viveur, l'aisance avec laquelle il tournait le couplet en l'honneur du roi et des forts de la Halle, des belles dames de la Cour, des paysannes et des marchandes de poissons, et son talent très particulier pour entremêler, dans un parler pittoresque, le jargon des campagnes et l'argot des faubourgs. Les pièces très variées, contes, fables, épigrammes et chansons, dont la verve, la gaillardise et la trivalité amusaient les hautes classes de la société, avaient ouvert au poète les salons les plus aristocratiques et fait de lui le professeur-ès-langue poissarde des grands seigneurs et des grandes dames, contenaient tous les éléments des nouvelles comédies populaires. Vadé était donc une précieuse recrue (i). » On l'a dit très justement : en France rien ne réussit comme le succès. Monnet heureux, Monnet prospère, devint un homme à la mode, qui mérita d'être chanté par l'abbé de Lattaignant :

Peau bise et poil brunet, Dents blanches comme lait, Le regard d'un furet, Le corps bien fait,

L'air guilleret, Et folet; Ni trop sec, ni trop replet,

Grand ni basset,

Beau ni laid;

(i) Maurice Albert. Les Théâtres de la Foire. Paris, 1900, p. 194. •< Tout en cultivant l'ariette, et sans avoir recours aux vieux systèmes d'équivoques, Vadé s'appliquait à faire naître un rire franc et honnête par la peinture des ridicules ou par une naïveté exempte de sous-entendus. De spirituelles et fines comédies comme le Suffisant ; un poissard, très réaliste et pourtant de bonne compagnie, comme Jérôme et Fancbonnette, prouvèrent à tous que la gaieté foraine n'était ennemie ni du sentiment, ni de la décence. » Barberet. Lesage et le Théâtre de la Foire. Nancy, 1887, p. 57.

l'acteur C'est une perte difficile à réparer.

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