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recevoir d'intérêts ni souffrir que Ton comptât cet argent. Cette scène ne fut pas plus tôt passée que Boisfranc lui présenta un billet de quatorze mille livres. « Qu'est-ce que c'est que ce billet ? lui dit M. de Valence. — C'est un billet, reprit Boisfranc, que Monsieur veut vous donner pour quatorze mille livres qu'il vous doit du jeu, qui, en attendant que celui qui doit la même somme à Monsieur vous les paye, vous servira de sûreté. » M. de Valence prit ce billet, et, tirant de sa poche <les ciseaux, sépara le nom de Monsieur du reste 4u billet. « Les syllabes respectables, dit-il, qui composent le nom de Monsieur sont sacrées, je vous^'prie de les vouloir reprendre; mais, pour le reste du billet, il me permettra de le mettre en pièces. » £t, remettant entre les mains de Boisfranc le mot Philippe, il déchira ce billet en mille pièces. Boisfranc rendit compte à Monsieur de tout ce qui s'étoit passé, peut-être y ajouta-t-il quelque chose. Je ne sais si d'autres gens ne soufflèrent point à Monsieur que les discours et les manœuvres, de M. de Valence l'offensoient. Enfin, Monsieur se mit en tête qu'il falloit qu'il sortît de Paris, et •que, pour abréger une infinité de contes qui lui jrevenoient, il étoit de sa dignité qu'il s'absentât; de sorte que Monsieur lui fit dire, non comme un ordre, mais comme une sorte d'insinuation qui ressemble à un commandement quand il vient de
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ceux qui sont infiniment au-dessus de nous, qu'il devroit songer à aller à son diocèse. A cela M. de Valence répondit que, puisqu'il avoit eu le malheur de déplaire à Monsieur, il s'abstiendroit de se présenter devant lui, qu'il ne mettroit pas les pieds au Palais-Royal, ni dans aucun lieu où sa vue pût blesser Monsieur; mais que, n'ayant plus l'honneur d'être son domestique, il ne croyoil pas qu'il voulût lui commander d'autorité une chose dans laquelle il ne lui manquoit point de respect quand il ne la faisoit pas. Le même homme (dont j'ai oublié le nom) qui rendit compte à Monsieur de la résolution dans laquelle cet évêque étoit de ne pas obéir, fut chargé de lui dire en particulier que les fils et les frères de rois trouvoient des moyens de se faire obéir, et que Monsieur prendroit les voies les plus offensantes que son humeur et son dépit lui pourroient fournir pour le faire repentir du peu de respect qui paroissoit dans son obstination. A cela M. de Valence répondit encore très respectueusement que, n'étant ni sujet de Monsieur ni son domestique, il le supplioit de trouver bon qu'il s'exemptât d'une loi dure à laquelle ses affaires et son caractère d'évêque ne pouvoient se soumettre; et comme celui qui lui parloit de la part de Monsieur le pressa, et lui fit entendre que Monsieur prendroit des voies vio^ lentes : « Dites à Monsieur, lui dit-il, que je suis