‹ Mémoires de l'abbé de Choisy pour servir à l'histoire de Louis XIVChapitre 23 sur 125 · LIVRE VIII 4y · texte numérisé non relu

LIVRE VIII 4y

pas sitôt fait ses remerciemens qu'il alla chez M. de Paris, a Le roi, lui dit-il, Monseigneur, m'a fait évêque, mais il s'agit de me faire prêtre. — Quand il vous plaira, répondit M. de Paris. — Ce n'est pas là tout, lui répliqua M. de Valence, c'est que je vous supplie de me faire diacre. — Volontiers, lui dit M. de Paris. — Vous n'en serez pas quitte pour ces deux grâces, Monseigneur, interrompit M. de Valence, car, outre la prêtrise et le diaconat, je vous demande encore le sousdiaconat. — Au nom de Dieu, reprit brusquement M. de Paris, dépêchez-vous de m'assurer que vous êtes tonsuré, de peur que vous ne remontiez dans cette disette des sacremens jusqu'à la nécessité du baptême. »

Cette grâce de l'évêché de Valence répandue dans la maison de M. le prince de Conti excita bien des envieux. Vardes et Villars ne perdoient aucune occasion de lui nuire; mais, à vrai dire, l'évêque de Valence avoit plus d'esprit qu'eux tous. Un soir que M. le prince de Conti étoit au cours etn'avoit avec lui dans son carrosse que l'évêque de Valence, le comte de Lude et Vardes passèrent au galop venant de courre un cerf. M. le prince de Conti fit appeler ce dernier, auquel il dit de venir le soir chez l'abbé de La Rivière qui . lui donnoit à souper. Vardes s'en excusa sur la fatigue de La. chasse qu'il afoit faite et demanda à

M. le prince de Conti la permission de se retirer, rassurant qu'il alloit descendre chez un baigneur pour ne voir personne. Quand l*heure du souper fut arrivée, le prince de Conti passa chez Tabbé de La Rivière; et, après lui avoir dit qu'il se trouvoit mal et que M™« la princesse de Conti s'étoit fait saigner ce jour-là, il se retira, sans souper, à l'hôtel de Conti. La première chose que ce prince, suivi de Tévêque de Valence, trouva en entrant dans la chambre de la princesse deCpnii, laquelle étoit effectivement au lit, entourée de ses femmes, ce fut Vardes, paré comme un homme qui veut plaire, vêtu magnifiquement, et la tète, qu'il avoit belle, bouclée et poudrée avec plus de soin qu'il ne convient, quand dpux heures auparavant l'on étoit fatigué d'avoir couru le cerf. Le prince de Conti le regarda et ne dit mot, congédia sa cour et se retira. Quelques jours après, ce prince alla passer une semaine à Chilly pour prendre l'air dans cette belle maison du marquis d'Effiat. L'évêque de Valence étoit bien résolu de noyer M. de Vardes s'il en Irouvoit l'occasion, et M. de Vardes s'étoit souvent déclaré qu'il ne perdroit pas celle de lui marquer qu'il n'étoit point de ses amis. Mnae |a princesse de Conti étoit restée à Pa- .ris. M. le prince de Conti n'étoit pas capable d'avoir longtemps quelque chose sur le cœur sans que ceux qui avoient l'honneur de l'approcher

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