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fait tout ce qu'il peut pour démonter tous les répondans ; ses docteurs lui font de bons argumens, et son plaisir est d'obliger le président à prendre la parole. Je veux vous faire le plaisir de ne point ouvrir la bouche ; défendez-vous comme vous pourrez. » Il le fit comme il me Tavoit dit. L'abbé Le Tellier eut beau crier et demander justice au président, je criois aussi haut que lui; et, soit que j'eusse raison ou non, les docteurs frappèrent sur les écoutes et lui imposèrent silence. Le duc d'AIbret, étant si bien avec M. de Péréfixe, apprenoit avec peine que quelquefois M. deTurenne blâmoit la conduite de l'archevêque à l'égard des filles de Port-Royal. M. de Turenne étoit encore huguenot, et les huguenots, qui nient aussi bien que les jansénistes le mérite des bonnes œuvres, favorisoient en tout les jansénistes, à cause de la conformité de leurs sentimens sur la grâce. Le duc d'AJbret supplia M. de Turenne d'avoir un peu plus d'attention pour un archevêque qui lui témoignoit tant d'amitié, et qui avoit tant de considération pour sa maison, dont il avoit souvent fait tant d'éloges dans les discours publics : ce qu'il lui promit de faire, et ce qu'il fit effectivement.
Les choses en étoient là, et paroissoient vouloir demeurer quelque temps au même état, lorsque l'abbé Le Tellier obtint du roi la coadjutorerie de Langres. Cet évêché, l'une des six pairies ecclé-
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siastiques de France, étoit possédé par l'abbé de La Rivière, qui, en qualité de favori de M. Gaston, oncle du roi, avoit fait une si grande figure pendant la Régence ; mais Tabbé Le Tellier avoit de bien plus grands desseins, il songeoit à l'archevêché de Reims. Un nommé Saint-Laurent, commis de Mainnevillette, receveur général du clergé^ alla à Reims avec un feuillant qui avoit un grand pouvoir sur le cardinal Antoine, pour tâcher d'obtenir la coadjutorerie. Ils lui persuadèrent que, si l'abbé Le Tellier étoit son coadjuteur, il mettroit bientôt son chapitre à la raison par le crédit du ministre, et l'obligèrent à demander cette grâce, que le roi lui accorda. Le duc d'Albret en fut averti, et Palla dire à M. de Turenne,qui prit feu, et résolut d'en aller sur-le-champ avertir le i;oi, et rompre par là la négociation ; mais le duc d'Albret s'y opposa, a Si l'abbé Le Tellier, lui dit-il, est coadjuteur de Reims, il faut demander pour moi la coadjutorerie de Paris, et, en cas de refus, la nomination au cardinalat. Le roi sera si honteux d'avoir fait l'abbé Le Tellier coadjuteur de Reipns qu'il n'osera vous refuser. » Le roi éHoit bien disposé en faveur du duc d'Albret; ma mère, que Sa Majesté honoroit de quelque confiance, lui avoit dit plusieurs fois que le djuc d'Albret avoit tout le mérite du monde, et qu'il étoit, du bois dont on fait les cardinaux. £lle m'a conté